Al-Ahram Hebdo, Idées | Festivités historiques
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Idées

ÉVÉNEMENT . L’inauguration du nouveau siège de l’Union des écrivains égyptiens à la Citadelle a été l’occasion d’attribuer le Prix Mahfouz au poète soudanais Mohamad Al-Faytouri et le Prix Ragaa Al-Naqqach pour la critique littéraire à Abdel-Hamid Ibrahim.  

Festivités historiques 

L’inauguration du nouveau siège de l’Union des Ecrivains Egyptiens (UEE) a pris le pas cette année sur le débat culturel et politique entre intellectuels arabes. Ce nouveau siège, situé à la Citadelle, a nécessité deux ans de restauration (voir Al-Ahram Hebdo n°708). Ce siège sera exclusivement destiné à accueillir conférences, colloques, et événements artistiques dans un cadre historique, permettant à l’UEE de jouer son rôle de présidente de l’Union des écrivains arabes. Le siège administratif de l’UEE rue Hassan Sabri à Zamalek ne sera donc pas déplacé.

Inauguré le 2 avril en présence de M. Farouk Hosny, ministre de la Culture, le nouveau siège a été choisi entre autres pour sa symbolique historique. Mohamed Salmawy, président de l’UEE, a ainsi rappelé que Saladin était « l’unificateur des Arabes qui les avait emmenés vers la victoire », et la citadelle « une base pour la libération arabe de l’occupation des croisés ». Il a également rappelé le rôle joué récemment par les Unions d’écrivains arabes dans « l’unification de l’opinion publique arabe autour de la protestation » contre le choix d’Israël comme invité d’honneur au Salon du livre à Paris en mars 2008. La présence des représentants des Unions d’écrivains arabes (Jordanie, Soudain, Maroc, Palestine, Bahreïn, Emirats, Algérie, Oman, Tunisie, Yémen, Koweït), appelés à tour de rôle à la tribune pour se voir discerner la médaille de l’UEE, ne jouait cependant qu’un rôle strictement cérémonial. Un rôle auquel s’est tenu Al-Motawakkil Taha, président de l’Union des écrivains palestiniens, en déclamant des vers à la gloire de l’Egypte.

Outre le Prix Naguib Mahfouz décerné cette fois-ci au poète soudanais Mohamad Al-Faytouri (voir page Littérature), l’UEE a également lancé, en coopération avec Dar Al-Chorouq, un nouveau prix, au nom de Ragaa Al-Naqqach, en hommage au critique qui nous a quittés cette année. D’une valeur de 10 000 L.E., ce prix est allé au critique littéraire Abdel-Hamid Ibrahim, récompensant un homme, qui « à soixante-dix ans passés a contribué à enrichir la critique arabe », d’après M. Youssef Noufal, président du jury.

Même si l’heure était plutôt au festif qu’au débat, il était possible de trouver un fil conducteur entre les trois contributions faites tout au long de la journée du 3 avril. Le romancier indien Amitav Ghosh a ainsi rappelé, dans son intervention sur la genèse de In An Antique Land, (voir Al-Ahram Hebdo n°707), « les menaces que faisait peser l’Empire sur les dialogues », rejoint en cela par tous les fondamentalistes. Dans sa conclusion, il revenait sur la xénophilie, « l’amour de l’étranger », comme « l’un des sentiments les plus beaux et les plus puissants que l’on retrouve dans les chants mystiques indiens, où la bien-aimée est souvent l’étranger », insistant sur le rôle de la littérature face à toutes les xénophobies.

Une préoccupation dont l’intervention de Abdel-Wahab Al-Mésseiri, à son habitude très virulente contre « la modernité darwinienne dominant le monde », s’est malgré tout faite l’écho, en insistant sur la nécessité de « différencier entre le discours des impérialistes et celui de ceux qui nous aiment ». Son intervention était une présentation des Vers du vieux marin (The Rime of The Ancient Mariner, Samuel Coleridge), qu’il a traduits et qui ont été publiés chez Dar Al-Chourouq dans un beau livre illustré par la peintre alexandrine Rabab Al-Nimr. Ces dessins étaient exposés, avec des toiles de la peintre Nazli Madkour inspirées de l’œuvre de Mahfouz Les Mille et une nuits, dans l’une des salles du tout nouveau siège de l’UEE. Enfin, l’écrivain mexicain Ruy-Sanchez (voir entretien) n’a pas été en reste, en décrivant « l’héritage arabe de la culture mexicaine ».

Dina Heshmat

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