Al-Ahram Hebdo,Arts | Le mouvement dans tous ses états 
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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Arts

Expositions. Des peintures de Farouk Hosni, de Mohamad Taha Hussein, des collages de Mounir Canaan et des sculptures d’Adam Hénein inaugurent la nouvelle galerie Massar. 

Le mouvement dans tous ses états  

C’est avec ces artistes appartenant tous à la troisième génération d’art contemporain égyptien que la galerie Massar (trajectoire) a choisi de donner son coup d’envoi. Ici, abstraction et originalité sont de mise, à travers des œuvres signées Adam Hénein, Farouk Hosni, Mohamad Taha Hussein et Mounir Canaan. « La faculté des beaux-arts en Egypte a formé plusieurs générations. La première est celle des années 1910  regroupant Ahmad Sabri, Mokhtar, Ragheb Ayad et autres. La deuxième génération se situe entre 1935 et 1960, avec des noms comme Sabri Ragheb, Adham et Seif Wanly, Ingy Eflaton, Abdel-Hadi Al-Gazar … Ensuite, la troisième génération, arrivée dans les années 1960, a marqué la scène artistique de par ses aventures. Dans cette exposition, il s’agit d’artistes confirmés, âgés entre 60 et 80 ans », souligne Walid Abdel-Kahleq, propriétaire de la galerie. Ensuite, c’est à l’artiste Mohamad Taha Hussein de prendre le relais de la conversation : « Malgré les différentes expositions privées ou collectives tenues par chacun d’entre nous, nous nous rencontrons pour la première fois à travers cette exposition ».

Les tableaux de Taha Hussein, Farouk Hosni, Canaan et les sculptures d’Adam Hénein partagent un même esprit du mouvement. Ce sont des œuvres qui parlent, bougent et dialoguent avec le public. A l’origine dessinateur et peintre, Mounir Canaan (1919-1999)  est un maître incontesté de l’art du collage et de l’abstrait. Dans ses œuvres exposées qui datent des années 1970 à 1990, on remarque un sens du rythme. A l’aide d’anciens papiers journaux, des débris brûlés et de quelques lignes rouges, il exprime un monde en perte. Sur un autre tableau, la peinture à l’huile est associée au collage. Les petites taches jaunes et noires se trouvent cadrées par des pièces géométriques en carton. Les formes utilisées, les couleurs traduisent la densité du mouvement. Parfois, il superposait les formes géométriques, plusieurs cadres ou plutôt plusieurs fenêtres donnent au tableau un rythme accéléré et suggèrent un passage rapide vers un autre monde. 

Farouk Hosni propose un autre voyage dans l’abstraction à travers le langage des couleurs. Quelques lignes suffisent pour donner au tableau le sens nécessaire du mouvement. Des acryliques sur canevas constituent les récentes créations de l’artiste. Le rouge, une couleur violente, chaude et criarde, domine la toile. La présence des deux flèches parallèles en gris verdâtre insinue l’idée du voyage ou plutôt de la fuite. Le mouvement de la mer, son agitation et ses contradictions sont évoqués à travers une autre peinture où le bleu est dominant, avec deux formes simples en noir : un cercle et un rectangle.

Le mouvement existe toujours à plusieurs niveaux dans les peintures de Taha Hussein. Dans certains tableaux, il utilise la calligraphie arabe. Les lettres s’éloignent de toute connotation linguistique. Elles gagnent plutôt des formes abstraites et s’attachent les unes aux autres. Leur disposition, inversée, inclinée anime le tableau. En outre, Hussein joue avec la contradiction du noir et du blanc. S’ajoute à cela son style caractéristique reposant sur les petits éléments triangulaires. Ceux-ci rythment la peinture. « Il y a à la fois le côté aléatoire et le structuré. Mes petits triangles constituent toujours mon point de départ. Sous l’accumulation de ces triangles, la toile prend forme », explique Taha Hussein qui présente des créations du passé et d’autres plus récentes.

Les sculptures d’Adam Hénein gardent en elles un mouvement latent. Il s’agit en fait de sculptures en bronze mêlant le figuratif et l’abstrait. Hénein résume dans sa création un geste naturel, ordinaire mais qui prend un autre aspect plus esthétique à travers sa sculpture toujours sobre et consistante … Un âne ayant la tête penchée, une femme qui tient une bobine de fil, un oiseau qui se prépare à voler, un homme en train de boire, etc. Hénein simplifie ses créatures et concentre le mouvement.

En dépit des années, les œuvres de ces artistes explorent une agitation propre à l’art et à la vie.

May Sélim

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Jusqu’au 29 mai,

tous les jours de 10h à  21h30

à la galerie Massar,

157b de Behler’s Mansion,

Zamalek.

Tél. : 27 36 85 37.

www.almasargallery.com

 

 




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