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Edito Les
Sadristes
La
confrontation entre le gouvernement iraqien et la milice de Moqtada
Sadr, que l’imam chiite menace de transformer en «
guerre ouverte », ne semble pas en mesure d’être réglée par la force. Après des
mois d’apaisement tout relatif des violences, la campagne de répression lancée
fin mars par les autorités contre les miliciens en cagoule noire de l’Armée du
Mahdi ouvre la perspective d’un nouveau soulèvement des partisans du dirigeant
radical chiite, qui se comptent par centaines de milliers.
Jusqu’ici,
le premier ministre Nouri Al-Maliki
a évité le pire. Après des premiers jours d’affrontements à l’avantage des
combattants sadristes dans leur bastion de Bassorah, les forces gouvernementales ont engrangé un
certain nombre de victoires sur le terrain. Elles contrôlent désormais les
principaux fiefs sadristes de Bassorah,
où les habitants notent que l’emprise de la milice religieuse sur la vie
quotidienne s’est desserrée. Mais si Maliki, un
chiite lui aussi, est soutenu par Washington et de nombreuses formations
politiques iraqiennes, y compris ses adversaires sunnites, le jeune imam peut
compter sur le dévouement sans faille de ses partisans. Ses bastions dans les
quartiers les plus pauvres de Bagdad sont une zone de grand danger pour les
soldats et ses miliciens, bien équipés, ne cachent pas leur impatience d’en
découdre, surtout depuis que Sadr, fils d’un grand
ayatollah tué sous le régime de Saddam Hussein, a menacé de rompre une trêve
déclarée en août 2007.
Officiellement,
la campagne contre les Sadristes s’inscrit dans le
cadre d’un effort plus général du gouvernement pour imposer l’Etat de droit et
interdire toute milice armée. Mais les Sadristes
soupçonnent des arrière-pensées politiques à l’approche des élections
municipales et provinciales d’octobre, à l’issue desquelles ils pourraient
contrôler plusieurs provinces aux dépens des partisans de Maliki,
en particulier dans le sud du pays. Ils notent que d’autres partis, y compris
celui du premier ministre, possèdent eux aussi leurs milices.
Les Sadristes représentent un mouvement populaire fort
profondément enraciné dans la société iraqienne et il est irréaliste de vouloir
le traiter uniquement par des solutions militaires. Dans de nombreuses régions
pauvres à majorité chiite, les Sadristes fournissent
des vivres ou des soins ainsi qu’une protection armée que le gouvernement s’est
montré jusqu’ici incapable de livrer. Leur code
religieux très strict, bien que sévère pour certains, est admis par beaucoup
d’autres chiites encore traumatisés par la répression menée à leur encontre
sous la présidence du sunnite Saddam Hussein. Le respect du code est perçu
aussi comme un symbole de puissance politique.
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