Festival du Film de Cannes.
La 5e édition de Cannes Classics célèbre cette année les 40
ans de Mai 68, avec au menu cinq longs métrages sélectionnés
et la Quinzaine des réalisateurs restaure ses anciennes
découvertes.
Dans la nostalgie de Mai 68
Dans
le cadre de Cannes Classics, l’une des manifestations les
plus récentes mais purement cinématographiques du Festival
film de Cannes, plusieurs films non projetés pendant le
festival 1968 le seront cette année. Tout le monde se
rappelle en effet que l’édition 68 avait été annulée dix
jours après son ouverture et sans proclamer de palmarès, à
la suite de l’intervention d’un groupe de cinéastes, dont
Jean-Luc Godard, François Truffaut et Louis Malle qui
avaient dénoncé « l’indécence qu’il y a à festoyer sur la
Côte d’Azur en ignorant égoïstement la crise sociale qui
secoue la France».
Le film Peppermint Frappé de Carlos Saura, programmé pour la
clôture de cette fameuse édition, a été choisi pour
commencer la rétrospective qui lui est dédiée. D’autres
longs métrages comme 13 Jours en France, de Claude Lelouch,
Anna Karenine d’Aleksandr Zarkhi, Un Jour parmi tant
d’autres de Peter Collinson et 24 Heures de la vie d’une
femme de Dominique Delouche, sont aussi à l’honneur.
Cannes Classics a décidé de fêter aussi le 100e anniversaire
du cinéaste portugais Manoel De Oliveira avec la projection
de Douro, Faina Fluvial, son premier court métrage réalisé
en 1931. Outre Manoel, un hommage a été réservé à un autre
centenaire, le cinéaste anglais David Lean (Lawrence
D’Arabie), ainsi qu’à Kawakita Memorial Film Institue.
Parallèlement, Cannes Classics poursuivra son hommage
général aux grandes heures du 7e art avec la projection de
neuf films sur copies neuves ou restaurées. Le lancement
sera donné par une version restaurée de Lola Montès, de Max
Ophuls, suivi de trois documentaires dont deux extraits de
la Collection Cinéma cinémas de Claude Ventura.
De même, les festivaliers pourront goûter une nouvelle fois
au Cinéma de la plage qui offre cette année carte blanche
aux studios Warner. Parmi les films auxquels ils auront
droit sur la plage Macé, figurent L’Inspecteur Harry, Le
Shérif est en prison, Matrix et Bonnie And Clyde.
Par ailleurs, la 40e Quinzaine des réalisateurs du Festival
de Cannes prévoit la projection le 18 mai, en présence de
cinéastes du monde entier, de 40x15, un film d’Olivier Jahan
qui retrace les heures de gloire de la Quinzaine. Ce
documentaire se compose d’entretiens avec une trentaine de
cinéastes : Stephen Frears, Théo Angelopoulos, Atom Egoyan,
Michael Haneke, les frères Taviani ..., dont la Quinzaine a
contribué à forger la notoriété. Découvert par la Quinzaine
qui a attribué la caméra d’or à son film Stranger in
Paradise, en 1984, l’Américain Jim Jarmusch recevra le prix
du Carrosse d’or pour l’ensemble de sa carrière.
Inaugurée avec la projection de Quatre nuits avec Anna du
Polonais Jerzy Skolimowski, cette manifestation assez âgée
est née en 1968 au terme d’états généraux du cinéma
organisés à Suresnes (près de Paris), au moment du 21e
Festival de Cannes, chahuté puis interrompu par le mouvement
social. La Société des Réalisateurs de Films (SRF) avait
lancé l’année suivante la Quinzaine comme une
contre-manifestation visant à promouvoir le cinéma dit
d’auteur ou indépendant, en montrant des films «
gratuitement, sans palmarès et sans censure ». A l’époque,
choisis par le gouvernement de leur pays d’origine, les
films projetés à la compétition officielle du Festival de
Cannes officiel étaient le reflet d’un académisme dont le
rejet motiva la création de la Quinzaine, l’une des deux
sections parallèles avec la Semaine de la critique — fondée
par les critiques de cinéma en 1962.
Autres événements qui marqueront ces festivités, la
projection de Milestones de l’Américain Robert Kramer,
sélectionné par la Quinzaine en 1975 et inédit en salles, et
d’autres films de cinéastes qu’elle a défendus au fil des
années tels Le Genou d’Artémide et Itinéraire de Jean
Bricard de feu Jean-Marie Straub. Des projections de films
découverts par la Quinzaine auront aussi lieu à Athènes,
Rome, Bucarest, New York, Los Angeles, Beyrouth, Séoul ou
Buenos Aires, dans le cadre de festivals internationaux de
cinéma, tout au long de 2008.
Yasser
Moheb