Hôtellerie.
Dans certains pays arabes, une organisation hôtelière voit
le jour pour promouvoir des établissements qui répondent aux
traditions islamiques.
Un tourisme conforme à la charia
Une nouvelle organisation pour le tourisme familial ou
islamique a vu le jour dernièrement. Plus de neuf pays ont
adhéré à cette organisation naissante, entre autres Bahreïn,
la Malaisie, le Qatar et l’Indonésie. Ce concept de tourisme
familial signifie la fréquentation d’hôtels qui ne
renferment pas de boîtes de nuit et qui ne servent pas de
boissons alcoolisées. « Cette organisation a pour but de
répandre l’idée d’un tourisme conservateur qui convient à
tous les membres de la famille surtout dans la région arabe.
Et c’est au touriste de choisir entre ces hôtels et les
hôtels traditionnels », assure Mohamad Ahmad, expert de
tourisme au Qatar. « L’Egypte a déjà reçu une invitation
pour adhérer à cette organisation lors du convoi touristique
égyptien organisé par l’organisation de la promotion
touristique (ETA) qui a visité dernièrement la capitale du
Qatar », assure un responsable à l’ETA qui a requis
l’anonymat.
« J’estime que ce genre de tourisme que j’appelle légitime
va être témoin d’un taux de croissance de plus de 10 % dans
les deux ou trois ans qui viennent. La plupart des familles
arabes aiment passer leurs séjours dans des hôtels qui
appliquent cette politique. C’est ce qui a poussé un groupe
de sociétés de direction des hôtels arabes à organiser une
réunion il y a quelques semaines à Doubaï sous le titre de
la Conférence de l’investissement hôtelier arabe », explique
Khaled Khalil, expert arabe, et cela dans le but de
promouvoir ce nouveau genre d’hôtels.
En revanche, l’expert Nagui Eriane n’apprécie pas cette
expérience qu’il estime comme une lacune dans le service des
hôtels. « Soit je présente un service complet
ou je ne travaille pas dans
l’hôtellerie. Comment peut-on imposer au touriste un mode de
vie à suivre auquel il n’est pas habitué ? Celui qui ne veut
pas consommer des boissons alcooliques ou fréquenter les
discothèques est libre, mais cela ne peut pas être
généralisé à toute la clientèle de l’hôtel ».
« Tout le monde sait pourquoi les hôtels dits islamiques
sont construits soit au Bahreïn, au Qatar ou même dans les
pays du sud-est d’Asie. C’est pour que l’homme emmène
sa famille dans l’un de ses hôtels afin qu’elle soit en
paix, alors que lui, il va dans les autres hôtels qui
présentent tout ce qui est à son goût et à sa guise »,
s’insurge Nagui Eriane.
Les plus grandes sociétés arabes de direction des hôtels
appelées Al-Molla et Rotana dirigent cette nouvelle mode,
puisqu’elles entament de tels projets aux Emirats arabes
unis, en Jordanie, en Thaïlande avec une marque « Non à
l’alcool ». Des rumeurs s’élèvent dans les milieux
touristiques prévoyant que la décision du propriétaire du
Grand Hyatt d’interdire l’alcool n’est qu’un premier pas
pour changer de direction d’hôtel et la donner à l’une des
nouvelles chaînes de direction arabe. Ainsi, sera-t-il le
premier hôtel en Egypte dans la série des hôtels islamiques
ou familiaux.
Dalia
Farouk