Al-Ahram Hebdo, Voyages | Une tempête dans un verre de vin ?
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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Voyages

Hôtellerie. La décision du propriétaire saoudien de l’hôtel Grand Hyatt, sur la corniche du Nil, d’interdire les boissons alcoolisées, a suscité des échos non seulement au sein de la société internationale de gestion, mais dans tout le milieu touristique égyptien. 

Une tempête dans un verre de vin ? 

Soudainement et sans donner la moindre alerte, Ibrahim Al-Ibrahimy, le grand homme d’affaires saoudien et propriétaire de l’hôtel Grand Hyatt, situé sur la corniche du Nil, au Caire, a décidé la semaine dernière de fermer le bar et d’interdire de servir à ses clients des boissons alcoolisées. Il a de même détruit tous les stocks de boissons alcoolisées se trouvant dans l’hôtel et dont le coût s’élève à plus de 8 millions de L.E. Une décision qui a entraîné de vives critiques à plusieurs niveaux. La direction qui a été choquée par une telle mesure a donné un délai au propriétaire saoudien afin de revenir sur sa décision, sinon elle prendra les mesures juridiques nécessaires. Bien que ce délai ait pris fin il y a quelques jours, le propriétaire n’a pas changé d’avis. « La société Grand Hyatt compte intenter un procès pour garantir ses droits, puisque c’est le propriétaire qui a rompu une des clauses du contrat signé entre eux », explique un expert hôtelier qui a requis l’anonymat.

Pour sa part, le ministère du Tourisme assure qu’il existe depuis 1982 des critères précisant le niveau des étoiles et selon lesquels il reçoit son rang hôtelier. « Un hôtel qui ne respecte pas les critères selon lesquels il a reçu sa licence sera déclassé », assure Ahmad Attiya, vice-ministre du Tourisme pour le secteur des hôtels. Grand Hyatt ne sera donc plus un hôtel 5 étoiles. Il ajoute que jusqu’à présent le ministère n’a pas pris part au problème entre le propriétaire de l’hôtel et la société internationale de direction. « Personne n’a demandé notre intervention et on ne le fera que s’il y a une plainte officielle présentée auprès du ministère, surtout que c’est la première fois en Egypte qu’un hôtel cinq étoiles prend une telle décision », poursuit-il.

« Je m’étonne de la situation du cheikh Ibrahim, puisque je sais qu’au départ il a commencé un projet et il a accepté que le Hyatt le dirige et surtout aussi qu’il ne perçoit ni le revenu du bar ni celui de la vente des boissons alcoolisées. C’est la société de direction qui s’en charge et en prend les revenus. Où est donc le problème ? », affirme Nagui Eriane, membre de la Chambre égyptienne des hôtels. Il reprend qu’un tel acte n’est pas faisable et que le fait d’être propriétaire de l’hôtel ne donne aucun droit au cheikh de prendre une telle décision. « Pourquoi une telle décision maintenant, après 5 ans de contrat ? Il n’est pas du tout libre, puisque c’est son hôtel et non pas sa demeure privée. Ce qu’il compte faire de cet hôtel, qui est malheureusement un des plus beaux de l’Egypte grâce à sa localisation au milieu de l’île Al-Roda directement sur le Nil en face du  quartier de Garden City, est contraire à l’éthique hôtelière, puisque hôtellerie est synonyme d’hospitalité et le premier principe de cette hospitalité réside dans le fait de répondre à toutes les demandes des clients tant qu’elles sont légales. S’il estime que c’est contraire à la religion, qu’il investisse dans n’importe quel autre domaine que le tourisme », reprend Eriane.

Le problème touche les clients qui ont déjà réservé leurs chambres d’avance. « Même s’il veut appliquer le système des hôtels dits familiaux ou islamiques qui commencent à se répandre dans quelques pays, il devait avant tout avertir à l’avance et le ministère du Tourisme et la société de direction Hyatt qui a des contrats avec les touristes et qui doit les respecter surtout que cette société américaine est l’une des plus grandes chaînes hôtelières dans le monde entier, elle a une réputation qu’elle doit défendre », explique Wessal Alameddine, professeur d’étude touristique à la faculté de tourisme et d’hôtellerie, de l’Université de Hélouan.

Il est à noter que ce même cheikh saoudien, qui possède deux autres grands hôtels en Egypte, à Charm Al-Cheikh et à Hurghada, était le propriétaire de Grand Hyatt Tunis dans la capitale tunisienne et a affronté le même problème suite à la même décision. Mais, il a dû laisser cet hôtel en décembre 2006 après de grands problèmes avec Hyatt ainsi qu’avec le ministère tunisien du Tourisme.

Dalia Farouk

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