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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Opinion
 

Le Liban ... un été chaud

Salama A. Salama

 

Voilà les premières étincelles de la seconde guerre civile au Liban, vingt ans après la première qui s’est prolongée de 1975 à 1990. Cette guerre survient alors que le monde arabe est encore plus divisé et plus faible que lors de la première guerre civile libanaise. En effet, de nombreuses conjonctures arabes ne jouissent d’aucune légitimité que ce soit au niveau des dirigeants ou de l’opposition. Les lignes séparant l’action pour l’intérêt public et l’action pour les intérêts privés ont complètement disparu. Tout est mis au service du parti, du groupe confessionnel ou de la doctrine. Le Liban ressemble à tous les pays arabes, comme s’il n’avait pas profité des expériences amères du passé. Ses hommes politiques n’ont pas atteint la maturité et n’exercent pas l’action politique en tant que processus pacifique visant à réaliser la concorde entre les différentes forces de la société pour réaliser l’intérêt national.

Pour cette raison, on ne peut blâmer une partie sans blâmer l’autre. On ne peut pas prétendre non plus que l’explosion de la violence au Liban est un plan syro-iranien pour enflammer la situation ou empêcher la mise à mal de l’influence iranienne. On ne peut pas prétendre non plus que c’est le Hezbollah qui a orchestré les faits qui ont mené au déclenchement des heurts entre la majorité et l’opposition. Tous les préludes indiquaient que toutes les parties étaient impliquées dans le refus du compromis. Ce qui a conduit à l’échec des efforts énormes déployés par le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

Dans ce contexte, on ne peut parler d’un renversement contre la légitimité. En réalité, c’est l’absence de légitimité dans le monde arabe qui a fait que le Liban a perdu ses caractéristiques en tant qu’Etat depuis que les différentes parties ont échoué pendant plus d’un an à choisir un président. Elles ont aussi raté le passage vers l’Etat des institutions au cours duquel les forces politiques seraient redistribuées selon des élections. Par conséquent, le Liban s’est transformé en entités partisanes confessionnelles fragiles qui changent constamment de positions et qui cherchent le soutien de l’étranger et dont la volonté dépend des forces étrangères. Le fait qui a aboli la légitimité du régime au Liban.

Etait-il possible d’empêcher l’explosion, si les parties en conflit avaient préservé le point critique dans les équations existantes et si le gouvernement et les forces de la majorité n’avaient pas soulevé la question du réseau de communication ?

Les pays arabes sont divisés en pays favorisant l’ingérence auprès de la majorité avec le soutien des Etats-Unis et de la France et en pays, comme la Syrie et le Qatar qui estiment la nécessité de revenir au dialogue pour que les Libanais résolvent eux-mêmes leurs problèmes. Cette division ne prédit pas que les choses s’arrêteront là, surtout que les forces du Hezbollah ont imposé leur pouvoir sur Beyrouth. On craint en effet que ce soit le début d’une guerre sur les divers fronts de la région. Les Etats-Unis l’espèrent et Israël œuvre de toutes ses forces pour que cette guerre se déclenche afin de frapper l’Iran. Nous sommes donc aux portes d’un été chaud et sanglant.

 

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