Al-Ahram Hebdo, Economie | L’alimentaire est libéré
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Economie

Importations. Le gouvernement a annulé les tarifs douaniers sur les denrées et produits alimentaires. Une mesure estimée insuffisante pour contrer la hausse des prix.

L’alimentaire est libéré

Un pas dans le bon sens. Le président de la République a annulé jeudi dernier les tarifs douaniers sur les denrées et produits alimentaires importés. Le message à l’opinion publique bouillonnante est ainsi clair : le gouvernement ne reste pas les bras croisés face à la cherté sans précédent de la vie. Un communiqué de presse du ministère du Commerce et de l’Industrie a après annoncé les effets de cette décision en disant que le prix d’une vingtaine de produits alimentaires de base avait baissé, alors que le taux d’inflation sur l’alimentation atteignait un record de 36 % en mars dernier.

Car l’Egypte, comme d’autres pays émergents, est victime d’une hausse des prix mondiaux des denrées agricoles. Or, elle importe 60 % de sa consommation de blé, 90 % de l’huile végétale consommée ainsi que d’autres produits, comme la viande et le lait, et impose des tarifs douaniers compris entre 5 et 7 % sur l’ensemble de ces matières. Les pauvres sont les plus nombreux à assumer une telle hausse puisque dans leur budget, l’alimentation constitue la principale dépense.

De nombreux experts estiment cependant que cette mesure n’est pas suffisante, surtout dans un pays où le commerce des denrées agricoles est dominé par des monopoles. Ainsi, est-il fort probable que les commerçants soient les grands bénéficiaires de cette annulation des tarifs douaniers. De même, annuler 5 ou 7 % des tarifs ne peut pas constituer une différence palpable, estiment les experts. Surtout quand l’indice des prix mondiaux des denrées alimentaires, élaboré par la FAO (Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture), révèle une hausse de 47 % du prix des céréales, de 63 % pour les huiles végétales, et plus de 80 % pour la viande et produits laitiers, sur un an de février 2007 à 2008.

Annuler les tarifs douaniers est pour l’Egypte un moyen de faire face aux pressions sur le budget de l’Etat et de maintenir les subventions indispensables à une grande partie de sa population. Deux Egyptiens sur cinq vivent en dessous du seuil de pauvreté et quelque 7 millions d’entre eux sont considérés « vulnérables » par la Banque mondiale. Ces derniers jours, comme le note le premier ministre Ahmad Nazif, ceux qui pouvaient acheter du pain au prix du marché en sont aujourd’hui devenus incapables. Ils ont désormais recours au pain subventionné, ce qui explique les très longues files d’attente devant les boulangeries. Un phénomène qui a récemment fait réagir Rachid Mohamad Rachid, le ministre du Commerce, dans le quotidien britannique The Financial Times : « L’inflation met en danger le programme de libéralisation économique, entamé en 2004. La population dit qu’elle ne trouve plus de quoi manger et cela menace notre réforme. Nous ne pouvons faire les frais de cette situation », a-t-il déclaré.

Salma Hussein

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