Al-Ahram Hebdo, Economie | Les mille et une offres d’affaires
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Economie

Iraq. La deuxième Conférence sur les affaires et l’investissement, tenue au Caire du 14 au 16 mai, a mis en valeur les potentialités de générer des profits pour les sociétés étrangères.

Les mille et une offres d’affaires

« Après 50 ans d’économie dirigée, l’Iraq dispose enfin d’une économie libre. Désormais, le secteur privé doit prévaloir », a lancé avec insistance Ahmad Rédha, président de l’Organisme national de l’investissement en Iraq, lors de la première session de la Conférence sur les affaires et l’investissement en Iraq qui a eu lieu au Caire du 14 au 16 mai. Soulignant du même coup la tendance libérale du gouvernement iraqien de l’après-Saddam. « Nous invitons les investisseurs arabes et étrangers à participer à la reconstruction de l’Iraq. Nous voulons une présence des investissements égyptiens dans notre pays. Le ministère de l’industrie est prêt à organiser des visites pour les investisseurs dans les usines du secteur public que le gouvernement est prêt à privatiser », renchérit Fawzi Al-Hariri, ministre iraqien de l’Industrie, également présent à la conférence.

L’Iraq a voulu marquer l’importance accordée à cette conférence en y envoyant son vice-président iraqien, son ministre des Finances, son ministre de l’Agriculture et celui de l’Industrie. En plus du gouverneur de la Banque Centrale, le président de l’Organisme du marché financier, le président de l’Organisme national de l’investissement, les gouverneurs des différents gouvernorats et des représentants de presque tous les ministères liés à l’économie. « Nous avons choisi ce moment-là pour promouvoir les investissements en Iraq, car il est propice après les performances économiques iraqiennes ces derniers mois », explique Al-Hariri. Il est vrai que le PIB est passé à quelque 69 milliards de dollars cette année, contre 30 milliards de dollars en 2006, en conséquence de l’augmentation des recettes pétrolières. Un fait qui s’est aussi traduit par une hausse des réserves en devises étrangères qui atteint aujourd’hui 30 milliards de dollars.

Mais avant cette amélioration des principaux indicateurs économiques, le gouvernement iraqien avait déjà mené des réformes sur le plan législatif. Ainsi, il a promulgué en 2006 une loi sur l’investissement facilitant les procédures relatives aux affaires dans le pays. Elle a également offert des exonérations fiscales de 10 ans prolongeables à 15 ans. « Donnez à l’Iraq ce dont il a besoin, en infrastructures et en emplois et gardez vos profits », a annoncé Ahmad Rédha, président de l’Organisme national de l’investissement en s’adressant aux investisseurs.

Selon les responsables iraqiens, tous les secteurs de l’économie sont ouverts à l’investissement. Outre la loi sur l’investissement, l’Iraq dispose d’une loi sur l’investissement dans les secteurs bancaire et de l’assurance, qui octroie également de grands privilèges aux investisseurs dans ces domaines. Sans oublier l’existence d’une loi spéciale pour l’extraction pétrolière. « Il est vrai que les étrangers n’ont pas le droit d’acheter des terrains. Mais ils peuvent toujours les louer pendant 50 ans renouvelables », note Rédha.

Déjà, de nombreux investisseurs ont réalisé les opportunités qui existent en Iraq. « Les pays de la région tels que la Turquie, l’Iran et le Koweït sont les plus intéressés par la reconstruction », souligne Al-Hariri, en prenant l’exemple de la société de télécommunications koweïtienne Zain dont les affaires sont florissantes depuis son arrivée en 2004 (voir enc). «  Par ailleurs, la Russie, l’Allemagne et la Chine dominent les investissements pétroliers et les projets d’électricité », note-t-il.

Les Egyptiens encore très hésitants

Malgré cela, les investisseurs égyptiens sont encore très hésitants, comme en témoigne leur faible présence à la conférence. L’homme d’affaires et député égyptien, Mohamad Aboul-Einein, a interprété cela par leur réserve envers l’instabilité politique et sécuritaire en Iraq. « Bien que les actes de terrorisme semblent peu à peu s’affaiblir, la situation est encore trop instable », estime-t-il. « En comparaison avec les deux années passées, la sécurité en Iraq s’est beaucoup améliorée. La preuve en est l’arrivée en nombre de multinationales et de grands investisseurs dans le pays », défend Bayan Jabr, ministre des Finances. Ibrahim Al-Mazallawi, homme d’affaires égyptien et propriétaire des bureaux de change Mazallawi, qui mène des affaires en Iraq, conseille aux investisseurs de profiter au plus vite de la conjoncture de ce pays. « Les premiers qui s’installeront en Iraq gagneront le plus », assure-t-il. Dans ce contexte, il rappelle avoir chargé un agent iraqien, plus au fait des réalités locales, de diriger sa société de services financiers. « Puisque les Egyptiens se méfient encore de la situation sur le terrain, ils peuvent faire appel à des agents iraqiens qui connaissent plus la situation économique de leur pays, pour gérer leurs affaires », explique-t-il. Avant de rappeler cette formule : « Plus les risques sont grands, plus les profits sont importants ».

Dahlia Réda

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3 questions à

Ali Al-Dehwi, directeur de la société de télécommunications Zain en Iraq.

« Nos employés iraqiens sont la raison principale de notre succès »

Al-Ahram Hebdo : En tant que dirigeant d’entreprise, comment évaluez-vous la situation politique et économique en Iraq ?

Ali Al-Dehwi : A mon avis, la situation en Iraq est actuellement plus stable qu’il y a deux ans. Le climat de l’investissement est devenu plus attractif grâce au gouvernement qui a créé toute une série de lois égalisant les droits des Iraqiens et des étrangers et libéralisant le marché financier et bancaire. Ce qui prouve cette libéralisation, c’est que chez Zain, nous avons pu ouvrir des comptes courants pour tous nos employés grâce à la réforme du secteur bancaire.

— Comment Zain a-t-elle pu s’introduire sur le marché iraqien ?

— L’histoire a commencé lorsqu’elle a réussi à obtenir une licence provisoire de télécommunications fin 2004. Quand Iraqna, la société de télécommunications appartenant à Naguib Sawirès, s’est déclarée prête à vendre sa part et sortir du marché en novembre 2007, Zain a vite acheté. La valeur de la transaction a été de 1,2 milliard de L.E. Depuis cette date, Zain jouit d’une licence à long terme et compte désormais 6 millions de clients. Ce chiffre pourrait doubler voire tripler avec l’unification du réseau entre les cinq pays arabes et quinze pays africains qui nous avons mis en œuvre. Ce système permet aux clients des pays membres de ce réseau de passer des appels pour le coût d’une communication locale et non internationale.

— Zain rencontre-t-elle des difficultés en Iraq ?

— Au début, on a rencontré des difficultés de création de réseau puisque l’infrastructure n’était pas bien établie. Mais Zain est maintenant bien installée. L’Iraq dispose également d’importantes ressources humaines et nos employés iraqiens sont bien formés. Ils sont la raison principale de notre succès.

 

 




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