Traitement de l’eau .
Des projets pilotes pour la purification des eaux usées ont
été mis en place par les centres de recherches scientifiques
en coopération avec le ministère de l’Environnement.
Explications.
Une expérience probante
Lacs
et lagunes pourraient bientôt bénéficier d’une solution
contre la pollution qui les menace. Le ministère d’Etat
égyptien pour les Affaires de l’environnement, en
coopération avec différents centres de recherches, ont en
effet mis en place des projets pilotes visant à recourir à
des moyens biologiques pour diminuer au maximum les effets
nocifs des déchets qui se déversent dans les lacs et
lagunes.
Le premier est consacré à la lagune Manzala, au nord-est du
Caire. C’est un projet dont les recherches menées par
l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE),
le Centre national pour les recherches sur l’eau et l’Union
mondiale pour la nature (IUCN) ont duré cinq ans pour
s’assurer des résultats efficaces. Il est destiné à traiter
les eaux du canal Bahr Al-Baqar, le plus grand et le plus
polluant des cinq autres qui se jettent dans la lagune
Manzala. L’idée consiste à construire une grande station de
traitement biologique sur le canal en utilisant des plantes
absorbantes de sels de nitrates, du phosphate ainsi que
d’autres genres de sels nuisibles à l’environnement. Ces
derniers résultent du drainage agricole, sanitaire et
industriel qui se jettent dans le canal Bahr Al-Baqar pour
terminer dans la lagune. Manzala souffre déjà depuis
longtemps des problèmes de pollution qui ont affecté sa
pisciculture. « C’est une première en Egypte. On n’a jamais
utilisé cette technique biologique pour lutter contre la
pollution. Sans oublier que le projet consiste aussi à
utiliser ces eaux traitées pour servir les bassins de
pisciculture », explique Chaden Abdel-Gawwad, directrice du
Centre des recherches sur l’eau relevant du ministère de
l’Irrigation et des Ressources hydrauliques. Et d’ajouter :
« Les responsables de ce projet ont choisi le canal Bahr
Al-Baqar parce que c’est le plus polluant de la lagune
Manzala. Il est vrai que le projet ne traite que 5 %
seulement des eaux de ce canal, mais ce n’est qu’un projet
expérimental ».
Ce genre de projet qui néanmoins exige de grands espaces «
ne peut être appliqué dans le Delta par exemple », indique
aussi Abdel-Gawwad. Obstacle qui a pu être surmonté dans le
projet du gouvernorat de Gharbiya, au nord-ouest du Caire.
Il est question d’un autre genre de traitement biologique
mené toujours sous le parrainage du ministère de
l’Irrigation et des Ressources hydrauliques en coopération
avec l’AEAE. Il consiste à traiter l’eau polluée à
l’intérieur des canaux et à utiliser les plantes qui y
poussent déjà comme la jacinthe d’eau, pour absorber toutes
les matières polluantes. Le plus important dans ce second
genre de projet biologique est de contrôler la reproduction
de ces plantes ainsi que leur acheminement. Là, les travaux
et la construction des réseaux sur le canal ont été achevés
en un an et ce sont les habitants du gouvernorat qui gèrent
aujourd’hui le projet. « En fait, les objectifs de ce genre
de projets de traitement biologiques par les plantes se
résument au développement de la région dans laquelle se
situe le canal. Cela signifie la lutte contre le chômage en
assurant des emplois aux habitants, l’amélioration de la
qualité du poisson, puisqu’il s’agit aussi d’utiliser les
eaux traitées dans la pisciculture et les utiliser aussi
dans l’agriculture », assure Maher Al-Guindi, écologiste au
département du développement des régions industrielles
relevant de l’AEAE.
Mais pour davantage d’efficacité de ce projet, d’autres
stations de traitement doivent être construites. « Un canal
comme Bahr Al-Baqar déverse chaque jour entre 2 à 3 millions
de mètres cubes d’eau polluée dans la lagune Manzala. La
station que l’on avait construite sur 50 feddans traite
seulement 25 000 m3 ! On a donc besoin d’une plus grande
station bâtie sur 3 000 feddans environ sur chacun des cinq
canaux qui se jettent dans cette lagune pour diminuer au
maximum la pollution causée par ce genre d’eaux », assure
Diaa Al-Qoussi, conseiller du ministre de l’Irrigation et
des Ressources hydrauliques. Selon lui, les Organisations
Non Gouvernementales (ONG) sont invitées à participer à ce
genre de projet qui vise également à faire intégrer la
société locale dans la gestion de ces stations de
traitement.
Racha
Hanafi