Iraq.
La deuxième Conférence sur les affaires et l’investissement,
tenue au Caire du 14 au 16 mai, a mis en valeur les
potentialités de générer des profits pour les sociétés
étrangères.
Les mille et une offres d’affaires
«
Après 50 ans d’économie dirigée, l’Iraq dispose enfin d’une
économie libre. Désormais, le secteur privé doit prévaloir
», a lancé avec insistance Ahmad Rédha, président de
l’Organisme national de l’investissement en Iraq, lors de la
première session de la Conférence sur les affaires et
l’investissement en Iraq qui a eu lieu au Caire du 14 au 16
mai. Soulignant du même coup la tendance libérale du
gouvernement iraqien de l’après-Saddam. « Nous invitons les
investisseurs arabes et étrangers à participer à la
reconstruction de l’Iraq. Nous voulons une présence des
investissements égyptiens dans notre pays. Le ministère de
l’industrie est prêt à organiser des visites pour les
investisseurs dans les usines du secteur public que le
gouvernement est prêt à privatiser », renchérit Fawzi
Al-Hariri, ministre iraqien de l’Industrie, également
présent à la conférence.
L’Iraq a voulu marquer l’importance accordée à cette
conférence en y envoyant son vice-président iraqien, son
ministre des Finances, son ministre de l’Agriculture et
celui de l’Industrie. En plus du gouverneur de la Banque
Centrale, le président de l’Organisme du marché financier,
le président de l’Organisme national de l’investissement,
les gouverneurs des différents gouvernorats et des
représentants de presque tous les ministères liés à
l’économie. « Nous avons choisi ce moment-là pour promouvoir
les investissements en Iraq, car il est propice après les
performances économiques iraqiennes ces derniers mois »,
explique Al-Hariri. Il est vrai que le PIB est passé à
quelque 69 milliards de dollars cette année, contre 30
milliards de dollars en 2006, en conséquence de
l’augmentation des recettes pétrolières. Un fait qui s’est
aussi traduit par une hausse des réserves en devises
étrangères qui atteint aujourd’hui 30 milliards de dollars.
Mais avant cette amélioration des principaux indicateurs
économiques, le gouvernement iraqien avait déjà mené des
réformes sur le plan législatif. Ainsi, il a promulgué en
2006 une loi sur l’investissement facilitant les procédures
relatives aux affaires dans le pays. Elle a également offert
des exonérations fiscales de 10 ans prolongeables à 15 ans.
« Donnez à l’Iraq ce dont il a besoin, en infrastructures et
en emplois et gardez vos profits », a annoncé Ahmad Rédha,
président de l’Organisme national de l’investissement en
s’adressant aux investisseurs.
Selon les responsables iraqiens, tous les secteurs de
l’économie sont ouverts à l’investissement. Outre la loi sur
l’investissement, l’Iraq dispose d’une loi sur
l’investissement dans les secteurs bancaire et de
l’assurance, qui octroie également de grands privilèges aux
investisseurs dans ces domaines. Sans oublier l’existence
d’une loi spéciale pour l’extraction pétrolière. « Il est
vrai que les étrangers n’ont pas le droit d’acheter des
terrains. Mais ils peuvent toujours les louer pendant 50 ans
renouvelables », note Rédha.
Déjà, de nombreux investisseurs ont réalisé les opportunités
qui existent en Iraq. « Les pays de la région tels que la
Turquie, l’Iran et le Koweït sont les plus intéressés par la
reconstruction », souligne Al-Hariri, en prenant l’exemple
de la société de télécommunications koweïtienne Zain dont
les affaires sont florissantes depuis son arrivée en 2004
(voir enc). « Par ailleurs, la Russie, l’Allemagne et
la Chine dominent les investissements pétroliers et les
projets d’électricité », note-t-il.
Les Egyptiens encore très hésitants
Malgré cela, les investisseurs égyptiens sont encore très
hésitants, comme en témoigne leur faible présence à la
conférence. L’homme d’affaires et député égyptien, Mohamad
Aboul-Einein, a interprété cela par leur réserve envers
l’instabilité politique et sécuritaire en Iraq. « Bien que
les actes de terrorisme semblent peu à peu s’affaiblir, la
situation est encore trop instable », estime-t-il. « En
comparaison avec les deux années passées, la sécurité en
Iraq s’est beaucoup améliorée. La preuve en est l’arrivée en
nombre de multinationales et de grands investisseurs dans le
pays », défend Bayan Jabr, ministre des Finances. Ibrahim
Al-Mazallawi, homme d’affaires égyptien et propriétaire des
bureaux de change Mazallawi, qui mène des affaires en Iraq,
conseille aux investisseurs de profiter au plus vite de la
conjoncture de ce pays. « Les premiers qui s’installeront en
Iraq gagneront le plus », assure-t-il. Dans ce contexte, il
rappelle avoir chargé un agent iraqien, plus au fait des
réalités locales, de diriger sa société de services
financiers. « Puisque les Egyptiens se méfient encore de la
situation sur le terrain, ils peuvent faire appel à des
agents iraqiens qui connaissent plus la situation économique
de leur pays, pour gérer leurs affaires », explique-t-il.
Avant de rappeler cette formule : « Plus les risques sont
grands, plus les profits sont importants ».
Dahlia Réda