Al-Ahram Hebdo, Afrique | Vers une pacification globale de la crise
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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Afrique

Centrafrique. En attendant de formaliser un accord de paix qui regroupera les trois factions rebelles dans le pays, le gouvernement centrafricain et la principale rébellion ont signé un accord de paix.

Vers une pacification globale de la crise

Le gouvernement centrafricain et la rébellion encore active en Centrafrique sous la dénomination de l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) ont signé vendredi dernier un accord de paix à Libreville, au Gabon, sous l’égide du chef de l’Etat du Gabon, Omar Bongo Ondimba, et du représentant spécial des Nations-Unies pour la Centrafrique, François Lonseny Fall : « Le gouvernement centrafricain (...) et l’APRD viennent de procéder à un accord de cessez-le-feu et de paix (...) en présence du président gabonais Omar Bongo Ondimba », a déclaré le ministre centrafricain de la Communication Cyriaque Gonda, lors d’une conférence de presse peu après la signature. « L’accord entre en vigueur immédiatement », a-t-il ajouté.

Cet accord pourrait être l’accord ultime censé marquer la fin totale des hostilités entre le gouvernement et les mouvements rebelles en Centrafrique.

L’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) de Damane Zakaria, située dans le nord-est, et le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine, autres groupes armés, ont ratifié des accords semblables avec le gouvernement de Bangui en 2007.

D’après Cyriaque Gonda, « un accord global » qui devrait rassembler ces trois mouvements est sur le point d’être négocié afin de parvenir à une signature très prochainement. Celui-ci aura pour tâche de mettre en place les modalités précises d’application des différents textes. Ainsi, le gouvernement, l’opposition non armée, la société civile et les trois ex-rébellions devraient ouvrir la voie à un « dialogue politique inclusif ».

Le texte prévoit entre autres l’« adoption d’une loi d’amnistie générale » et « l’abandon de toutes les poursuites judiciaires en cours ». Ce point est non négligeable parce qu’il concerne directement deux membres importants de la rébellion, à savoir le président de l’APRD, l’ex-ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth, inculpé pour assassinat par la justice centrafricaine et un des chefs militaires de l’APRD, Jean-Jacques Larmassoum, condamné en 2006 à la réclusion criminelle à perpétuité. L’ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par la force en mars 2003 par l’actuel président François Bozizé, est en revanche un cas qui pourrait faire exception à cette mesure d’immunité. Condamné en 2006 par contumace à 20 ans de travaux forcés pour « faux et usage de faux », il est considéré par les autorités comme le fondateur de l’APRD. Son cas a d’ailleurs été saisi par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des exactions commises en octobre 2002, ce qui rend très difficile une possible grâce sachant que « les infractions qui relèvent de la CPI sont imprescriptibles et il n’y a pas d’immunité pour ces crimes », a déclaré vendredi François Lonseny Fall, un des médiateurs de l’accord. Cyriaque Gonda a quant à lui estimé que « les députés fixeront le champ d’application de la loi d’amnistie » et ajouté : « Je ne peux pas vous dire si elle comprendra cette condamnation ».

L’accord prévoit également « le cantonnement » des combattants de l’APRD, situés dans le nord-ouest de la Centrafrique « dans l’attente de leur désarmement, démobilisation ou intégration dans l’armée ». Un plan d’urgence visant « la réhabilitation des zones affectées par le conflit devrait être engagé », a souligné Jean-Jacques Demafouth. Le calendrier et les modalités de ces mesures restent toutefois encore à définir.

L’Organisation internationale Human Rights Watch a accusé en septembre dernier l’armée centrafricaine d’avoir tué depuis 2005 des centaines de civils, incendié plus de 10 000 maisons, entraînant ainsi un exode massif dans le nord du pays où les rebelles sont très présents.

Lynda Kartout

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