Al-Ahram Hebdo, Economie | Légère redistribution des influences
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Economie

FMI. La réforme de la répartition du droit de vote apporte un peu plus de poids aux économies émergentes mais laisse les pays du Sud marginalisés.

Légère redistribution des influences

Le FMI vient de modifier le système de répartition des votes au sein de son conseil d’administration mais l’avantage reste largement en faveur des grandes puissances économiques. Lors du vote pour la réforme, l’Egypte et l’Argentine se sont abstenues, alors que 3 autres pays s’y sont opposés (la Russie, l’Arabie saoudite et l’Iran).

Avec cette réforme, à laquelle l’Union européenne, seconde puissance au sein du FMI, a apporté un fort soutien, il s’agit d’augmenter la part des versements au Fonds de plus de 54 pays membres, dont la majorité sont des pays émergents. 1,6 % des droits de vote des pays industrialisés seront de ce fait transférés au pays du Sud. Ainsi, les pays du Nord détiendront-ils 57,9 % des voix (contre 59,5 % aujourd’hui) et ceux du Sud 42,1 % (contre 40,5 %). Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a qualifié cette réforme d’« un pas important dans le processus de la modernisation de l’institution ». Elle devait être approuvée individuellement par 85 % des 185 Etats membres.

« Les grands pays émergents qui possèdent d’importants excédents budgétaires seront les bénéficiaires d’une telle réforme. Le Fonds voulait augmenter le quota des pays du Golfe (à l’exception de l’Arabie saoudite qui possède  déjà environ 3 % des voix) ainsi que celui des pays asiatiques à l’exemple de la Chine et de l’Inde. Et ce, pour augmenter ensuite leur part dans le financement du Fonds », souligne Gouda Abdel-Khaleq, professeur d’économie à l’Université du Caire. Et d’ajouter que la nouvelle répartition du système de vote au sein du FMI n’aura aucune incidence sur les pays pauvres qui souffrent déjà d’une marginalisation au sein de l’institution. Pour Abdel-Khaleq, « cette institution réagit comme une société anonyme qui ne sert que les intérêts de ses grands actionnaires. Cette modification ne changera pas cette situation », affirme-t-il.

En fait depuis plusieurs années, le FMI fait face à une crise de crédibilité. « La mauvaise représentation des pays pauvres est l’un des principaux mécontentements depuis 30 ans », explique Abdel-Khaleq. 4 critères déterminent le système de vote d’un pays au sein du Fonds, à savoir : ses réserves officielles, son PIB, le degré d’ouverture de son économie et sa variabilité. Bien que ce système soit révisé tous les 5 ans par le conseil d’administration, la répartition des voix a toujours penché vers les grandes puissances en maintenant un poids pour les Etats-Unis, qui leur garantit un droit de veto. Ce qui pousse Elizabeth Stuart, représentante de l’organisation non gouvernementale de développement Oxfam International, à appeler à rejeter cette réforme. « Nous n’appelons pas à la révolution, mais nous demandons simplement que les membres du G7 tiennent leur promesse d’une vraie réforme de la gouvernance du FMI, et n’engagent pas de réforme qui favorise peut-être quelques pays en développement mais qui en défavorise le plus grand nombre », dénonce-t-elle.

Gilane Magdi

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Pourquoi l’Egypte n’a pas voté

L’Egypte, un des poids lourds de la région arabe, s’est abstenue de se prononcer sur la réforme du système de vote au sein du conseil d’administration du FMI. Gouda Abdel-Khaleq, un économiste égyptien, a justifié cette position par « la volonté du pays de maintenir ses relations avec le gouvernement américain qui détient 16,9 % des voix au sein du FMI et en même temps, l’Egypte conteste cette légère réforme », estime-t-il. Une justification appuyée par un ancien expert du FMI qui, sous couvert d’anonymat, critique la répartition actuelle des pays arabes au sein de l’institution. « Les 22 pays arabes sont répartis sur 5 circonscriptions, ce qui les empêche de faire passer les résolutions. Donc, ils sont appelés à s’unir au sein d’un même bloc pour qu’ils puissent avoir un poids vis-à-vis des grandes puissances », explique-t-il.

 

 




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