Universités .
Un amendement de la clause 123 de la loi sur les universités
(relative aux professeurs de plus de 70 ans) a été présenté
cette semaine au Parlement. Il soulève des critiques dans
les rangs des intéressés.
Une décision controversée
Faut-il autoriser les professeurs de 70 ans et plus à
continuer à enseigner dans les universités ? La question est
depuis quelques semaines au centre d’un vif débat. Pour
certains, il faut profiter de l’expérience de ces
professeurs et leur donner l’opportunité de faire des
recherches quel que soit leur âge, pour d’autres, au
contraire, il faut donner la chance aux jeunes générations.
Le gouvernement avait promulgué en 2000 une loi interdisant
à ces professeurs l’exercice de l’enseignement. Toutefois,
face à la grogne des professeurs, le ministère de
l’Enseignement supérieur a commencé début mars à amender
l’article 123 de la loi sur les universités promulguée en
2000. Conformément à cet amendement, les professeurs âgés de
70 ans ou plus peuvent travailler mais seulement sur
recommandation d’une commission d’experts dépendant du Haut
Conseil des universités.
L’amendement prévoit en outre l’octroi d’un système de
primes. Mais cet amendement ne plaît pas aux professeurs qui
avaient l’espoir de revenir à l’ancienne loi de 82 qui leur
donnait le droit d’enseigner jusqu’à l’invalidité du fait
qu’ils représentent une vraie richesse pour les universités.
« Nous voulons le retour à l’ancienne loi », réclame Saïd
Salama, ex-professeur
d’université. La clause 123 est l’un des principaux
points de discorde de la loi de 2000.
Moufid Chéhab, qui était
à l’époque ministre de l’Enseignement supérieur, avait
insisté sur le fait que ce système vise à donner
l’opportunité aux plus jeunes d’acquérir de l’expérience et
de s’impliquer dans la vie universitaire.
Cependant, les professeurs ont l’impression que la clause
123 met en cause leurs capacités
professionnelles et académiques. « Est-ce que
l’expérience constitue de nos jours un défaut ? Si cette
clause ne sera pas annulée, les universités vont perdre un
grand nombre de professeurs qui représentent une précieuse
expérience. Je préférerais alors travailler pour une
université étrangère ou privée, au moins là-bas nous sommes
plus appréciés, mieux payés et nous travaillons dans des
conditions nettement meilleures », déplore Kamal Riyad,
ancien professeur à la faculté de polytechnique de
l’Université de Hélouan. Le
système actuel autorise les professeurs à enseigner et à
superviser des thèses de doctorat jusqu’à 64 ans. A partir
de cet âge, les professeurs doivent demander tous les deux
ans le renouvellement de leurs fonctions auprès du Haut
Conseil des universités, et ce jusqu’à 70 ans au maximum. La
loi de 2000 avait annulé le système de prime que les
professeurs recevaient à côté de la pension de retraite.
Les professeurs critiquent aussi l’attitude du ministère de
l’Enseignement qui a commencé à préparer l’amendement il y a
un mois et l’a présenté au Parlement sans prendre leur avis.
« Le ministère n’a rien fait pour nous associer aux
préparations du nouveau texte. Du jour au lendemain, on a
découvert que le nouveau texte est en discussion au
Parlement », critique Mohamad Al-Moufti,
ex-professeur à l’Université de Hélouan.
Réaction du Haut Conseil des universités : « Pourquoi tout
ce remue-ménage ? C’est un fait que les personnes de 70 ans
ne soient plus aussi alertes. Pourquoi ne pas laisser la
place aux jeunes ? L’amendement a rempli toutes les demandes
des professeurs. Il prévoit la création d’une commission
regroupant ces professeurs dans le but de profiter de leur
expérience », assure Taghrid
Pacha, du Haut Conseil des universités.
Les
professeurs,
eux,
affirment qu’ils
poursuivront
leur
mobilisation
.
Mirande
Youssef