Alexandrie.
Farouq Osmane Abaza,
professeur émérite de l’histoire islamique à l’Université
d’Alexandrie, a animé un séminaire à la Bibliotheca
Alexandrina sur les routes commerciales en Méditerranée,
soulignant que le port d’Alexandrie a été perpétuellement en
action. Entretien.
« C’était un des plus grands ports musulmans
et méditerranéens »
Al-Ahram Hebdo : Dans quel contexte se déroulait le
séminaire ?
Farouq Abaza :
Ce séminaire, organisé par le Centre des études d’Alexandrie
et de la Méditerranée (Alex-Med), est intervenu dans le
cadre du programme « Penser la Méditerranée ». Il s’agit
d’une rencontre scientifique ayant pour thème « Les Routes
commerciales en la Méditerranée ». A
participé à ce séminaire Maria Christina
Chatziioannou, professeure d’histoire et d’archéologie au
National Capodistrian University d’Athènes, qui a abordé les
relations commerciales entre l’Egypte et les pays du bassin
de la Méditerranée, notamment la Grèce. Moi personnellement,
j’ai traité la position importante du port d’Alexandrie et
le conflit entre l’Angleterre et la France autour des routes
commerciales en la Méditerranée. J’ai mis surtout le point
sur le commerce en Alexandrie aux XIXe et XXe siècles.
— Quelle a été la position du port d’Alexandrie à cette
époque ?
— Alexandrie a toujours été la porte de l’Egypte sur la
Méditerranée. Dans cette ville d’Alexandrie, dont la fortune
est entièrement liée à la mer, le port a pour longtemps joué
un rôle essentiel, commercial, portuaire et militaire aussi.
A l’époque médiévale, elle est devenue le plus grand port
musulman sur la Méditerranée et a reçu un nombre
considérable de marchands de différentes nationalités. C’est
qu’à Alexandrie arrivaient les plus importants produits de
l’époque, citons les épices, surtout le poivre, le coton, la
laine ... soit depuis l’océan Indien, soit depuis la Vallée
du Nil, et partaient ensuite aux grands bateaux surtout
latins. Alexandrie est donc connue pour ça. C’est le plus
grand port non seulement égyptien, mais aussi musulman et
méditerranéen.
Le port d’Alexandrie gardait toujours un arsenal et est
perpétuellement en action, surtout au moment où il y a des
dangers comme aux temps des Croisades. Ce sont les ports à
partir desquels les flottes partaient. Donc Alexandrie était
en tout cas (et reste jusqu’aujourd’hui) aussi un port
militaire pendant la période médiévale. Et puis c’est une
forteresse naturelle, c’est ainsi que la construction et les
entretiens des murailles étaient quelque chose permanente et
très importante pour l’Etat musulman.
— Avez-vous rencontré des problèmes concernant le manque
d’archives et de documents pour travailler sur cette époque
?
— Chaque dynastie gardait en fait quelques-uns de ses
documents pour les réutiliser. Il n’est donc pas difficile
de trouver des documents ou des
archives nationales concernant une époque, parce
qu’évidement chaque bout de papier quels que soient son
volume et son contenu représente pour nous un détail très
important duquel on peut tirer des informations
considérables.
Propos recueilli par
Amira Samir