Al-Ahram Hebdo, Egypte | Une décision controversée
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 Semaine du 30 avril au 4 mai 2008, numéro 712

 

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Egypte

Universités . Un amendement de la clause 123 de la loi sur les universités (relative aux professeurs de plus de 70 ans) a été présenté cette semaine au Parlement. Il soulève des critiques dans les rangs des intéressés.

Une décision controversée

Faut-il autoriser les professeurs de 70 ans et plus à continuer à enseigner dans les universités ? La question est depuis quelques semaines au centre d’un vif débat. Pour certains, il faut profiter de l’expérience de ces professeurs et leur donner l’opportunité de faire des recherches quel que soit leur âge, pour d’autres, au contraire, il faut donner la chance aux jeunes générations.

Le gouvernement avait promulgué en 2000 une loi interdisant à ces professeurs l’exercice de l’enseignement. Toutefois, face à la grogne des professeurs, le ministère de l’Enseignement supérieur a commencé début mars à amender l’article 123 de la loi sur les universités promulguée en 2000. Conformément à cet amendement, les professeurs âgés de 70 ans ou plus peuvent travailler mais seulement sur recommandation d’une commission d’experts dépendant du Haut Conseil des universités.

L’amendement prévoit en outre l’octroi d’un système de primes. Mais cet amendement ne plaît pas aux professeurs qui avaient l’espoir de revenir à l’ancienne loi de 82 qui leur donnait le droit d’enseigner jusqu’à l’invalidité du fait qu’ils représentent une vraie richesse pour les universités. « Nous voulons le retour à l’ancienne loi », réclame Saïd Salama, ex-professeur d’université. La clause 123 est l’un des  principaux points de discorde de la loi de 2000. Moufid Chéhab, qui était à l’époque ministre de l’Enseignement supérieur, avait insisté sur le fait que ce système vise à donner l’opportunité aux plus jeunes d’acquérir de l’expérience et de s’impliquer dans la vie universitaire.

Cependant, les professeurs ont l’impression que la clause 123 met en cause leurs capacités professionnelles et académiques. « Est-ce que l’expérience constitue de nos jours un défaut ? Si cette clause ne sera pas annulée, les universités vont perdre un grand nombre de professeurs qui représentent une précieuse expérience. Je préférerais alors travailler pour une université étrangère ou privée, au moins là-bas nous sommes plus appréciés, mieux payés et nous travaillons dans des conditions nettement meilleures », déplore Kamal Riyad, ancien professeur à la faculté de polytechnique de l’Université de Hélouan. Le système actuel autorise les professeurs à enseigner et à superviser des thèses de doctorat jusqu’à 64 ans. A partir de cet âge, les professeurs doivent demander tous les deux ans le renouvellement de leurs fonctions auprès du Haut Conseil des universités, et ce jusqu’à 70 ans au maximum. La loi de 2000 avait annulé le système de prime que les professeurs recevaient à côté de la pension de retraite.

Les professeurs critiquent aussi l’attitude du ministère de l’Enseignement qui a commencé à préparer l’amendement il y a un mois et l’a présenté au Parlement sans prendre leur avis. « Le ministère n’a rien fait pour nous associer aux préparations du nouveau texte. Du jour au lendemain, on a découvert que le nouveau texte est en discussion au Parlement », critique Mohamad Al-Moufti, ex-professeur à l’Université de Hélouan. Réaction du Haut Conseil des universités : « Pourquoi tout ce remue-ménage ? C’est un fait que les personnes de 70 ans ne soient plus aussi alertes. Pourquoi ne pas laisser la place aux jeunes ? L’amendement a rempli toutes les demandes des professeurs. Il prévoit la création d’une commission regroupant ces professeurs dans le but de profiter de leur expérience », assure Taghrid Pacha, du Haut Conseil des universités. Les professeurs, eux, affirment qu’ils poursuivront leur mobilisation .

Mirande Youssef

 

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