Al-Ahram Hebdo, Afrique | Début de campagne sans Tsvangirai
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Afrique

Zimbabwe. Malgré sa participation au second tour de la présidentielle, qui l’opposera au président Robert Mugabe, le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai a reporté son retour au pays pour des questions de sécurité.  

Début de campagne sans Tsvangirai 

Après la découverte d’une tentative d’assassinat contre le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai, le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), ce dernier a retardé son retour au pays prévu samedi dernier. Absent du Zimbabwe depuis début avril, Tsvangirai doit affronter au second tour de la présidentielle, le 27 juin, le président Robert Mugabe, qu’il a battu au premier tour le 29 mars sans, selon les résultats officiels, obtenir la majorité absolue requise pour être élu. La question de la sécurité du leader de l’opposition, sévèrement battu par la police en mars 2007 et menacé d’être accusé de trahison, était mise en avant pour expliquer ce report.

Confiant de sa victoire au second tour, Tsvangirai continue la course alors que les conditions qu’il a posées à sa participation ont été rejetées par le régime, notamment un scrutin avant le 23 mai et l’acceptation d’observateurs occidentaux. Cette dernière revendication est le point d’achoppement entre les deux camps. Le régime a confirmé qu’il n’inviterait pas de nouveaux observateurs, rejetant les appels de la communauté internationale : « Les invitations que nous avons lancées au début restent valables. Il n’y (en) aura pas d’autres », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Simbarashe Mumbengegwi. Un réseau indépendant d’observateurs a déclaré que des dizaines de ses membres avaient été attaqués par de présumés partisans de M. Mugabe depuis les élections et que beaucoup étaient maintenant trop effrayés pour surveiller le second tour. Aucun observateur occidental n’avait pu assister au premier tour. Le Zimbabwe n’avait invité que 47 équipes d’observateurs d’organisations régionales et de pays comme la Chine, la Russie et l’Iran avec lesquels le président Robert Mugabe entretient de bonnes relations. Les observateurs régionaux de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et de l’Union Africaine (UA) ont été largement critiqués pour avoir donné leur aval au scrutin. Le gouvernement zimbabwéen a déjà annoncé qu’il interdirait la présence d’observateurs des pays occidentaux et de l’Onu au second tour de la présidentielle, à moins que les sanctions à son encontre, imposées après sa réélection controversée en 2002, ne soient levées.

S’ajoutant à ces revendications refusées, la question de la sécurité des membres de l’opposition notamment son chef plane sur la scène politique. A cause de cette question, l’opposition a demandé à la SADC de l’aider à garantir la sécurité de Tsvangirai. A cet égard, des « consultations à un haut niveau » concernant ce problème avec Tsvangirai allaient commencer  au cours de cette semaine. Cette question a éclaté après la découverte d’une tentative d’assassinat contre Tsvangirai. « Nous avons eu ce matin des informations émanant d’une source crédible sur une tentative d’assassinat planifiée contre le président Tsvangirai. Nous ne pouvons pas dire si des acteurs gouvernementaux sont liés ou non à cette menace », a déclaré son porte-parole George Shibotshiwe en soulignant que l’ancien syndicaliste était « déterminé à rentrer à la première occasion ». Cependant, le porte-parole de la police, Oliver Mandipaka, a affirmé que les craintes de l’opposition visaient à « créer une peur injustifiée ».

Si les élections législatives et présidentielles se sont déroulées pacifiquement, le Zimbabwe a été depuis le théâtre d’une forte montée de la violence. Des centaines de personnes ont été arrêtées et des associations font état de milliers de blessés et de déplacés. Le MDC affirme que 40 de ses partisans ont été tués par des sympathisants de Mugabe et accuse le régime d’orchestrer une campagne de violence pour l’emporter au second tour. Mugabe a fait porter au MDC la responsabilité des actes de violences. Mugabe, 84 ans, dont 28 au pouvoir, a reconnu que le résultat du premier tour avait été « désastreux ». Le plus vieux président d’Afrique a débuté dès samedi sa campagne pour le second tour avec des publicités dans la presse d’Etat. Quant à Tsvangirai, il avait rendu hommage aux victimes des violences politiques post-électorales et déclaré : « C’est pour eux que je dois rentrer au Zimbabwe, pour être avec eux, pour les sauver de ces ténèbres qui imprègnent nos vies ».

Maha Salem 

 




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