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 Semaine du 30 avril au 4 mai 2008, numéro 712

 

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Opinion
 

Libération du Syndicat

Salama A. Salama

La décision prise par le conseil du Syndicat des journalistes de déférer devant un conseil de discipline les personnes à l’origine des événements qui ont empêché la tenue du colloque « Egyptiens contre la discrimination » pourrait peut-être effacer l’affront qu’ont subi tous les journalistes. Ces événements présagent un avenir inquiétant pour la presse en Egypte.

Comment un membre a-t-il pu saper le colloque déjà approuvé par le syndicat ? Comment s’est-il permis de verrouiller les portes du syndicat ? Et qui sont ces journalistes qui l’ont élu comme représentant ?

Ceux qui se plaignent de la poigne de fer et de l’intransigeance des organismes de sécurité et de la police qui assiégeaient le bâtiment du syndicat comprendront assez vite qu’on récolte ce qu’on sème et que celui qui manque de respect pour soi n’est respecté de nul autre.

Le plus dangereux est cette régression de la pensée chez certains journalistes à l’esprit restreint, qui portent atteinte à la profession. Ceux-là mêmes qui sont censés être les hérauts des lumières et les messagers de la liberté, de l’égalité et de la non-discrimination entre les fils d’une même patrie. Les antagonistes voient que la tenue du colloque met en avant le problème de la discrimination confessionnelle qui inquiète la société et qui alimente l’opinion internationale contre l’Egypte. Ils s’appuient sur des arguments parfaitement insensés selon lesquels les organisateurs du colloque sont des bahaïs et des forces hostiles à l’islam.

D’évidence, des idées rétrogrades s’emparent des mentalités des secteurs qu’ont sécrétées les programmes d’éducation défaillants, ne se souciant pas des principes constitutionnels ou éthiques. Telle que l’égalité de tous devant les droits et les devoirs. Ces gens n’ont aucune considération pour le principe de la liberté de culte dicté par toutes les religions célestes dans l’objectif de répandre les idéaux d’équité et d’amour entre les gens. Lorsque de tels éléments atteignent les cercles d’influence dans les syndicats et les rassemblements, ils se transforment en un outil de rigidité et de pensée réactionnaire.

Le Dr Fouad Abdel-Moneim Riyad, juge international de renommée, renvoie les origines de ce fossé, qui s’élargit de plus en plus, entraînant ces pratiques, dont souffre actuellement la société égyptienne, à la disparition de la classe moyenne et celle des intellectuels qui sont les porte-voix des valeurs universelles. Parmi ces pratiques, l’ignorance du principe de l’égalité dans les divers domaines législatifs, dont l’absence de participation à la prise de décision politique et la fragile présence copte dans plusieurs domaines. Selon lui, ceci a engendré un vide qui a été comblé par les idées des ignorants et des nouveaux riches. L’un des aspects de cette ignorance c’est le phénomène de l’anarchie des fatwas qui a gangrené la société et qui a eu pour résultat des accusations en série d’apostasie.

A mon sens, c’est l’actuelle donne politique, sociale et culturelle dans son ensemble, avec toutes ses contradictions, qui a donné naissance à ces éléments dénués de tout esprit, ignorants en culture et en politique et qui a permis leur ascension aux postes de commandements professionnels.

 

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