Al-Ahram Hebdo, Economie | Ahmad Galal,  « Nous n’arrivons pas à diriger le processus économique afin de générer plus d’intérêt pour la région »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Economie

Forum Economique Mondial. Ahmad Galal, directeur du Forum (égyptien) de recherche économique, fait le point sur les défis qu’affronte le Moyen-Orient. 

« Nous n’arrivons pas à diriger
le processus économique afin de générer
plus d’intérêt pour la région »
 

Al-Ahram Hebdo : Pensez-vous que grâce aux revenus pétroliers en hausse et à l’excès de liquidité, la région est à l’abri d’une crise économique ?

Ahmad Galal : Le pétrole seul ne garantit pas la réussite du processus de développement. Car les ressources naturelles ralentissent parfois les efforts de développement. Les pays qui en possèdent dépendent d’elles pour se développer et s’enrichir. Et cela n’est pas adéquat. Ce qui compte, c’est l’installation de règles politiques et institutionnelles qui dirigent l’économie. Le fait, donc, de répéter que la région du Moyen-Orient est actuellement stable et sécurisée en raison du pétrole qu’elle possède est un argument incorrect. Le Moyen-Orient n’est pas détaché du monde. L’économie américaine, avec son volume énorme, est liée à la grande majorité des économies du monde, les pays de la région ne font pas exception.

— Alors comment faire pour affronter cette crise mondiale ?

— D’abord, nous ne pouvons pas placer tous les pays de la région dans un seul panier. Leurs économies ne sont pas identiques. Chaque pays de ce groupe doit agir selon ses conditions.

D’accord, mais comment ?

— Les pays pétroliers doivent varier leur production. La grande part du PIB de ces pays provient des ressources pétrolières, un véritable risque, car ces ressources s’épuiseront. De plus, ils ne possèdent pas la main-d’œuvre nécessaire au développement. Il y a un autre groupe pauvre en ressources naturelles, mais qui possède une grande richesse de main-d’œuvre comme l’Egypte, le Maroc, la Jordanie et la Syrie. Le défi est de réaliser une croissance capable de créer des emplois. Au début des réformes, ce qui comptait était le volume d’investissement mais maintenant, il faut s’intéresser à d’autres questions plus importantes, à savoir le lieu — dans le Delta ou dans la Haute-Egypte — et s’ils sont capables de générer des offres d’emplois ou non, et ainsi de suite. Pour l’Algérie et l’Iraq, il faut régler la crise politique.

Le niveau de l’éducation dans la région est encore faible. Est-ce un obstacle pour les afflux des investissements ?

— Je dois d’abord signaler que la région du Moyen-Orient a beaucoup investi dans l’enseignement au cours des trente dernières années. Le taux des dépenses gouvernementales dans l’enseignement dans la région a atteint 5 % du PIB, alors que la moyenne mondiale s’aligne à 3 %. Et selon les statistiques officielles, même dans les périodes où les revenus ont chuté, les dépenses dans l’enseignement n’ont pas chuté. Et le nombre des filles recevant une éducation a dépassé celui des garçons, même en Arabie saoudite. Or, il n’y a pas eu de résultats positifs pour cette performance. Pas de croissance, pas d’amélioration des revenus et pas de réduction du taux de pauvreté. C’est pourquoi les investissements risquent de ne plus venir dans la région.

Alors que manque-t-il à la région pour devenir une force compétitive dans le monde ?

— Les capacités du Moyen-Orient sont beaucoup plus élevées que ce qu’il a pu réaliser jusqu’à maintenant. Nous possédons les ressources naturelles et la main-d’œuvre qualifiée, mais nous n’arrivons pas à diriger le processus économique dans la région afin de générer plus d’intérêt pour la région. On doit profiter des expériences des autres pays. Et le plus important est qu’il ne faut pas s’intéresser seulement à réaliser la croissance. Il faut aussi s’intéresser plus aux résultats de cette croissance.

Propos recueillis par Névine Kamel

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