Al-Ahram Hebdo, Livres | Sur le bord du lac Léman
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Edition. L’Egypte sera cette année l’invitée d’honneur du Salon du livre et de la presse de Genève, qui se tiendra du 30 avril au 4 mai. Un moment fort pour la littérature égyptienne. 

Sur le bord du lac Léman 

Le salon du livre et de la presse de Genève, considéré comme étant le plus grand rassemblement culturel en Suisse avec ses 120 000 visiteurs chaque année, propose comme d’habitude un programme riche et varié, avec ses hôtes d’honneur, ses expositions spéciales, ses débats, ses prix littéraires. Cette année, l’organisateur, M. Pierre-Marcel Favre, innove. Plus de 550 exposants de 15 pays seront accueillis sur quelque 40 000 m2 de halles, mais surtout l’Egypte comme invitée d’honneur de cette grande manifestation culturelle. De l’autre côté, l’Egypte pharaonique, qui fascine tellement l’Occident, sera aussi représentée dans une exposition du salon.

C’est grâce à l’initiative conjointe du président de l’Organisme égyptien du livre, Nasser Al-Ansari et de l’organisateur suisse, M. Pierre-Marcel Favre, ainsi que les efforts déployés par les responsables égyptiens, que l’Egypte est cette année l’hôte d’honneur à Genève. Mais « l’idée d’avoir un invité d’honneur dans les salons du livre est une ancienne pratique suivie dans les différents salons du livre du monde », dit Al-Ansari. Pour lui, le fait d’être présent sur le plan international est très important, surtout dans le monde d’aujourd’hui. Un monde qui repose sur le dialogue entre les civilisations, les échanges culturels aussi bien que le dialogue entre les écrivains, les littéraires et les intellectuels. « En tant que président du Comité organisateur pour le Salon du livre de Genève, on a choisi plusieurs thèmes pour représenter l’Egypte moderne », explique Al-Ansari. Des sujets comme la mondialisation, la situation de la femme égyptienne et arabe, l’identité culturelle égyptienne, cent ans Cinéma, cent ans beaux-arts, entre autres. Les idées sont nombreuses et variées. Bonne nouvelle pour les écrivains, éditeurs, et intellectuels égyptiens. « Il est évident que l’Egypte a une très forte présence en Occident. Mais laquelle ? L’ancienne mais pas la moderne », explique l’écrivain Gamal Al-Ghitani. « La seule chose qui peut contribuer positivement à avoir un autre regard sur l’Egypte, un regard moderne, est la littérature. Nous devons faire un effort pour faire connaître aux Occidentaux et approfondir dans leurs esprits l’image de l’Egypte moderne et non seulement l’Egypte ancienne », ajoute-t-il.

 

Manque de compréhension occidental ?

D’après M. Charles-Edouard Held, ambassadeur suisse en Egypte, « il existe une attirance pour la littérature égyptienne, surtout après le Nobel de Naguib Mahfouz ». Toujours selon M. Held, c’est à travers l’Egypte que la Suisse a connu une certaine ouverture sur le monde arabe. Même s’il s’agit d’une initiative privée, Held salue cependant l’invitation de l’Egypte comme invitée d’honneur. Une initiative qui permettra de « dialoguer avec les autres civilisations pour éviter non seulement un éventuel manque de compréhension mais aussi toute tension entre le monde arabe et l’Occident ».

Une tension qui est montée en Egypte quand le dernier Salon du livre de Paris et celui de Turin ont fait d’Israël leur invité d’honneur. Les efforts littéraires pour faire écouter la voix égyptienne doivent se multiplier. « Même si le mouvement littéraire et culturel est actif d’une manière très positive en Egypte, le vrai problème réside en la distribution locale et internationale des œuvres », explique Khaled Al-Khamissi, écrivain égyptien réputé surtout pour son œuvre originale Taxi, vendue à dix mille exemplaires en une année.

Des problèmes de distribution ressentis par l’ensemble des maisons d’édition égyptiennes, grandes ou petites. Les salons du livre internationaux constituent des outils privilégiés pour améliorer les contacts, favoriser la traduction. Plus de vingt maisons d’édition égyptiennes figurent ainsi sur la liste des invités au Salon du livre et de presse de Genève. Parmi elles, des maisons publiques, comme Nahdet Masr, Hayeat Kosour Al-Saqafa (L’Institution des Palais de culture), Al-Markaz al-qawmi lil targama (le Centre national de traduction), ou privées comme Dar Al-Chorouq. Même si d’autres maisons d’édition, plus modestes, n’ont pas été invitées. « Nous n’avons pas été contactés. Mais notre maison d’édition a été à plusieurs reprises invitée dans les salons du livre internationaux, comme à Francfort. Cette année, nous sommes invités au Salon du livre de Londres », explique M. Mohamad Hachem, directeur général de Merit, insistant sur l’aspect positif du choix de l’Egypte comme invitée d’honneur.  Pour garantir une présence efficace et positive de l’Egypte à Genève, plus de vingt-cinq écrivains et intellectuels, comme Bahaa Taher, Prix Booker arabe, Edward Al-Kharrat, Ibrahim Aslan, Abdel-Moeti Hégazi, Alaa Al-Aswani, Zeinab Radwan et Moustapha Al-Fiqi y participeront. Un événement à suivre.

Shérine Mounib

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