Al-Ahram Hebdo,Environnement | Une expérience probante
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 30 avril au 4 mai 2008, numéro 712

 

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Environnement

Traitement de l’eau . Des projets pilotes pour la purification des eaux usées ont été mis en place par les centres de recherches scientifiques en coopération avec le ministère de l’Environnement. Explications.

Une expérience probante

Lacs et lagunes pourraient bientôt bénéficier d’une solution contre la pollution qui les menace. Le ministère d’Etat égyptien pour les Affaires de l’environnement, en coopération avec différents centres de recherches, ont en effet mis en place des projets pilotes visant à recourir à des moyens biologiques pour diminuer au maximum les effets nocifs des déchets qui se déversent dans les lacs et lagunes.

Le premier est consacré à la lagune Manzala, au nord-est du Caire. C’est un projet dont les recherches menées par l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), le Centre national pour les recherches sur l’eau et l’Union mondiale pour la nature (IUCN) ont duré cinq ans pour s’assurer des résultats efficaces. Il est destiné à traiter les eaux du canal Bahr Al-Baqar, le plus grand et le plus polluant des cinq autres qui se jettent dans la lagune Manzala. L’idée consiste à construire une grande station de traitement biologique sur le canal en utilisant des plantes absorbantes de sels de nitrates, du phosphate ainsi que d’autres genres de sels nuisibles à l’environnement. Ces derniers résultent du drainage agricole, sanitaire et industriel qui se jettent dans le canal Bahr Al-Baqar pour terminer dans la lagune. Manzala souffre déjà depuis longtemps des problèmes de pollution qui ont affecté sa pisciculture. « C’est une première en Egypte. On n’a jamais utilisé cette technique biologique pour lutter contre la pollution. Sans oublier que le projet consiste aussi à utiliser ces eaux traitées pour servir les bassins de pisciculture », explique Chaden Abdel-Gawwad, directrice du Centre des recherches sur l’eau relevant du ministère de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques. Et d’ajouter : « Les responsables de ce projet ont choisi le canal Bahr Al-Baqar parce que c’est le plus polluant de la lagune Manzala. Il est vrai que le projet ne traite que 5 % seulement des eaux de ce canal, mais ce n’est qu’un projet expérimental ».

Ce genre de projet qui néanmoins exige de grands espaces « ne peut être appliqué dans le Delta par exemple », indique aussi Abdel-Gawwad. Obstacle qui a pu être surmonté dans le projet du gouvernorat de Gharbiya, au nord-ouest du Caire. Il est question d’un autre genre de traitement biologique mené toujours sous le parrainage du ministère de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques en coopération avec l’AEAE. Il consiste à traiter l’eau polluée à l’intérieur des canaux et à utiliser les plantes qui y poussent déjà comme la jacinthe d’eau, pour absorber toutes les matières polluantes. Le plus important dans ce second genre de projet biologique est de contrôler la reproduction de ces plantes ainsi que leur acheminement. Là, les travaux et la construction des réseaux sur le canal ont été achevés en un an et ce sont les habitants du gouvernorat qui gèrent aujourd’hui le projet. « En fait, les objectifs de ce genre de projets de traitement biologiques par les plantes se résument au développement de la région dans laquelle se situe le canal. Cela signifie la lutte contre le chômage en assurant des emplois aux habitants, l’amélioration de la qualité du poisson, puisqu’il s’agit aussi d’utiliser les eaux traitées dans la pisciculture et les utiliser aussi dans l’agriculture », assure Maher Al-Guindi, écologiste au département du développement des régions industrielles relevant de l’AEAE.

Mais pour davantage d’efficacité de ce projet, d’autres stations de traitement doivent être construites. « Un canal comme Bahr Al-Baqar déverse chaque jour entre 2 à 3 millions de mètres cubes d’eau polluée dans la lagune Manzala. La station que l’on avait construite sur 50 feddans traite seulement 25 000 m3 ! On a donc besoin d’une plus grande station bâtie sur 3 000 feddans environ sur chacun des cinq canaux qui se jettent dans cette lagune pour diminuer au maximum la pollution causée par ce genre d’eaux », assure Diaa Al-Qoussi, conseiller du ministre de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques. Selon lui, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont invitées à participer à ce genre de projet qui vise également à faire intégrer la société locale dans la gestion de ces stations de traitement.

Racha Hanafi

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Action stratégique
pour le changement climatique

Le ministre égyptien de l’Environnement, Magued Georges, et le directeur du département Environnement de la Banque Mondiale (BM), Warren Evans, ont inauguré le jeudi 17 avril 2008, au Caire, un atelier de consultation à propos du document sur la définition d’un cadre d’action stratégique concernant le changement climatique et le développement, préparé par les experts de la BM.

« Le document qui a été discuté aujourd’hui a pour but de donner des alternatives pour envisager les impacts des changements climatiques sur les différents secteurs et les mécanismes suggérés pour réduire au minimum ses impacts comme l’atténuation et l’adaptation », a indiqué Georges.

« L’affaire des changements climatiques n’est pas seulement une question d’environnement, mais aussi de développement. Les réalisations des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont en risque à cause du changement climatique », a assuré Warren Evans.

En fait, la BM s’intéresse beaucoup à la question des changements climatiques au point qu’elle a versé une somme de 2 milliards de dollars dans le Fonds Carbone, toujours selon Evans.

A la suite de la discussion du document, le ministre égyptien et le responsable de la BM se sont réunis pour discuter de la coordination nécessaire entre la stratégie de la BM et celle du ministère de l’Environnement au sujet du changement climatique.

« Nous avons déjà fourni le financement nécessaire pour la préparation de la stratégie nationale pour le changement climatique en Egypte. Nous avons également décidé de former un secrétariat technique qui se réunira périodiquement pour suivre toutes les menaces liées au réchauffement, ainsi que pour effectuer les études et les recherches nécessaires pour mettre les menaces dans leur état sans trop exagérer ». 

 




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