Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 30 avril au 4 mai 2008, numéro 712

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Amr Hamzawi
Politologue

 


Edito

Les Sadristes

La confrontation entre le gouvernement iraqien et la milice de Moqtada Sadr, que l’imam chiite menace de transformer en « guerre ouverte », ne semble pas en mesure d’être réglée par la force. Après des mois d’apaisement tout relatif des violences, la campagne de répression lancée fin mars par les autorités contre les miliciens en cagoule noire de l’Armée du Mahdi ouvre la perspective d’un nouveau soulèvement des partisans du dirigeant radical chiite, qui se comptent par centaines de milliers.

Jusqu’ici, le premier ministre Nouri Al-Maliki a évité le pire. Après des premiers jours d’affrontements à l’avantage des combattants sadristes dans leur bastion de Bassorah, les forces gouvernementales ont engrangé un certain nombre de victoires sur le terrain. Elles contrôlent désormais les principaux fiefs sadristes de Bassorah, où les habitants notent que l’emprise de la milice religieuse sur la vie quotidienne s’est desserrée. Mais si Maliki, un chiite lui aussi, est soutenu par Washington et de nombreuses formations politiques iraqiennes, y compris ses adversaires sunnites, le jeune imam peut compter sur le dévouement sans faille de ses partisans. Ses bastions dans les quartiers les plus pauvres de Bagdad sont une zone de grand danger pour les soldats et ses miliciens, bien équipés, ne cachent pas leur impatience d’en découdre, surtout depuis que Sadr, fils d’un grand ayatollah tué sous le régime de Saddam Hussein, a menacé de rompre une trêve déclarée en août 2007.

Officiellement, la campagne contre les Sadristes s’inscrit dans le cadre d’un effort plus général du gouvernement pour imposer l’Etat de droit et interdire toute milice armée. Mais les Sadristes soupçonnent des arrière-pensées politiques à l’approche des élections municipales et provinciales d’octobre, à l’issue desquelles ils pourraient contrôler plusieurs provinces aux dépens des partisans de Maliki, en particulier dans le sud du pays. Ils notent que d’autres partis, y compris celui du premier ministre, possèdent eux aussi leurs milices.

Les Sadristes représentent un mouvement populaire fort profondément enraciné dans la société iraqienne et il est irréaliste de vouloir le traiter uniquement par des solutions militaires. Dans de nombreuses régions pauvres à majorité chiite, les Sadristes fournissent des vivres ou des soins ainsi qu’une protection armée que le gouvernement s’est montré jusqu’ici incapable de livrer. Leur code religieux très strict, bien que sévère pour certains, est admis par beaucoup d’autres chiites encore traumatisés par la répression menée à leur encontre sous la présidence du sunnite Saddam Hussein. Le respect du code est perçu aussi comme un symbole de puissance politique.

 




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