Exposition.
La galerie Cordoba rend hommage au doyen des graveurs
égyptiens, Hussein Al-Guébali,
révélant ses talents de dessinateur et peintre.
La galerie des souvenirs
On
reconnaît tout de suite le style du maître-graveur Hussein
Al-Guébali, en apercevant les œuvres exposées à la galerie
Cordoba. Des toiles où l’on retrouve les formes pyramidales,
l’œil pharaonique d’Horus, les calligraphies abstraites,
etc. Sans doute, Al-Guébali a subi toutes ses influences
pharaonique et arabe. Mais pour la plupart, il ne s’agit pas
dans cette exposition de gravures. Plutôt de dessins
réalisés entre 2001 et 2002. « Ces œuvres marquent une
période très riche dans le parcours de l’artiste, juste
avant sa maladie. Il voulait exprimer ses émotions à l’aide
d’une technique plus simple et plus rapide que la gravure.
On pourrait dire qu’Al-Guébali cherchait plus de liberté et
de spontanéité », souligne le responsable de la galerie,
Mohamad Al-Guébali.
Ses pastels sont de couleurs vives : rouge, vert, jaune,
avec des tons nuancés. Des lignes fines, arrondies et
pleines de mouvements marquent ses dessins. Parfois, la
calligraphie abstraite, reprenant la forme de lettres arabes
sans s’attacher à la langue ni à un texte déterminé,
attribue aux toiles densité et vivacité.
Est exposée aussi une œuvre inédite de l’artiste : son tapis
de 36 nœuds où l’on retrouve le même style caractérisant ses
dessins. « Hussein Al-Guébali a confectionné au cours de sa
carrière durant sept tapis dans les années 1970 et 1980. Or,
il ne les a jamais exposés. C’est une belle occasion de
montrer ce tapis, fait à la main, avec ses couleurs riches
et ses lignes dégagées », explique le galeriste.
En outre, l’exposition montre une dizaine d’esquisses,
petits formats, signés par ce maître-graveur en 2006, 2007
et 2008. Malgré sa maladie, Hussein Al-Guébali continue à
communiquer avec autrui à travers
ses œuvres d’art. D’une main tremblante, il tient son stylo
noir et dessine une série d’esquisses. Certaines ne sont pas
sans rappeler ses gravures et ses dessins. D’autres révèlent
du nouveau : le figuratif. Il s’agit en effet de
représentations du visage et du corps humain. Contrairement
à son style abstrait, dans les esquisses récentes, l’homme
est dominant. Parfois même il est question d’autoportraits,
avec l’artiste entouré de personnes étrangères aux traits et
vestimentaires occidentaux. Un voyage dans les souvenirs
passés ? Hussein Al-Guébali se rappelle son séjour en Italie
ou ailleurs en Europe durant sa jeunesse. Parfois, on le
voit muni d’une pipe, avec une fumée dense. Sur d’autres
esquisses, il évoque des périodes plus mûres de sa vie.
Plusieurs personnages sont présents sur d’autres petits
dessins. Une foule entourant une personne ou un objet.
Malgré l’espoir que nous donnent la plupart de ces
esquisses, l’une d’entre elles paraît plus pessimiste et
choquante. Elle représente des funérailles. Un air triste
s’en dégage. Car quelque part, on saisit la pensée de
l’artiste. Ces dernières œuvres notamment sont le reflet de
ses pensées et chagrins.
Cela
se ressent.
May
Sélim