Al-Ahram Hebdo, Arts | Le chevalier mène la danse
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Arts

Ballet. La chorégraphe cubaine Alicia Alonso présente, au Caire et à Alexandrie, sa version de Don Quichotte, attribuant une âme hispanique à la chorégraphie originale du Français Marius Petipa.

Le chevalier mène la danse

Un répertoire hispanisant vif et enjoué. C’est ce qu’on pourra dire du ballet Don Quichotte qui sera présenté sur les planches de l’Opéra du Caire et d’Alexandrie, par le Ballet National de Cuba. La chorégraphe Alicia Alonso a choisi de donner le ballet complet, après avoir longuement étudié le roman du même titre signé Miguel Cervantès et la version originale classique du chorégraphe français Marius Petipa (1869-1871). Celui-ci mêle l’intrigue amoureuse de la jeune Quitéria et du barbier Basile à l’Odyssée du « chevalier à la triste figure ».

 En 2006, se produisant toujours à l’opéra du Caire, Alonso a par contre opté pour un spectacle renfermant six extraits de ballets classiques. C’était The Magic of Dance (la magie de la danse), lequel a eu beaucoup de succès notamment le « pas de deux », du troisième acte de Don Quichotte, devenu le chevalier de bataille pour les étoiles classiques.

La version qui sera présentée cette fois-ci par Alicia Alonso se compose d’un prologue et de trois actes, ayant le mérite d’accorder une plus grande place aux personnages de Don Quichotte et de Sancho Pança. Or, ces derniers, dans beaucoup d’autres versions, ne font que traverser les diverses péripéties amoureuses contrariées du barbier Basile et de Quitéria, la fille de l’aubergiste. Ici, le chevalier et son valet, faisant le lien entre les différentes scènes, sont véritablement les protagonistes du ballet. Resserrant l’action et lui apportant un dynamisme théâtral, le chevalier et son valet font de Don Quichotte, l’un des ballets les plus enjoués du répertoire classique.

Irréprochables sur le plan technique, les danseurs allient énergie, jeunesse, spontanéité et appétit du jeu. La chorégraphie très classique est marquée par une excellente cohésion du corps et l’engagement total des solistes dans leur rôle faisant bonne figure. Des solistes exceptionnels, tels les premiers danseurs Viengsay Valdes (Kitri) Romel Frometa (Basilio) Miguelangel Blanco (Espada), Sadaise Arencibia (Mercedes), Yanela Pinera (la reine des Dryades) et Aymara Vasallo (Cupidon). Ces derniers, mêlés aux autres membres du ballet cubain, donnent à voir les plus beaux styles traditionnels de la danse classique, incrustée d’une touche particulière du folklore cubain. Cette touche cubaine est un élément d’harmonie entre les gestes des danseurs et le déploiement gracieux de leurs corps.

En quelque sorte, Alicia Alonso (née à la Havane en 1921) opère un miracle. Car Cervantès au XVIIIe siècle a fait mourir Don Quichotte, son chevalier rêveur et idéaliste, pour qu’il ne soit jamais ressuscité par un autre. Cependant, la chorégraphe cubaine est parvenue à faire revivre le chevalier de Cervantès, à une époque plus moderne. Elle a réussi à manipuler le roman classique, qui s’impose, par ses techniques narratives et ses mouvements internes, pour en faire un ballet original qui touche, émeut et bouleverse à la fois. C’est en effet le pari d’Alonso, qui a toujours voulu faire de la danse un vecteur de développement et d’évolution sociale, apportant aux grands ballets du répertoire classique une énergie et une vision originale, extrêmement rythmée aux accents cubains. Du fait, ses danseurs s’exportent dans le monde entier, depuis qu’elle a fondé d’abord une compagnie qui porta son nom en 1948, laquelle fut rebaptisée le Ballet National du Cuba en 1959.

Névine Lameï

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Les 9, 10 et 11 avril, à 20h, dans la grande salle de l’Opéra du Caire.

Terrain de l’Opéra, Guézira.

Tél. : 27 39 01 44.

Et le 12 avril, à 20h, au théâtre Sayed Darwich, à Alexandrie. Al-Manchiya.

Tél. : 486 51 06

 

 




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