Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, L’autisme, une maladie de nos politiques
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Opinion

L’autisme, une maladie de nos politiques

Salama A. Salama 

Les efforts arabes déployés pour l’instauration d’une paix juste et globale tournent dans des cercles vicieux sans début ni fin. Comme s’il s’agissait simplement de remplir le vide des résultats. Il est ainsi devenu possible de prévoir toute mesure prise, toute réunion tenue ou tout communiqué émis par une réunion de sommet ou par une réunion d’un moindre niveau.

Nous devons nous attendre durant les quelques prochaines semaines à un rythme accéléré des réunions avant que l’Administration Bush, et Bush lui-même ne disparaissent à jamais. Cependant, nous connaissons à l’avance cette routine. Rice vient parfois dans la région pour rencontrer Olmert, Abbass et le roi Abdallah. Puis, elle annonce après cette visite éclair que les discussions se poursuivront et que le gouvernement d’Israël va prendre des mesures encourageantes pour renforcer le processus de paix. C’est ainsi qu’elle a dernièrement annoncé qu’Olmert allait éliminer un grand nombre de barrages sécuritaires qui encerclent les Palestiniens en Cisjordanie. Puis Abbass va rencontrer Olmert plein d’espoir, d’ailleurs injustifié, et revient bredouille quelques heures après. Ni Israël n’a éliminé les barrages comme il l’a promis à Rice, ni il a allégé les mesures répressives imposées aux Palestiniens. Aucun résultat n’est réalisé après toutes ces discussions qui n’ont même pas engendré le minimum de confiance et d’entente. Il a récemment déclaré qu’ils étaient encore dans l’étape des discussions et qu’ils n’étaient pas parvenus à quelque chose qui puisse être écrit ou enregistré.

Par la suite, Abbass se rend en Arabie saoudite puis en Egypte et se tiennent ces sommets habituels en présence de Abdallah II. Et voilà qu’ils se mettent tous les trois, Abbass, Abdallah II et Moubarak, à se remémorer les violations d’Israël, ses menaces et ses désengagements et à déclarer qu’ils espèrent que Bush n’oubliera pas ses promesses d’instauration de deux Etats. Mais Abbass ne perd pas espoir et va rencontrer Olmert pour la énième fois. Il ne lui sert à rien de répéter qu’il ne négociera pas avec le Hamas ou qu’il ne reviendra pas sur sa position rigoriste envers le renversement survenu à Gaza. Ces affirmations n’ont aucun effet sur Olmert.

La dernière fois, Abbass était à peine sorti de chez Olmert que ce dernier a annoncé que son gouvernement avait accepté la construction de quelques centaines de logements dans les implantations en Cisjordanie et à Jérusalem. Cependant, Abbass continue à attendre le miracle lorsqu’il se rend à Washington ou lorsque se tiendra le sommet au mois de mai en présence de Bush, à Charm Al-Cheikh. Il est fort naïf car l’homme qui est à l’origine de toutes les catastrophes du Moyen-Orient n’apportera rien de bien.

Il y a quelques jours, les Nations-Unies ont annoncé l’organisation d’une Journée mondiale pour la sensibilisation à la maladie de l’autisme qui est une maladie caractérisée par un fort détachement de la réalité extérieure. Parmi ses symptômes, l’incapacité de communiquer avec autrui et d’agir avec les événements, l’intérêt excessif accordé à des activités routinières que l’on répète de manière fixe. Ce sont les mêmes symptômes dont souffrent les hommes politiques de la région dans leurs relations avec Israël et les Etats-Unis.

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