Al-Ahram Hebdo, Afrique | Plan de sortie de crise
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 Semaine du 9 au 15 avril 2008, numéro 709

 

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Afrique

Kenya. Pour mettre un terme à la crise politique déclenchée par la réélection controversée de Kibaki le 27 décembre, pouvoir et opposition sont en voie d’annoncer la formation d’un nouveau gouvernement, malgré quelques différends.

Plan de sortie de crise 

Afin de sortir le pays de l’impasse, le président Mwai Kibaki et le futur premier ministre Raila Odinga, chef de l’opposition, ont annoncé qu’un accord sur la formation d’un gouvernement d’union nationale est sur le point d’être signé. En faisant état de progrès substantiels, « nous engageons tous les Kenyans à rester patients et leur assurons que nous nous attendons à conclure les consultations avec succès », a déclaré les deux leaders dans un communiqué conjoint. Peu après la publication de ce communiqué, les négociations entre les Kenyans ont été suspendues mardi pour deux jours. La répartition des postes ministériels est toujours le point de discorde entre les deux camps qui s’accusent mutuellement des blocages. Mais le président Kibaki a appelé à la formation « sans plus de délai » de ce gouvernement de coalition « afin que nous puissions nous concentrer sur les problèmes urgents auxquels notre population fait face », a-t-il déclaré. De sa part, Odinga a affirmé que le camp présidentiel s’était retiré « des accords auxquels nous étions parvenus » sur la composition du gouvernement. Il a estimé que les dernières propositions de l’opposition sur la répartition des postes ministériels étaient un « minimum » non négociable.

En effet, les deux parties avaient envisagé d’annoncer la composition du cabinet depuis dimanche 6 avril, mais le désaccord sur la répartition des ministères a retardé les choses en obligeant les deux dirigeants à reprendre leurs discussions. De fortes pressions sont exercées sur les deux rivaux, Kibaki et Odinga, dans le pays et de l’étranger, pour qu’ils sortent de l’impasse concernant la formation du cabinet. Ils avaient dit être d’accord pour se partager 40 postes ministériels à égalité et s’étaient engagés à en indiquer la composition au cours de cette semaine. L’ODM avait dans un premier temps accusé le camp présidentiel de proposer une liste de gouvernement différente de celle acceptée par MM. Kibaki et Odinga. Ensuite, le porte-parole du gouvernement avait rejeté la responsabilité de l’impasse politique sur le parti de M. Odinga. Ce dernier plaidait pour un gouvernement de 34 membres, tandis que le camp de M. Kibaki évoquait un gouvernement de 44 ministres et insistait pour conserver des postes-clés tels que les ministères des Finances, de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères et de la Justice. Le nouveau cabinet, qui compte huit postes de plus que le précédent, est le plus important sur le plan numérique depuis l’indépendance de ce pays.

En effet, Kibaki et Odinga étaient parvenus, sous la médiation de l’ancien secrétaire général des Nations-Unies Kofi Annan, à un accord le 28 février pour former un tel gouvernement — accord entériné à l’unanimité par le Parlement le 18 mars — pour régler la crise kenyane. Cet accord prévoit la création d’un poste de premier ministre, inexistant jusque-là au Kenya. La contestation de la réélection de M. Kibaki a plongé le Kenya dans une crise politique majeure qui a fait 1 500 morts et plus de 300 000 déplacés. Par ailleurs, la crise post-électorale a jeté une lumière crue sur une répartition inégale des richesses, des conflits fonciers récurrents et meurtriers, des relations entre communautés ethniques souvent tendues et une vie politique en grande partie déterminée par ces appartenances ethniques. Depuis le début des consultations entre les deux camps, la formation de la coalition gouvernementale donne lieu à d’âpres négociations sur la répartition des postes et la taille du gouvernement. Selon les analystes, cette crise politique a touché aussi la vie économique dans ce pays. Ainsi, le chaos engendré par la contestation des résultats électoraux a-t-il terni l’image du Kenya, pays réputé jusque-là stable et prospère, en portant atteinte à son économie, à sa monnaie et à son marché boursier.

Il semble que les divergences entre les deux leaders remontent jusqu’à l’année 2005. Les deux anciens alliés avaient rompu en cette année après qu’Odinga, alors membre du gouvernement, avait pris la tête d’un mouvement qui avait tenu en échec un projet de Constitution soutenu par Kibaki. Ils auront pour tâche d’en élaborer une nouvelle dans l’année qui vient afin de répondre aux problèmes fonciers, tribaux et autres mis en évidence par la crise électorale.

Maha Salem

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