Recherche.
Des études sont en cours pour trouver des alternatives au
blé et au maïs, céréales très utilisées en Egypte. Les
résultats encourageants réduiront la dépendance extérieure.
Comme le blé et le maïs
L’Egypte
a récemment témoigné d’émeutes en raison de la flambée des
prix des denrées alimentaires, mais les chercheurs égyptiens
tentent depuis plusieurs mois de réduire la dépendance du
pays à l’importation de céréales. Recherches et expériences
agricoles sont ainsi en cours pour trouver des céréales
capables de réduire au maximum l’utilisation du blé et du
maïs. Le premier constitue un élément essentiel à la
fabrication du pain des 75 millions d’Egyptiens. Tandis que
le second est un composant essentiel à la nourriture des
volailles et du bétail.
L’initiative est le fruit de la coopération entre le secteur
privé et des chercheurs — européens comme égyptiens — et
vise à introduire la culture du quinoa en Egypte. C’est une
plante herbacée dont on récolte les graines et qui pousse
surtout en Amérique latine. Le quinoa est de la famille des
épinards et des betteraves. Un grand nombre de variétés de
quinoa existent, mais le projet égyptien n’en utilise que
13, cultivées à Ismaïliya, Ras-Sedr et Noweiba. « Tout a
commencé bien avant la crise mondiale dont nous sommes
témoins aujourd’hui. Il s’agissait pour nous de diminuer les
importations de blé. Notre objectif est d’introduire de
nouvelles cultures qui pourraient être profitables à l’Egypte
pour résoudre ses problèmes alimentaires », explique Nabil
Al-Mogui, PDG de la Compagnie égyptienne pour les huiles
naturelles. Et d’ajouter : « Nous avons donc exploité au
maximum la culture dans les déserts égyptiens et dans les
nouvelles zones. Mais nous devions penser à des récoltes qui
supportent les conditions climatiques dans ces lieux. Nous
avons pensé au quinoa, car c’est l’une des plantes les plus
nutritives au monde. La richesse de sa graine en protéines,
lipides, glucides, minéraux et fibres lui confère toutes les
qualités d’un aliment moderne. Outre cela, il est utilisé
dans la fabrication du pain ». Egalement riche en huiles,
avec un taux de 9 %, les feuilles et tiges du quinoa sont
utilisées comme les épinards pour la nutrition de l’homme.
La graine peut en outre remplacer le riz, puisqu’on y trouve
du fer, du manganèse, du magnésium et du zinc.
La culture en Egypte a montré que le quinoa peut être
cultivé de novembre en avril. « Nous avons réalisé que cette
plante s’adapte au climat d’Egypte et qu’on peut la cultiver
jusqu’en avril. Le plus important est qu’elle supporte les
conditions du désert égyptien, à savoir un sol et de l’eau à
très forte salinité. Mais cette plante transforme les sels
en éléments nutritifs », indique Zaghloul Mohamad, le
responsable scientifique du projet.
La première récolte en Egypte a produit entre 1,5 et 2
tonnes de quinoa (graines, feuilles et tiges). Elle permet
de développer les recherches dont les résultats seront
confirmés en novembre prochain après une deuxième récolte.
Epices et plantes médicinales
L’autre initiative consiste à diminuer au maximum la
dépendance au maïs, également victime d’une hausse des prix
sur le plan mondial. « Je me rappelle que dans les années
1980, l’Egypte exportait des volailles. Mais après la crise
de la grippe aviaire, cette industrie nationale s’est
effondrée. Aujourd’hui, la flambée des prix du fourrage
risque d’éliminer définitivement cette industrie en Egypte
», souligne un chercheur qui a requis l’anonymat. Et
d’expliquer : « Pour sauvegarder ce qui reste de cette
industrie, nous avons cherché à réduire au maximum
l’utilisation du maïs, dont le fourrage est composé à 65 %.
Notre but étant de réduire ce taux jusqu’à 50 %. Alors, nous
avons utilisé des plantes médicinales ainsi que quelques
épices comme le cumin et nos recherches ont donné des
résultats merveilleux », assure-t-il.
En effet, après la réussite de ces recherches, le ministère
de l’Agriculture et de la Bonification des terres devrait
prendre des mesures fortes pour généraliser la culture du
quinoa et réduire la quantité de maïs dans le fourrage. Cela
exige une prise au sérieux de tous ces efforts.
Racha
Hanafi