Al-Ahram Hebdo, Arts | Les multiples faces d’Eve
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Théâtre. Le chorégraphe et metteur en scène Walid Aouni puise dans le monde des Mille et une Nuits, et dans la peinture de Léonard De Vinci, reproduisant une Schéhérazade qui campe toutes les femmes conquérantes pour narrer notre époque.

Les multiples faces d’Eve

De nouveau, Walid Aouni reproduit Schéhérazade dans une modernité exquise. En 2000, dans son spectacle donné au théâtre Mahka de la Citadelle de Salaheddine, elle était ce personnage mythique des Mille et une Nuits avec ses habits, ses accessoires et ses couleurs. Aujourd’hui, Schéhérazade est plutôt une jeune femme contemporaine inspirée de la figure légendaire de la Monalisa. Elle est vivante, réelle, émergeant de notre vie quotidienne. « Rien ne nous empêche d’actualiser notre époque. Les contes de Schéhérézade recèlent une vérité et des événements valables pour tous les temps. Le bien et le mal existent encore : Les guerres, la politique, la violence, le sexe, le terrorisme, la haine, la jalousie, la supériorité, la vengeance et la justice », déclare Aouni. Un café populaire sert de décor au spectacle. Une jeune fille, secouant un tapis de son balcon, incarne Schéhérazade. Shahryar campe un macho en chemise et pantalon, et son serviteur Masrour arbore un pistolet. Le Djinn et sa lanterne et une foule de gens ordinaires sont de la partie ? Les danseurs ne sont que ces gens qui fréquentent toujours les cafés du centre-ville.

Au milieu de cet aspect quotidien, La Joconde, femme énigmatique de Léonard De Vinci occupe le centre de l’arrière-fond pour commenter l’action se déroulant sous ses yeux. Son sourire mystérieux évoque un certain consentement ou ironise sur les actes de Schéhérazade. Les portraits de vedettes de renommée telles Hind Rostom, Nadia Lotfi, Marilyn Monroe, Diana, Rita Hayworth, Brigitte Bardot, etc., essaimés des deux bords de la scène confèrent des traits riches en sens à la scène. Schéhérazade emprunte tantôt sourire et mystère à la Joconde, retrouve dans un geste de Monroe le secret de la séduction. Tantôt, elle réfléchit. Un érotisme à la Hoda Sultan, ou encore du romantisme caractéristique de la princesse Diana ou l’actrice Nadia Lotfi, etc. « De la Monalisa à Marilyn Monroe, de Hind Rostom à Diana, toutes ces femmes prennent corps dans la gestuelle de Schéhérazade  », souligne Aouni.

La composition originale de Schéhérazade signée par Rimsky Korsakov donne au spectacle un air du passé. L’introduction nous place dans l’atmosphère de la narration et sous-entend la fameuse phrase « il était une fois ». Cependant, Aouni se sert de la musique de Korsakov pour décliner avec une chorégraphie adéquate le conflit entre Shahryar et son serviteur, le bourreau Masrour, qui menace Schéhérazade avec son pistolet. Quelques rythmes répétitifs associés à des cadences agitées reproduisent la vigueur du mouvement des danseurs.

Avec Korsakov, Schéhérazade du passé est présente. Mais Aouni ajoute d’autres morceaux puisant dans la musique orientale. Ainsi, il mixe les voix de la Turque Anyur, de la Tunisienne Nabiha Karawli, les compositions de l’album Oriental Garden ou du groupe iranien Niyaz. L’ensemble fait ressortir le jeu de séduction entre Schéhérazade et Shahryar, etc. Sur un air très oriental et une voix très douce, Schéhérazade, un arc dans la main, simule une sensualité à dessein. Elle joue la proie pour se transformer ensuite en un chasseur et cible son amant : Shahryar. L’éclairage rougeâtre ajoute à cette chorégraphie plus de chaleur et d’intimité.

Walid porte cette épopée aux confins de l’Extrême-Orient, de l’Inde jusqu’en Chine, où d’autres couples inclinent la même romance, dans des couleurs et accessoires locaux. Dans un élan de liberté, les danseurs portent de grandes ailes. Schéhérazade et Shahryar se libèrent, portent les ailes et accueillent les couples chinois et indiens.

Schéhérazade réussit dans sa mission, mais cette fois-ci non pas avec ses contes, mais avec ses danses. Elle écrase Masrour, gagne sa vie et maintient l’amour de son roi.

Dans une scène finale, Schéhérazade reprend ses habits arabes d’autrefois. Shahryar s’installe sur son trône doré. Aouni fait défiler les personnages et les héros des contes de Schéhérazade … Tout un monde mythique se concrétise. Mais de nouveau, on revient au café et d’autres histoires de danses sont prêtes à être narrées.

May Sélim

Retour au sommaire

 

Schéhérazade-Monalisa, les 24, 25, 26 et 27 mai, à 21h au théâtre Sayed Darwich, Opéra d’Alexandrie, Manchiya.

Tél. : 486 51 06

Les 2 et 3 juin (dans le cadre du festival de la danse théâtre), à 21h dans la grande salle de l’Opéra du Caire , Guézira.

Tél : 2739 01 44

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.