Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Radwan Ziyada
 


Edito

Discrimination

Victimes de discrimination, d’injustice, d’un taux élevé de chômage et de pauvreté, les Arabes d’Israël sont les laissés-pour-compte de l’Etat hébreu, qui a célébré jeudi le soixantième anniversaire de sa création, synonyme de nakba, (catastrophe), pour les Palestiniens.

La communauté arabe israélienne compte plus de 1,2 million de personnes sur une population totale de près de 7,3 millions. Elle rassemble les descendants de 160 000 Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l’Etat juif en 1948. Plusieurs rapports officiels israéliens et institutions comme la Cour suprême ont admis que les Arabes israéliens étaient victimes de discriminations économiques et sociales. C’est ainsi que ces derniers n’ont guère profité des cinq années d’embellie économique (2003-2007) marquée par une croissance de 23,5 % et qui a permis de hisser Israël parmi les vingt pays les plus riches au monde. Plus de la moitié des familles arabes (54,8 %) vivait en 2007 en dessous du seuil de pauvreté, contre 48,4 % en 2003, selon un rapport du centre israélien Adva, pour « L’Egalité et la justice sociale ». En comparaison, la moyenne pour l’ensemble de la population israélienne était de 20,5 % pour la même période, selon les chiffres officiels. En outre, alors qu’Israël possède le taux de chômage le plus bas depuis 10 ans (7,3 %), la population arabe connaît un taux de 10,9 %.

On assiste ainsi à un recul économique de la population arabe, qui vit dans des zones où les infrastructures sont moins développées, en raison de la négligence délibérée des autorités israéliennes. L’Etat hébreu s’est ainsi abstenu d’allouer un budget pour la création de zones industrielles dans les grandes villes arabes comme Nazareth dans le nord d’Israël, qui compte 70 000 habitants. Seul 5 % du budget israélien annuel pour le développement et 3 % du budget global de l’Etat sont affectés aux localités arabes, alors que la population arabe représente 20 % de la population totale.

Les jeunes diplômés arabes ont, en outre, de grandes difficultés à entrer sur le marché du travail israélien qui leur ferme ses portes. Parmi les plus touchés par cette absence de développement économique, figurent les femmes, dont seules 18 % travaillent, alors qu’un étudiant arabe sur deux à l’université est une femme.

 




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