Al-Ahram Hebdo, Egypte | La renaissance du dernier venu
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Egypte

Partis. Au lendemain de son élection à la tête du Front démocratique, Ossama Al-Ghazali veut resserrer les rangs pour entamer une « nouvelle phase ».

La renaissance du dernier venu

Lors d’une première conférence de presse après son élection la semaine dernière à la tête du parti de tendance libérale, le « Front démocratique », Ossama Al-Ghazali Harb a appelé samedi tous les leaders démissionnaires à tourner la page et rentrer au « bercail ».

Son grand souci dans ces trois prochains mois serait de finaliser la charte du parti, afin de pouvoir procéder dans un cadre légal. Sa première revendication, l’amendement de l’article 76 de la Constitution sur l’élection du président de la République, et sa première bataille, l’amélioration des conditions économiques des citoyens.

« La période écoulée fut une phase d’expérimentation, maintenant le bateau a atteint le port en toute sécurité », a annoncé le nouveau président.

Lors de cette première conférence de presse en tant que président du parti, Al-Ghazali, qui a été fortement critiqué pour avoir participé à une réunion organisée au Caire par les coptes de la diaspora, a tenu à prendre ses distances en soulignant que son parti, bien qu’il souffre de problèmes financiers, n’accepterait aucun financement de « sources suspectes, tels certains coptes émigrés ».

Mais avec l’élection de deux coptes, Marguerite Azer comme secrétaire général et Sameh Antoine comme vice-président, Al-Ghazali pouvait se targuer du fait que le Front démocratique est le premier parti politique égyptien à accorder de tels postes à des citoyens chrétiens.

« Ce sont les valeurs de citoyenneté que défend notre parti qui ont permis mon élection », a de son côté déclaré Mme Azer, soulignant que le fait qu’une femme copte occupe ce poste n’excluait pas la possibilité d’une concertation avec les Frères musulmans, « pourvu que la confrérie se trouve une légitimité sur l’échiquier politique égyptien ».

Les tentatives de réintégrer les démissionnaires se sont toutefois soldées par un échec, ces derniers, qui comptent des anciens diplomates, des juristes et militants politiques, ayant considéré que leur décision de quitter le parti était irrévocable à cause notamment de l’atmosphère clanique qui régnait dans le parti. En fait, les dirigeants du parti se sont polarisés autour des deux adversaires, Ossama Al-Ghazali, d’un côté, et Anouar Esmat Al-Sadate, de l’autre. Ce dernier estimait qu’Al-Ghazali dirigeait le parti avec la mentalité de « l’académicien », prétendant pouvoir combler lui-même, avec son expérience de député, le côté manquant, à savoir le travail de terrain du « politique engagé ». Finalement, c’est le clan d’Al-Ghazali qui a raflé tous les postes-clés lors des élections du 28 mars. Al-Sadate, qui disputait le secrétariat général du parti face à Marguerite Azer, a nié toute intention de contester les résultats des élections et affirmé qu’il allait continuer à travailler dans le cadre du parti qui, selon lui, « n’est la propriété privée de personne ».

Avant de participer à la création du Front démocratique, Al-Ghazali faisait lui-même partie du Comité des politiques du PND présidé par Gamal Moubarak avant de s’en retirer. « Les intellectuels n’y servent que de vitrine et n’ont même pas le droit à la parole », avait-il alors martelé. En participant à la création du Front démocratique il y a moins d’un an, Al-Ghazali et ses compagnons cherchaient en quelque sorte à se frayer un chemin qui les distinguait à la fois du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) et des Frères musulmans, estimant que le premier n’est qu’un « groupe d’intérêts » et que les deuxièmes se situent en dehors de la légalité.

« La coopération se maintient avec le Wafd, le Rassemblement et le Parti nassérien, mais on n’y compte pas beaucoup », affirmait Al-Ghazali qui considère son parti « différent » même des autres partis de l’opposition laïque.

Mais à l’instar des autres partis dont il veut se démarquer, les guerres intestines n’ont pas tardé à se manifester au sein du Front démocratique posant des doutes sur sa vocation « unique ».

Chérif Albert

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