La carte arabe après Damas
Morsi Attalla
Qu’en
est-il après Damas ? Comment faut-il agir face à la nouvelle réalux facteurs de
danger et d’explosion ? Ces questions préoccupent tous ceux qui s’intéressent à
l’avenir de l’action arabe commune. Elles les obligent aussi à faire des
efforts pour éliminer une somme énorme de défis dont les répercussions
s’étendent partout au sein du monde arabe.
Permettez-moi
de faire un effort d’interprétation et de dire que le point de départ pour
faire face à cette réalité est une compréhension correcte des erreurs
catastrophiques que certains parmi nous ont commis, intentionnellement ou non. Ces
erreurs ont alors donné naissance à des craintes et doutes qui ont négativement
influencé l’action arabe commune ainsi que son avenir.
Je
voudrais dire qu’une bonne compréhension de la réalité arabe actuelle nécessite
une autocorrection de la part de ceux qui ont été impliqués dans des erreurs
politiques ou sécuritaires, que ce soit en Palestine, en Iraq, au Liban ou au
Darfour. C’est ainsi qu’il sera possible de parier sur la naissance d’une
capacité arabe réelle qui dépasserait l’inertie actuelle et qui se dirigerait
vers la formulation d’une nouvelle conception arabe. Cette conception doit être
basée sur l’entente et doit avoir pour objectif d’activer le principe de la
non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui ainsi que d’éviter d’être
impliqué dans des coalitions régionales ou internationales, quelles qu’en
soient les raisons.
Le
langage du dialogue politique et médiatique lors du sommet de Damas semblait
calme et sage. Ce qui encourage à entamer un dialogue transparent et clair
entre les Etats arabes en étroite relation avec les sujets de discorde. Et ce
par l’intermédiaire d’un agenda qui se baserait sur une ouverture d’esprit et
une modernisation de la pensée. D’un côté, cela guiderait les capacités de la
nation arabe, et de l’autre, permettrait de répondre aux revendications et
ambitions légales et individuelles de chaque pays arabe.
Ici,
il faut dire que pour entamer tout dialogue sérieux, il faut commencer par
l’instauration d’un climat propice à une entente arabe. Ceci doit commencer par
l’émission de signaux clairs assurant des bonnes intentions dans les tentatives
de régler les crises, avec en tête la crise des élections libanaises et celle
de la rupture entre Gaza et Ramallah.
A mon
avis, si ce dialogue se réalise dans la maison arabe, il sera alors facile de
passer rapidement aux causes cruciales et dangereuses qui menacent toute la
région.
Il
faut surtout se hâter de mettre fin à l’impasse libanaise, ce qui profitera à
tous et surtout à la Syrie. Effectivement, celle-ci a parfaitement compris
qu’en raison de la crise libanaise, la cause palestinienne n’a pas pris le
dessus au cours du sommet de Damas. Effectivement, les discussions du sommet
ont surtout été dominées par les différends interarabes. De plus, l’important
n’est pas de faire des communiqués ou de formuler des décisions, mais plutôt de
créer un climat général qui doit être en relation étroite avec la conscience et
les sentiments de l’opinion publique arabe. Walid Al-Moallem, ministre syrien
des Affaires étrangères, a parlé au cours de son discours du bâton de Moïse. Or,
la question ne peut être abordée par l’intermédiaire d’un langage de la farce. La
balle est dans le camp de l’Etat qui préside l’institution du sommet jusqu’en
mars 2009. Cet Etat doit donc prouver qu’il tient à faire perdre le pari à tous
ceux qui ont dit que le sommet de Damas sera le dernier sommet arabe. Damas
doit donc entamer des pas sérieux et pratiques qui assureraient sa coopération
dans l’initiative arabe visant à régler la crise des élections présidentielles
au Liban. Ceci permettra d’éviter le retour à la politique des alignés et par
conséquent à la rupture entre les Arabes.