Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Maliki veut en finir avec Sadr
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Iraq. Les pressions se multiplient sur les Sadristes, mettant en lumière la fragilité de toute accalmie et la difficulté de parvenir à un consensus entre chiites.

Maliki veut en finir avec Sadr

La violence ne connaît pas de répit en Iraq et les miliciens chiites, notamment sadristes, sont plus que jamais dans le collimateur du gouvernement et des forces de sécurité iraqiennes aussi bien que des militaires américains. C’est ainsi que le premier ministre Nouri Al-Maliki a lancé lundi un ultimatum à l’imam chiite Moqtada Al-Sadr et ses partisans en menaçant de les priver d’élections si la milice de l’Armée du Mahdi n’est pas dissoute. « Une décision a été prise (pour) qu’ils n’aient plus le droit de participer à la vie politique ou d’être candidats aux élections à venir s’ils ne démantèlent pas l’Armée du Mahdi », a déclaré Maliki dans une interview à CNN. Un ultimatum qui n’a pas trouvé d’écho chez les Sadristes. « Personne ne peut intervenir dans l’Armée du Mahdi, en dehors de ceux qui l’ont fondée et les dirigeants religieux », a répondu Salah Al-Oubaidi, porte-parole de l’imam Al-Sadr.

Des élections pour renouveler les puissants conseils provinciaux sont prévues d’ici octobre et les Sadristes comptent pour la première fois y participer, avec de bonnes chances de battre les formations chiites moins populaires qui soutiennent Maliki dans le sud. Bien avant cet ultimatum, le Conseil politique de sécurité nationale, qui a réuni le président Jalal Talabani, M. Maliki et les chefs des partis représentés au Parlement, a appelé les milices « à remettre leurs armes au gouvernement et à retourner à des activités civiles pacifiques ». Ces responsables, qui entretiennent pourtant de nombreuses milices, ont fait de ce « démantèlement » « la condition pour participer au processus politique et aux élections à venir », en allusion aux importantes provinciales d’octobre. Le Conseil politique de sécurité nationale a affirmé soutenir fortement le gouvernement dans la lutte contre les milices et les hors-la-loi, a ajouté le communiqué.

M. Maliki s’était dit prêt à lancer de nouveaux « assauts » contre l’Armée du Mahdi, tout en ordonnant la fin des opérations « contre ceux qui veulent déposer les armes ». Une condition quasiment irréalisable. Selon les observateurs, Sadr croit qu’il est le mieux placé pour représenter les chiites et combattre l’occupation, il tente de mobiliser une armée de volontaires pour se poser en fer de lance de l’opposition anti-américaine. Outre la question du démantèlement, les troupes gouvernementales ont poursuivi leurs opérations contre la milice sadriste. C’est dans ce contexte que les combats ont éclaté en début de semaine, tuant une vingtaine de personnes et blessant plusieurs autres. En effet, après une accalmie relative qui n’a duré qu’une semaine, des affrontements impliquant la milice de Moqtada Sadr ont éclaté à Sadr City, banlieue chiite du nord-est de Bagdad. Selon le commandement américain, des « soldats iraqiens en mouvement dans le secteur sud de Sadr City ont été pris à partie par des criminels armés de lance-roquettes RPG et d’armes légères ». Des hélicoptères Apache et des troupes américaines au sol, appuyées par des véhicules blindés et des chars, « sont intervenus pour les soutenir ». De son côté, la police a précisé qu’une opération conjointe de l’US Army et des forces gouvernementales iraqiennes avait été lancée dans les premières heures de la journée et que les combats s’étaient en partie étendus aux quartiers voisins.

Le quartier de Sadr City, où la circulation automobile est interdite, est toujours coupé du reste de Bagdad, ceinturé par les cordons de sécurité des forces iraqiennes qui participent aux combats.

Les partisans de Sadr au Parlement, par la voix du député Hassan Hachem, ont dénoncé « l’intervention horrible et injustifiée des forces américaines ». « Nous exigeons que le gouvernement intervienne pour mettre fin à la grave détérioration des conditions de sécurité à Sadr City et stopper l’incursion militaire », a dit Hachem. Les partisans de Moqtada Al-Sadr devraient lancer ce mercredi une manifestation de masse à l’appel du chef radical. « La grande manifestation prévue le 9 avril dans la ville sainte chiite de Najaf aura lieu finalement à Bagdad », a annoncé Salah Al-Obaidi, le porte-parole du mouvement Sadr à Najaf, au sud de Bagdad.

Les violences entre troupes gouvernementales et Sadristes surviennent à deux jours d’auditions très attendues au Sénat de l’ambassadeur américain à Bagdad, Ryan Crocker, et du commandant en chef des forces américaines en Iraq, le général David Petraeus, qui doivent fournir une évaluation de la situation dans le pays, et sans doute annoncer une pause dans le retrait des troupes américaines annoncé en septembre dernier.

Mais au-delà des affrontements entre les forces de l’ordre et l’Armée du Mahdi, la violence bat son plein partout en Iraq. Près de Mossoul, dans le nord de l’Iraq, une quarantaine d’étudiants ont été retenus quelques heures en otages par des hommes armés avant d’être libérés par les forces de sécurité. Alors que près de Samarra, au nord de Bagdad, sept membres d’une « patrouille de voisinage » iraqienne ont été tués samedi dans un accrochage avec des combattants d’Al-Qaëda.

Rania Adel

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