Edition.
L’Egypte sera cette année l’invitée d’honneur du Salon du
livre et de la presse de Genève, qui se tiendra du 30 avril
au 4 mai. Un moment fort pour la littérature égyptienne.
Sur le bord du lac Léman
Le salon du livre et de la presse de Genève, considéré comme
étant le plus grand rassemblement culturel en Suisse avec
ses 120 000 visiteurs chaque année, propose comme d’habitude
un programme riche et varié, avec ses hôtes d’honneur, ses
expositions spéciales, ses débats, ses prix littéraires.
Cette année, l’organisateur, M. Pierre-Marcel Favre, innove.
Plus de 550 exposants de 15 pays seront accueillis sur
quelque 40 000 m2 de halles, mais surtout l’Egypte comme
invitée d’honneur de cette grande manifestation culturelle.
De l’autre côté, l’Egypte pharaonique, qui fascine tellement
l’Occident, sera aussi représentée dans une exposition du
salon.
C’est grâce à l’initiative conjointe du président de
l’Organisme égyptien du livre, Nasser Al-Ansari et de
l’organisateur suisse, M. Pierre-Marcel Favre, ainsi que les
efforts déployés par les responsables égyptiens, que l’Egypte
est cette année l’hôte d’honneur à Genève. Mais « l’idée
d’avoir un invité d’honneur dans les salons du livre est une
ancienne pratique suivie dans les différents salons du livre
du monde », dit Al-Ansari. Pour lui, le fait d’être présent
sur le plan international est très important, surtout dans
le monde d’aujourd’hui. Un monde qui repose sur le dialogue
entre les civilisations, les échanges culturels aussi bien
que le dialogue entre les écrivains, les littéraires et les
intellectuels. « En tant que président du Comité
organisateur pour le Salon du livre de Genève, on a choisi
plusieurs thèmes pour représenter l’Egypte moderne »,
explique Al-Ansari. Des sujets comme la mondialisation, la
situation de la femme égyptienne et arabe, l’identité
culturelle égyptienne, cent ans Cinéma, cent ans beaux-arts,
entre autres. Les idées sont nombreuses et variées. Bonne
nouvelle pour les écrivains, éditeurs, et intellectuels
égyptiens. « Il est évident que l’Egypte a une très forte
présence en Occident. Mais laquelle ? L’ancienne mais pas la
moderne », explique l’écrivain Gamal Al-Ghitani. « La seule
chose qui peut contribuer positivement à avoir un autre
regard sur l’Egypte, un regard moderne, est la littérature.
Nous devons faire un effort pour faire connaître aux
Occidentaux et approfondir dans leurs esprits l’image de l’Egypte
moderne et non seulement l’Egypte ancienne », ajoute-t-il.
Manque de compréhension occidental ?
D’après M. Charles-Edouard Held, ambassadeur suisse en
Egypte, « il existe une attirance pour la littérature
égyptienne, surtout après le Nobel de Naguib Mahfouz ».
Toujours selon M. Held, c’est à travers l’Egypte que la
Suisse a connu une certaine ouverture sur le monde arabe.
Même s’il s’agit d’une initiative privée, Held salue
cependant l’invitation de l’Egypte comme invitée d’honneur.
Une initiative qui permettra de « dialoguer avec les autres
civilisations pour éviter non seulement un éventuel manque
de compréhension mais aussi toute tension entre le monde
arabe et l’Occident ».
Une tension qui est montée en Egypte quand le dernier Salon
du livre de Paris et celui de Turin ont fait d’Israël leur
invité d’honneur. Les efforts littéraires pour faire écouter
la voix égyptienne doivent se multiplier. « Même si le
mouvement littéraire et culturel est actif d’une manière
très positive en Egypte, le vrai problème réside en la
distribution locale et internationale des œuvres », explique
Khaled Al-Khamissi, écrivain égyptien réputé surtout pour
son œuvre originale Taxi, vendue à dix mille exemplaires en
une année.
Des problèmes de distribution ressentis par l’ensemble des
maisons d’édition égyptiennes, grandes ou petites. Les
salons du livre internationaux constituent des outils
privilégiés pour améliorer les contacts, favoriser la
traduction. Plus de vingt maisons d’édition égyptiennes
figurent ainsi sur la liste des invités au Salon du livre et
de presse de Genève. Parmi elles, des maisons publiques,
comme Nahdet Masr, Hayeat Kosour Al-Saqafa (L’Institution
des Palais de culture), Al-Markaz al-qawmi lil targama (le
Centre national de traduction), ou privées comme Dar
Al-Chorouq. Même si d’autres maisons d’édition, plus
modestes, n’ont pas été invitées. « Nous n’avons pas été
contactés. Mais notre maison d’édition a été à plusieurs
reprises invitée dans les salons du livre internationaux,
comme à Francfort. Cette année, nous sommes invités au Salon
du livre de Londres », explique M. Mohamad Hachem, directeur
général de Merit, insistant sur l’aspect positif du choix de
l’Egypte comme invitée d’honneur. Pour garantir une
présence efficace et positive de l’Egypte à Genève, plus de
vingt-cinq écrivains et intellectuels, comme Bahaa Taher,
Prix Booker arabe, Edward Al-Kharrat, Ibrahim Aslan,
Abdel-Moeti Hégazi, Alaa Al-Aswani, Zeinab Radwan et
Moustapha Al-Fiqi y participeront.
Un
événement à
suivre.
Shérine
Mounib