Tourisme .
L’Egypte a été choisie l’invitée d’honneur de la troisième
session de l’exposition touristique Intour Market qui s’est
tenue dernièrement à Moscou.
Les Russes arrivent
Plus
d’un million et demi de touristes russes ont choisi l’Egypte
afin d’y passer leurs vacances en 2007 avec une augmentation
de plus de 50 % par rapport à l’année qui l’a précédée. Ce
taux élevé d’augmentation va-t-il se poursuivre en 2008 ?
Une question à laquelle les responsables du tourisme
égyptien avec en tête le ministre du Tourisme ont essayé de
répondre, mais d’une manière pratique. En fait, ils se sont
rendus à Moscou pour participer à l’exposition touristique
Intour Market qui s’est tenue à la capitale russe à laquelle
ont pris part plus de 24 pays représentés par environ 2 000
agences de voyages. L’Egypte a été choisie hôte d’honneur,
et les responsables du tourisme égyptien n’ont pas raté
l’occasion et ont eu des pourparlers avec les tour-
opérateurs russes qui travaillent sur le marché du tourisme
égyptien et qui ont soulevé plusieurs points qui peuvent
bien affecter le taux de croissance dans le nombre des
touristes russes qui viennent en Egypte. La première crainte
portait sur la possibilité du prolongement du délai accordé
aux Russes avant d’arrêter complètement l’utilisation des
avions Illiouchène 86 qui est l’avion le plus utilisé dans
le transport des touristes russes grâce à sa grande
envergure, environ 400 passagers par vol, et le coût réduit
du voyage par rapport aux autres avions En fait, ce gros
transporteur a été interdit dans le monde entier après les
recommandations de l’Organisation internationale de
l’aviation civile à cause du taux très élevé de bruit qu’il
engendre et qui cause beaucoup de dégâts à l’environnement.
Quelques pays n’ont jusqu’à présent pas appliqué cette
interdiction pour des raisons touristiques comme la Turquie
et l’Egypte. Mais les autorités de l’aviation civile au
Caire vont se conformer à cette interdiction dès le mois de
juin prochain. La partie russe veut un autre délai pour
pouvoir trouver une alternative sans que le touriste russe
ne supporte la différence des prix. « On va discuter avec
les responsables de l’aviation civile en Egypte afin que
leur décision n’affecte pas l’affluence des Russes en Egypte,
surtout qu’ils viennent en tête de liste des plus grands
pays exportateurs du tourisme en Egypte », assure Zoheir
Garana, ministre égyptien du Tourisme. « On essaye en fait
d’attirer de plus en plus de touristes de ce pays qui est à
l’origine de 8 millions de touristes de par le monde et on
veut prendre notre part équitable de ce gâteau surtout qu’un
pays comme la Turquie attire plus de deux millions par an »,
reprend Garana.
Le deuxième point qu’ont relevé les tour-opérateurs russes
est le problème de surréservation qui a éclaté la saison
dernière et qui a risqué de causer des catastrophes lorsque
plusieurs groupes de touristes russes n’ont pas trouvé leur
place dans les hôtels. Ces tour-opérateurs eux-mêmes ont
demandé aux responsables du tourisme égyptien et surtout
ceux de la Chambre des hôtels de réviser les contrats entre
les agences égyptiennes et leurs homologues russes
soigneusement et ces premiers doivent être plus strictes
vis-à-vis des réservations. « Les agences égyptiennes autant
que les hôtels ne doivent pas faire de grandes réductions et
changer les réservations plusieurs fois parce que cela donne
une mauvaise impression chez les agences russes que tout est
possible sur le marché égyptien et par la suite ne
respectent pas leurs contrats », assure Fathi Nour,
président de la Chambre égyptienne des hôtels.
Ce point nous mène à un autre plus dangereux pour le secteur
du tourisme en général, celui qui concerne les prix accordés
aux touristes russes. « Le problème c’est que quelques
agences et hôtels égyptiens, sous prétexte de concurrence,
ont fortement baissé leurs prix. Vous serez surpris de
savoir qu’une semaine à Charm Al-Cheikh ou à Hurghada peut
coûter moins cher pour un Russe que de la passer à Moscou »,
explique Ahmad Balbaa, propriétaire d’hôtels à Charm, à
Hurghada et à Marsa Alam.
Il ajoute que cette minorité qui a baissé ses prix nuit au
tourisme égyptien tout entier, et au lieu de maintenir une
compétition pour améliorer les services et par la suite
hausser les prix, elle fait le contraire.« On a dû baisser
nos prix suite aux attentats terroristes en 2003 et 2004 et
on a dû aussi signer des contrats avec les agences russes
pour cinq ans avec des prix qui deviennent aujourd’hui
ridicules surtout avec le phénomène de la hausse des prix
qui envahit le monde entier », confesse le directeur d’un
hôtel à Hurghada.
Pour sa part, Dr Wessal Alameddine, professeur d’études
touristiques à la faculté de tourisme et d’hôtellerie à
l’Université de Hélouan, estime que le problème des prix du
tourisme russe en Egypte est l’affaire des agences et non
pas, comme lancent quelques critiques, à cause des dépenses
minimes de ces voyageurs. En fait, cela était peut-être
valide au début de l’entrée des Russes dans le marché
égyptien à la fin des années 1990. Mais avec la croissance
économique dans leur pays, le cas a beaucoup changé, surtout
si on sait que la moyenne des dépenses d’un touriste russe
en Egypte est de 85 dollars par jour. En outre, selon les
dernières statistiques de l’Organisation Mondiale du
Tourisme (OMT), les touristes russes occupent la neuvième
place parmi les touristes à plus grande dépense dans le
monde.
Dalia
Farouk