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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Egypte

Education. Le président Moubarak a inauguré cette semaine la première Conférence nationale pour la réforme de l’enseignement secondaire. Le système « intouchable » du baccalauréat est au cœur du débat. 

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« Nous avons besoin d’un enseignement secondaire qui réponde aux évolutions actuelles et aux exigences du marché de l’emploi », a déclaré samedi le président Moubarak lors de l’ouverture de la Conférence nationale pour la réforme de l’enseignement secondaire tenue au Palais des congrès de l’Université d’Al-Azhar. Pendant trois jours, les conférenciers ont discuté des stratégies à adopter pour parvenir à cette fin. Les ministres de l’Education et de l’Enseignement supérieur ainsi qu’un grand nombre d’intellectuels et de spécialistes en pédagogie ont pris part aux débats.

Cette conférence qui a été organisée à la demande du président Moubarak s’est notamment penchée sur le système d’évaluation au baccalauréat et d’admission aux universités. Le nouveau système proposé lors de cette conférence est le fruit de cinq ans d’études mises au point par la commission de l’enseignement dépendant du PND en coordination avec les deux ministères concernés, les commissions de l’enseignement à l’Assemblée du peuple et au Conseil consultatif, et les conseils nationaux spécialisés. L’objectif était de soumettre ce système à une large discussion de la part des spécialistes. Ce système, au cas où il serait adopté par l’Assemblée du peuple, devrait être appliqué dès la rentrée scolaire 2010/2011.

Le système d’évaluation appliqué actuellement au baccalauréat repose uniquement sur les examens écrits que les lycéens passent à la fin de l’année. Alors que le nouveau système propose une évaluation continue qui s’étendrait sur les trois années du cycle secondaire. « D’autres critères seront également pris en considération, comme les talents des lycéens dans les diverses disciplines, notamment le sport, la musique ou les diverses activités, mais aussi la participation en classe et la discipline », explique Mohamad Al-Mofti, membre de la commission de l’enseignement au PND.

En fait, la répartition des notes proposée n’accorderait aux examens écrits et oraux que 30 % de la note totale, laissant 70 % aux activités, à la participation et la « discipline ». Des notions assez vagues pour conquérir la confiance de ceux qui défendent le système classique qui immunise les élèves contre les estimations ou les avis personnels des professeurs. En outre, les lycéens auront le droit de choisir entre plusieurs matières en fonction de la nature des études qu’ils souhaitent poursuivre. Leur orientation sera assurée à titre individuel par des pédagogues professionnels, prévoit-on.

Un système très efficace selon un groupe de spécialistes qui pensent qu’il contribue à soulager les élèves de la pression des examens écrits, qui ont été jusqu’ici le seul moyen d’évaluation, et à mettre fin aux scènes dramatiques qui marquent la saison du bac telles que les cas de suicide et d’évanouissement dans les salles d’examens. Les défenseurs du nouveau système pensent également qu’il aidera à lutter contre les cours particuliers qui pompent les revenus des parents.

D’autres spécialistes se montrent plus sceptiques. C’est le cas de Mohamad Abdel-Zaher, pédagogue qui a participé à la conférence. « Comment peut-on parler de participation et d’activités dans des classes qui comptent 60 ou 70 élèves. Ce système peut s’appliquer dans des classes qui comptent une vingtaine d’élèves. Les professeurs peuvent dans ce cas être en contact direct avec les élèves, ce qui lui permet d’évaluer les points faibles et les points forts de chacun », critique Abdel-Zaher. Hanane Hafez, professeure à la faculté de pédagogie de l’Université de Aïn-Chams, qui a également participé à la conférence, rejoint son point de vue. Elle note que le système d’évaluation proposé risque, au contraire, de favoriser le phénomène des cours privés. « Les notes d’évaluation dépendront de l’enseignant. Il sera donc très facile de prendre une leçon particulière pour avoir la cote du prof et gagner ses faveurs », prévient-elle. L’introduction des examens oraux représente d’après certains une autre « faille ». « Ce genre de tests ouvre la porte au piston, surtout dans les examens oraux, c’est une atteinte à l’égalité des chances », assure Abdel-Salam Abdel-Ghaffar, pédagogue.

Outre la question épineuse du bac, le plan de réforme proposé envisage également de faire en sorte de lier l’enseignement secondaire aux besoins du marché de l’emploi. Les lycéens seront informés de ces besoins et des débouchés possibles dans le but de les aider à choisir des spécialités qui leur garantissent une chance d’emploi et non pas uniquement des facultés de prestige. D’où le besoin de réformer le secteur de l’enseignement technique, qui est toujours considéré par la majorité des jeunes comme un enseignement de troisième catégorie. Aujourd’hui, près de 900 000 lycéens sont inscrits dans des lycées appartenant à ce genre d’enseignement. Les trois grandes spécialisations sont l’industrie, le commerce et l’agriculture. « Le plan de réforme consiste à signer une coopération avec le ministère du Commerce et de l’Industrie et avec l’Union des industries afin de moderniser les programmes de façon à répondre aux exigences du marché de l’emploi et aider également ces écoles à se procurer les équipements nécessaires et à organiser des stages de formation pratique dans les usines », assure Abdel-Samie Hamza, du ministère de l’Education.

Réforme ambitieuse mais reste à savoir si elle réussira à changer les mentalités qui visiblement ne sont pas encore prêtes à digérer les changements radicaux.

Mirande Youssef

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Coopération contre la lèpre 

En présence du gouverneur de Qalioubiya, Adli Hussein, et du conseiller de l’ambassade de l’Ordre souverain de Malte en Egypte, Roger Chakkal, la Journée mondiale des lépreux a commencé, avec la participation de certains donateurs. Dans leurs allocutions, les deux responsables ont présenté les démarches entreprises il y a une année pour développer la principale léproserie d’Egypte qui se trouve à Abou-Zaabal, dépendant du gouvernorat de Qalioubiya. Ces démarches s’inscrivent dans le cadre d’une convention signée en 2007 entre le gouverneur de Qalioubiya et le président de l’ACISMOM, le marquis Fausto Solaro del Borgo, afin d’améliorer les conditions de vie et le niveau des soins médicaux dans la léproserie d’Abou-Zaabal. La convention de coopération s’étale sur dix ans et se donne pour première étape le développement de l’hôpital d’Abou-Zaabal. Ils ont annoncé que le problème du manque d’eau dont souffrait l’hôpital est l’un des problèmes graves pour les personnes atteintes de cette maladie, qui a pour cause essentielle le manque d’hygiène. En 2007, le personnel de l’ambassade a versé des donations de 200 000 L.E. pour développer la station d’eau et acheter deux pompes à eau. La station d’eau fonctionne actuellement. En outre, grâce à des donations, les membres de l’ambassade ont fourni à l’hôpital des machines à laver, des équipements médicaux, et ont rénové son système d’électricité avec un coût de 165 000 L.E. versées par l’association. Des espaces verts ont été ajoutés à l’intérieur de l’hôpital pour donner aux patients une sensation de tranquillité.

En fait, cette léproserie a été construite en 1933 et a vite été nommée le « Camp d’Abou-Zaabal », étant donné que les patients y restent confinés pendant une dizaine, voire une vingtaine d’années, ne gardant pour tout contact avec la vie extérieure que les visites de leurs parents. Ces derniers choisissent souvent de ne jamais quitter leurs proches atteints de cette maladie, préférant vivre près d’eux dans des locaux qui leur sont réservés près de l’hôpital. L’ambassade a commencé un projet de sensibilisation censé présenter au public cette maladie et les moyens de prévention, surtout que l’ignorance des gens représente un problème majeur pour les personnes qui en sont atteintes. « Les enfants des patients se retrouvent souvent isolés par la société, parce que les gens pensent qu’ils peuvent leur transmettre la maladie. Il faut que les gens sachent que la lèpre est une maladie qui n’est ni contagieuse ni héréditaire », explique M. Chakkal.

Marianne Youssef

 

 




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