Entretien.
L’Union européenne alloue 460 millions d’euros à
l’environnement dans le bassin méditerranéen, avec plus de
50 projets en cours. Klaus Ebermann,
chef de la délégation de la Commission européenne au Caire,
en évoque quelques-uns.
« L’UE essaye de donner le bon exemple »
Al-Ahram
Hebdo : La Commission européenne essaye de déployer de
grands efforts pour améliorer l’environnement des pays du
Sud et de l’Est méditerranéen. A quoi vous êtes-vous engagé
?
Klaus Ebermann :
L’eau et l’environnement sont des éléments-clés pour le
développement futur de la région, c’est pourquoi l’Union
Européenne (UE) est fortement engagée sur ces fronts. Il
faut de même citer qu’au-delà des contributions de la
Commission Européenne (CE), de nombreux progrès individuels
sont accomplis par les Etats membres à travers des projets
bilatéraux et par la Banque européenne d’investissement,
avec des conditions favorisant le financement de projets à
buts environnementaux.
— Et l’Union européenne, comment essaye-t-elle de faire
face au problème du changement climatique ?
— A dire vrai, l’Union européenne est perçue comme étant
pionnière dans le combat contre les changements climatiques,
par le biais de la promotion d’énergies nouvelles et
renouvelables et la réduction des émissions de gaz à effet
de serre. Bref, l’UE essaye de donner le bon exemple et de
se positionner comme un leader mondial dans le combat contre
les changements climatiques. Parmi les initiatives
actuellement financées et gérées par la Commission
européenne figure un programme régional de réduction des
émissions de gaz à effet de serre qui vise spécifiquement
l’industrie du bâtiment, par la promotion de l’usage des
énergies solaires aux stades initiaux, c’est-à-dire dès la
conception et la construction des bâtiments. Ce projet pour
l’efficience énergétique dans le secteur de la construction
(MED-ENEC) œuvre pour la réduction des besoins en énergie
conventionnelle, surtout en gaz naturel, et pour la
promotion de l’usage d’énergies solaires dans les systèmes
de climatisation et de refroidissement. En fait, le
transfert technologique des bonnes pratiques européennes
vers la région méditerranéenne est l’un des principaux
instruments de mise en œuvre de ce projet.
—
Le projet de Soutien au renforcement de l’intégration et
à l’amélioration de la sécurité du marché de l’énergie
euro-méditerranéen (MED-EMIP) est une autre initiative de la
CE qui se consacre à la promotion des énergies renouvelables
dans la région, mais au niveau de l’approvisionnement,
qu’est-ce que vous espérez accomplir à travers ce projet ?
— Ce que nous espérons accomplir à travers le MED-EMIP c’est
d’encourager le transfert de technologie euro-méditerranéen
en ce qui concerne les énergies renouvelables et de
convertir le bouquet énergétique en faveur de l’usage accru
d’énergies renouvelables et d’une meilleure efficience
énergétique.
— Le tourisme durable figure également parmi vos champs
d’activités, en quoi consistent-elles ?
— La CE œuvre pour un tourisme durable et diversifié, la
Méditerranée étant une des premières destinations
touristiques au niveau mondial, et de nombreuses initiatives
sont soutenues par la CE en Egypte. La commission a financé
le plan directeur égyptien pour le développement du tourisme
médical et thérapeutique, une partie d’un ensemble de
mesures visant la diversification de l’offre touristique du
pays. Les activités de la CE dans le Programme de
développement régional du Sud-Sinaï de 2007 à 2017
comprennent un plan de développement du tourisme durable,
dans la visée globale d’atteindre un développement social,
économique et environnemental durable dans la région. Le
tourisme est l’un des nombreux domaines au sein desquels la
CE finance des projets jumelés. L’Office national autrichien
de tourisme et l’Office de tourisme égyptien œuvrent
ensemble pour élever le secteur du tourisme, une des
principales sources de revenu du pays. Le jumelage, qui
réunit les experts professionnels d’Europe — des secteurs
public et privé — et leurs homologues locaux pour s’atteler
aux problèmes sur le terrain, est de plus en plus perçu
comme un instrument de valeur pour le renforcement des
capacités, une sorte de formation sur le tas qui donne des
résultats durables dans de nombreux domaines, allant du
tourisme à la sécurité ferroviaire.
— Où en est le programme SMAP, qui apporte une assistance
technique dans le domaine de l’environnement et du
développement durable ?
— SMAP est l’un des principaux instruments de la CE dans le
domaine de l’environnement dans la région. Au cours des dix
dernières années, SMAP a apporté son soutien à plus de 100
collaborateurs, avec un budget de 51 millions d’euros
alloués par la CE. Durant ses trois phases d’implémentation,
SMAP s’est progressivement tourné vers des buts plus
politiques et stratégiques, et l’on peut dire que ce projet
a réussi à placer le développement durable sur l’agenda des
différents pays de la Méditerranée. SMAP a également été un
contributeur-clé à quelques-unes des initiatives
environnementales les plus déterminantes dans la région, tel
que le Plan d’action méditerranéen (MAP) du PNUE ou le
Programme d’assistance technique pour la protection de
l’environnement méditerranéen (METAP), ainsi qu’ayant une
contribution très positive dans les domaines de Gestion
intégrée des eaux et déchets, des « Hot Spots » (y compris
les zones polluées et où la biodiversité est en danger), la
Gestion intégrée des zones côtières et le Combat contre la
désertification. Les accomplissements du SMAP avaient été
explicitement reconnus par la Déclaration faite par tous les
ministres euro-méditerranéens de l’Environnement au Caire en
novembre 2006.
Propos recueillis par Dalia Abdel-Salam