Al-Ahram Hebdo,Environnement | Comme le blé et le maïs
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Environnement

Recherche. Des études sont en cours pour trouver des alternatives au blé et au maïs, céréales très utilisées en Egypte. Les résultats encourageants réduiront la dépendance extérieure.

Comme le blé et le maïs

L’Egypte a récemment témoigné d’émeutes en raison de la flambée des prix des denrées alimentaires, mais les chercheurs égyptiens tentent depuis plusieurs mois de réduire la dépendance du pays à l’importation de céréales. Recherches et expériences agricoles sont ainsi en cours pour trouver des céréales capables de réduire au maximum l’utilisation du blé et du maïs. Le premier constitue un élément essentiel à la fabrication du pain des 75 millions d’Egyptiens. Tandis que le second est un composant essentiel à la nourriture des volailles et du bétail.

L’initiative est le fruit de la coopération entre le secteur privé et des chercheurs — européens comme égyptiens — et vise à introduire la culture du quinoa en Egypte. C’est une plante herbacée dont on récolte les graines et qui pousse surtout en Amérique latine. Le quinoa est de la famille des épinards et des betteraves. Un grand nombre de variétés de quinoa existent, mais le projet égyptien n’en utilise que 13, cultivées à Ismaïliya, Ras-Sedr et Noweiba. « Tout a commencé bien avant la crise mondiale dont nous sommes témoins aujourd’hui. Il s’agissait pour nous de diminuer les importations de blé. Notre objectif est d’introduire de nouvelles cultures qui pourraient être profitables à l’Egypte pour résoudre ses problèmes alimentaires », explique Nabil Al-Mogui, PDG de la Compagnie égyptienne pour les huiles naturelles. Et d’ajouter : « Nous avons donc exploité au maximum la culture dans les déserts égyptiens et dans les nouvelles zones. Mais nous devions penser à des récoltes qui supportent les conditions climatiques dans ces lieux. Nous avons pensé au quinoa, car c’est l’une des plantes les plus nutritives au monde. La richesse de sa graine en protéines, lipides, glucides, minéraux et fibres lui confère toutes les qualités d’un aliment moderne. Outre cela, il est utilisé dans la fabrication du pain ». Egalement riche en huiles, avec un taux de 9 %, les feuilles et tiges du quinoa sont utilisées comme les épinards pour la nutrition de l’homme. La graine peut en outre remplacer le riz, puisqu’on y trouve du fer, du manganèse, du magnésium et du zinc.

La culture en Egypte a montré que le quinoa peut être cultivé de novembre en avril. « Nous avons réalisé que cette plante s’adapte au climat d’Egypte et qu’on peut la cultiver jusqu’en avril. Le plus important est qu’elle supporte les conditions du désert égyptien, à savoir un sol et de l’eau à très forte salinité. Mais cette plante transforme les sels en éléments nutritifs », indique Zaghloul Mohamad, le responsable scientifique du projet.

La première récolte en Egypte a produit entre 1,5 et 2 tonnes de quinoa (graines, feuilles et tiges). Elle permet de développer les recherches dont les résultats seront confirmés en novembre prochain après une deuxième récolte.

Epices et plantes médicinales

L’autre initiative consiste à diminuer au maximum la dépendance au maïs, également victime d’une hausse des prix sur le plan mondial. « Je me rappelle que dans les années 1980, l’Egypte exportait des volailles. Mais après la crise de la grippe aviaire, cette industrie nationale s’est effondrée. Aujourd’hui, la flambée des prix du fourrage risque d’éliminer définitivement cette industrie en Egypte », souligne un chercheur qui a requis l’anonymat. Et d’expliquer : « Pour sauvegarder ce qui reste de cette industrie, nous avons cherché à réduire au maximum l’utilisation du maïs, dont le fourrage est composé à 65 %. Notre but étant de réduire ce taux jusqu’à 50 %. Alors, nous avons utilisé des plantes médicinales ainsi que quelques épices comme le cumin et nos recherches ont donné des résultats merveilleux », assure-t-il.

En effet, après la réussite de ces recherches, le ministère de l’Agriculture et de la Bonification des terres devrait prendre des mesures fortes pour généraliser la culture du quinoa et réduire la quantité de maïs dans le fourrage. Cela exige une prise au sérieux de tous ces efforts.

Racha Hanafi

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Magued Georges
fait le point

Le ministre d’Etat égyptien pour les Affaires de l’Environnement, Magued Georges, a prononcé la semaine dernière un discours lors de la Conférence internationale pour l’évaluation des changements climatiques et le développement, qui s’est tenue à la Bibliothèque d’Alexandrie. La conférence a été inaugurée par la première dame d’Egypte, avec la participation de 250 personnes égyptiennes ou venues du monde arabe, et les ministres égyptiens de l’Environnement, du Développement local, de l’Agriculture et de l’Electricité ainsi que Monique Barbut, la directrice exécutive du Fonds Mondial pour l’Environnement (FME).

Dans son intervention, Georges a fait état des efforts déployés par l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) qui a créé un comité national pour les changements climatiques. Il n’a pas manqué de mentionner le plan national pour faire face à ce phénomène mondial visant à rationaliser l’utilisation de l’énergie. « Bien que la production de gaz à effet de serre en Egypte ne dépasse pas les 0,56 % de la production mondiale, l’Egypte fait partie des pays les plus touchés par les changements climatiques. Cela menace tous les aspects de la vie, les ressources hydrauliques et la biodiversité », a-t-il déclaré.

Le ministre a souligné également l’importance du rôle joué par l’Egypte dans la préservation de l’environnement et la coopération entre l’Egypte et plusieurs institutions environnementales mondiales dans plusieurs projets relatifs aux changements climatiques. Et cela, afin de réaliser le développement durable. De son côté, Moustapha Kamal Tolba, expert international en environnement, a affirmé que l’Egypte était un des pays les plus exposés aux problèmes du changement climatique. L’augmentation du niveau de la mer Méditerranée inondera les terres du Delta et de la Côte-Nord, ce qui provoquera le déplacement de plusieurs milliers de personnes, sans compter son impact négatif sur la production agricole.

Racha Hanafi

 

 




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