Football .
La défaite d’Ahli face aux Sud-Africains de Platinum Stars
en Ligue d’Afrique des champions sème le doute quant à la
capacité de l’ancien champion du continent de récupérer son
titre.
Les Rouges cherchent à sortir de l’impasse
Ahli
n’a pas gagné depuis trois rencontres, du jamais-vu depuis
le désastreux début de saison 2003/2004. La défaite subite
d’entrée de jeu en Ligue d’Afrique des champions contre les
Sud-Africains de Platinum Stars (2-1), à Pretoria samedi
dernier, poursuit une série qui a commencé par le nul contre
Ismaïli 1-1 puis face à Baladiyet Al-Mahalla 0-0. Une
contre-performance inattendue du ténor africain, qui se
mesurait à une équipe formée en 1998, et dont la victoire a
été qualifiée de miracle par le quotidien sud-africain The
Times. « Nous avons mal débuté le match, même si on a
ensuite repris le contrôle du jeu. Nos adversaires
sud-africains ont su exploiter les erreurs de débutants de
nos défenseurs, ce qui nous ont coûté très cher à des
moments critiques de la rencontre », explique Hossam
Al-Badri, l’entraîneur adjoint d’Ahli. En effet, Edward
Williams a décroché une précieuse victoire pour Platinum
Stars à la 91e minute profitant d’une grave erreur du trio
de défense. Ce résultat inquiète les Rouges, pas en raison
de la défaite elle-même, surtout que l’équipe possède de
grandes chances lors du match retour qui se jouera au Caire
le 11 mai prochain, mais plutôt pour la prestation du groupe
en forte baisse depuis déjà un bout de temps. « Nous sommes
en fin de saison et il est normal de perde notre rythme
après avoir conservé notre titre de champion pour la
quatrième année consécutive. Les joueurs sont fatigués
physiquement, techniquement et moralement », annonce
Al-Badri. Il faut dire aussi qu’Ahli a récemment dû composer
avec l’absence de plusieurs de ses éléments-clés. Emad
Al-Nahhass a été mis à l’écart pour une durée de six mois à
cause d’une rupture des ligaments croisés et la nouvelle
vedette, Ahmad Fathi, a été victime d’une blessure au tendon
d’Achille, ce qui le place hors du terrain pendant huit
mois. Les déconvenues d’Ahli ne se sont pas arrêtées là
puisque des joueurs tels que Mohamad Abou-Treika, Mohamad
Barakat, Emad Metaab et Flavio Amado ne parviennent pas à
présenter le spectacle attendu, faute de repos après avoir
enchaîné leur quatrième saison à une cadence d’enfer.
Du coup, le squelette du groupe a été bousculé. Pour le
directeur technique, Manuel José, former une équipe
puissante implique d’édifier un axe solide et stable. Lors
des trois dernières années le gardien, Essam Al-Hadari, le
libéro Al-Nahhass, le pilier du milieu Mohamad Chawqi, le
meneur Mohamad Abou-Treika et le fer de lance angolais
Flavio ont toujours répondu présent. Mais en janvier
dernier, Al-Hadari est parti au FC Sion, Al-Nahhass s’est
blessé, Chawqi a rejoint Middlesbrough (Ang) tandis que son
successeur Fathi s’est blessé, en addition à la considérable
baisse de niveau d’Abou-Treika et Flavio. De quoi avoir
marqué le rendement : le compartiment défensif est devenu
perméable avec l’absence de son chef, et Chadi Mohamad n’a
pas su combler le vide. Le milieu de terrain, perçu comme le
point fort d’Ahli ces quatre dernières années n’est plus
aussi imposant tandis que l’efficacité de l’attaque a été
gravement affectée au point qu’aucun attaquant ne figure
dans le top 10 des buteurs du championnat. « On ne peut rien
faire. On a longtemps crié au secours et réclamé un temps de
repos, car nos joueurs évoluent à trois niveaux : en
sélection, en championnat, et en Ligue d’Afrique, mais nous
n’avons pas été entendus », déclare Adli Al-Qii, le
directeur du département du marketing et des transferts au
sein du club. Le cadre technique compte donc recourir à la
même solution que la saison passée, à savoir laisser se
reposer ses titulaires en derniers matchs de championnat
afin de reprendre l’action en Ligue d’Afrique en juillet
prochain. C’est d’ailleurs le grand défi des Rouges qui
n’ont pas encore digéré leur défaite 3-1 au Caire face à l’Etoile
du Sahel (Tun.) en finale de l’édition passée. C’est
pourquoi José cherche des solutions rapides aux trois
grandes absences de son groupe. La direction d’Ahli est
prête à tout et les négociations vont dans plusieurs
directions, en Egypte comme à l’étranger. Mais il faudra
d’abord franchir l’obstacle de Platinum Stars le 11 mai
prochain, avant la finale en novembre prochain .
Karim
Farouk