L’autisme, une maladie de nos politiques
Salama A. Salama
Les
efforts arabes déployés pour l’instauration d’une paix juste
et globale tournent dans des cercles vicieux sans début ni
fin. Comme s’il s’agissait simplement de remplir le vide des
résultats. Il est ainsi devenu possible de prévoir toute
mesure prise, toute réunion tenue ou tout communiqué émis
par une réunion de sommet ou par une réunion d’un moindre
niveau.
Nous devons nous attendre durant les quelques prochaines
semaines à un rythme accéléré des réunions avant que
l’Administration Bush, et Bush lui-même ne disparaissent à
jamais. Cependant, nous connaissons à l’avance cette
routine. Rice vient parfois dans la région pour rencontrer
Olmert, Abbass et le roi Abdallah. Puis, elle annonce après
cette visite éclair que les discussions se poursuivront et
que le gouvernement d’Israël va prendre des mesures
encourageantes pour renforcer le processus de paix.
C’est
ainsi qu’elle a dernièrement annoncé qu’Olmert allait
éliminer un grand nombre de barrages sécuritaires qui
encerclent les Palestiniens en Cisjordanie. Puis Abbass va
rencontrer Olmert plein d’espoir, d’ailleurs injustifié, et
revient bredouille quelques heures après. Ni Israël n’a
éliminé les barrages comme il l’a promis à Rice, ni il a
allégé les mesures répressives imposées aux Palestiniens.
Aucun résultat n’est réalisé après toutes ces discussions
qui n’ont même pas engendré le minimum de confiance et
d’entente. Il a récemment déclaré qu’ils étaient encore dans
l’étape des discussions et qu’ils n’étaient pas parvenus à
quelque chose qui puisse être écrit ou enregistré.
Par la
suite, Abbass se rend en Arabie saoudite puis en Egypte et
se tiennent ces sommets habituels en présence de Abdallah
II. Et voilà qu’ils se mettent tous les trois, Abbass,
Abdallah II et Moubarak, à se remémorer les violations
d’Israël, ses menaces et ses désengagements et à déclarer
qu’ils espèrent que Bush n’oubliera pas ses promesses
d’instauration de deux Etats. Mais Abbass ne perd pas espoir
et va rencontrer Olmert pour la énième fois. Il ne lui sert
à rien de répéter qu’il ne négociera pas avec le Hamas ou
qu’il ne reviendra pas sur sa position rigoriste envers le
renversement survenu à Gaza. Ces affirmations n’ont aucun
effet sur Olmert.
La
dernière fois, Abbass était à peine sorti de chez Olmert que
ce dernier a annoncé que son gouvernement avait accepté la
construction de quelques centaines de logements dans les
implantations en Cisjordanie et à Jérusalem. Cependant,
Abbass continue à attendre le miracle lorsqu’il se rend à
Washington ou lorsque se tiendra le sommet au mois de mai en
présence de Bush, à Charm Al-Cheikh. Il est fort naïf car
l’homme qui est à l’origine de toutes les catastrophes du
Moyen-Orient n’apportera rien de bien.
Il y a
quelques jours, les Nations-Unies ont annoncé l’organisation
d’une Journée mondiale pour la sensibilisation à la maladie
de l’autisme qui est une maladie caractérisée par un fort
détachement de la réalité extérieure. Parmi ses symptômes,
l’incapacité de communiquer avec autrui et d’agir avec les
événements, l’intérêt excessif accordé à des activités
routinières que l’on répète de manière fixe. Ce sont les
mêmes symptômes dont souffrent les hommes politiques de la
région dans leurs relations avec Israël et les Etats-Unis.