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 Semaine du 30 avril au 4 mai 2008, numéro 712

 

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Opinion
 

Contre le maux de la bureaucratie

Morsi Attalla

Il va sans dire que tout le monde s’attend à ce que la première préoccupation des nouveaux gouverneurs nommés lors du dernier remaniement soit de résoudre les problèmes du public et de mettre fin à toutes les formes de la routine gouvernementale.

Il faut reconnaître que le poids croissant de la bureaucratie dans les institutions gouvernementales est dû aux nombreux maux qui ont touché l’appareil gouvernemental pendant de longues années. Le plus important de ces maux est le surplus d’effectif qui cause la complication du cycle du travail, puisque le travail qui peut être fait par deux employés est fait par dix.

Cette pléthore revient en partie à de bonnes intentions visant à régler le problème du chômage. Mais en réalité, ce phénomène est surtout le résultat direct d’une absence de vision scientifique capable de lier les nécessités réelles du travail à l’effectif disponible. Or, il est surprenant que ce nombre élevé de l’effectif travaillant dans les institutions gouvernementales n’ait aucune répercussion positive sur les départements qui ont une relation directe avec le public. Les queues restent trop longues et les citoyens souffrent pour obtenir un certificat de naissance ou un permis de conduire. Ceci signifie que la main-d’œuvre est mal employée et mal distribuée.

Le phénomène de la bureaucratie et de la routine revient aussi à l’ambiguïté dans les statuts et les lois qui gèrent le cycle de travail. Par exemple, il est courant qu’un employé reçoit des lois ou des instructions promulguées par une institution centrale et qui ne conviennent pas parfaitement à la nature de son travail.

Là, il se trouve devant deux choix : appliquer les textes de ces lois à la lettre, ce qui signifie ralentir et compliquer le travail et se faire accuser de bureaucrate. Ou bien exprimer peu de flexibilité et là il peut être traîné en justice pour avoir pratiqué des pouvoirs plus larges que ses prérogatives.

Il faut reconnaître que ces deux contradictions représentent un des côtés du mal bureaucratique dans l’administration égyptienne.

Il est normal donc de voir autant d’infractions aux lois face à autant de complications. Et cela mène par conséquent à des réactions violentes de la part du public qui maudit la bureaucratie et la routine.

A mon avis, l’unique moyen de se débarrasser de ce phénomène et d’entamer une réforme administrative est de régler avant tout le problème du surplus de l’effectif dans les administrations gouvernementales. Il sera alors tout à fait normal d’entendre dire que ce n’est pas le bon moment d’ouvrir ce dossier alors que le pays connaît une crise grave de chômage et qu’une vision pareille manque de sagesse politique et sociale. Or, il n’est pas ici question de licencier le surplus de la main-d’œuvre, mais d’en faire une redistribution de façon à pouvoir profiter de chaque employé.

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