Zimbabwe.
L’opposition, dirigée par Morgan Tsvangirai, a décidé de
participer au second tour des élections présidentielles,
mais sous conditions.
En attendant le second tour
Comme
prévu, le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai a annoncé
sa participation au second tour des élections
présidentielles. Une décision qui amène les Zimbabwéens à
espérer à nouveau réaliser un changement dans leur pays et
une amélioration dans leur vie quotidienne. « Le Mouvement
pour le changement démocratique (MDC, opposition) a décidé
de participer au second tour. Le peuple est prêt pour le
changement », a déclaré Tsvangirai. « Ce second tour
pourrait être le dernier round d’un très long combat pour
nous libérer de notre ancien libérateur ».
Malgré les violences qui secouent le pays depuis les
élections du 29 mars dernier, Tsvangirai affrontera le
président Robert Mugabe au second tour de la présidentielle,
après une victoire historique au premier. En effet,
Tsvangirai est toujours menacé d’être accusé de trahison
dans son pays, il cherche des garanties pour sa sécurité
auprès de la Communauté de développement de l’Afrique
australe (SADC). Son porte-parole, George Sibotshiwe, a
déclaré : « On ne peut pas prévoir ce que le régime va faire
mais nous rentrons au Zimbabwe ».
Sûr de sa victoire dans le second tour, le chef de
l’opposition a assorti sa candidature d’un certain nombre de
conditions pour assurer la régularité du scrutin : présence
d’une force régionale de maintien de la paix et
d’observateurs internationaux, accès libre des médias et
arrêt des violences. Conditions acceptées par la communauté
occidentale mais non par les organisations africaines. La
Maison Blanche a fait des déclarations qui vont dans le sens
des demandes de Tsvangirai. « Pour que le second tour soit
une réussite, il faut que les responsables de l’opposition
et leurs partisans puissent librement faire campagne sans
violences », a déclaré le porte-parole du Conseil à la
sécurité nationale, Gordon Johndroe. Ce dernier a souhaité
que des observateurs soient présents « pour garantir un
processus électoral sûr ».
Ainsi, l’opposition avait demandé au président angolais José
dos Santos, un proche de Mugabe, l’envoi de cette force
régionale dans la perspective du second tour, ce que Dos
Santos peut décider en tant que président du comité chargé
de la sécurité de la SADC. Mais l’organisation africaine n’a
pas donné son avis sur cette demande. Quant au médiateur
régional pour le Zimbabwe, le président sud-africain Thabo
Mbeki, il a affirmé que les problèmes du Zimbabwe sont «
entre les mains des Zimbabwéens ». Dans le même sens, le
gouvernement zimbabwéen avait rapidement repoussé l’idée
d’interférences extérieures.
Ces différends menacent toujours la tenue des élections et
aggravent la crise dans le pays. Déjà, ce scrutin qui,
d’après la loi électorale, doit se tenir d’ici le 23 mai,
soit dans les 21 jours suivant l’annonce des résultats, sera
probablement retardé, a indiqué dimanche dernier le
président de la Commission électorale (ZEC) George Chiweshe.
« Il est très probable que nous allongions ce délai »,
a-t-il déclaré, tout en soulignant qu’il aura lieu « aussi
tôt que possible ». « Les législateurs étaient très
ambitieux en pensant que 21 jours seraient suffisants.
Cependant, ils ont aussi été sages en prévoyant la
possibilité d’une prorogation », a-t-il ajouté, en précisant
que la ZEC mettait en place la logistique nécessaire au
scrutin, et que l’élection sera organisée dès que cela aura
été fait. La ZEC, qui n’a publié les résultats du premier
tour que cinq semaines après le scrutin, a été vivement
critiquée par le leader du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC-opposition) qui l’accuse de partialité
envers Mugabe et il a demandé une modification de la
composition de la ZEC lors du second tour. En annonçant sa
candidature, il a aussi affirmé samedi dernier que
l’élection ne serait « pas légitime » si le second tour
n’est pas organisé d’ici le 23 mai. Tsvangarai, qui avait
quitté début avril le pays en proie à une vague de
violences, est attendu dans les prochains jours à Harare.
Depuis les élections, les états d’attaques et
d’intimidations par des milices soutenues par le
gouvernement se sont multipliés. Et les autorités ont
interpellé un certain nombre d’opposants de premier rang. Le
MDC a fait état de la mort de 32 de ses partisans, de la
disparition de 30 autres et l’arrestation de 58 partisans du
MDC, accusés de violences contre des partisans de la Zanu-PF,
l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique,
du président Robert Mugabe. La non-participation au second
tour de Tsvangirai, qui a recueilli 47,9 % contre 43,2 % à
Mugabe lors du premier scrutin, aurait signifié la victoire
de Mugabe, 84 ans, qui dirige le pays depuis l’indépendance
de l’ancienne Rhodésie du Sud britannique en 1980.
Maha
Salem