Al-Ahram Hebdo, Economie | Du nouveau sur le marché
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 Semaine du 30 avril au 4 mai 2008, numéro 712

 

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Economie

Télécommunications . Une deuxième société de téléphonie fixe devrait prochainement entrer sur le marché, mettant fin au monopole de l’opérateur public Telecom Egypt.

Du nouveau sur le marché

« Trois nouvelles sociétés de télécommunications, la suédoise Ericsson, la saoudienne Farah et la koweïtienne Nour ont également acheté le cahier des charges de la deuxième ligne de téléphone fixe. Le nombre de candidats est donc passé à 10 », a annoncé le 23 avril, Amr Badawi, président de l’Organisme régulateur des télécommunications. La liste des candidats comprend de grandes sociétés dans le domaine des télécommunications telles que l’émiratie Etisalat, l’égyptienne Alkan, et la saoudienne Atheeb.

Le lancement d’une deuxième licence de téléphonie fixe, après 150 ans de monopole exercé par la société publique Telecom Egypt (TE), ouvre la porte pour la première fois dans ce domaine à une concurrence en faveur du consommateur. « Contrairement à toutes les prévisions, TE sera le premier bénéficiaire du lancement de la deuxième licence de téléphonie fixe qui entraînera la hausse de ses revenus », assure Moustapha Al-Gabali, expert en télécommunications. « Il sera très difficile au nouvel opérateur de créer de nouvelles infrastructures pour créer des réseaux similaires à ceux de TE. Et ce à cause de la hausse de leurs coûts qui varient entre 10 et 15 milliards de L.E. Il sera donc obligé au début de son activité de louer les infrastructures de TE et d’essayer d’offrir une nouvelle qualité de services », renchérit-il.

Amr Badawi le confirme. « L’Organisme régulateur des télécommunications va procurer à la nouvelle société les facilités nécessaires pour offrir ses services même dans les zones où il ne possède pas de réseaux, en louant les réseaux de TE », souligne-t-il.

Créée en 1998 comme une société publique après avoir remplacé l’Organisme national des télécommunications (Arento), Telecom Egypt possède un large réseau d’infrastructures de téléphone fixe couvrant les 28 gouvernorats de la République. Il est le plus grand fournisseur de services de téléphone fixe de la région de la MENA (Région Moyent-Orient et Afrique du Nord) avec plus de 11,23 millions d’abonnés en décembre 2007 en Egypte. La société offre aussi un large éventail de services d’appels locaux, internationaux et d’Internet. En 2006, elle a commencé à offrir les services du téléphone mobile en achetant 44,5 % de Vodafone. Ses profits nets ont augmenté de 4,4 % pour atteindre 2.5 milliards de L.E. en décembre 2007 suite à la hausse de ses revenus de 5 % pour s’aligner à 10 milliards de L.E. « Cette hausse revient en grande partie de l’augmentation des revenus provenant de Vodafone (soit 45 %), alors que les revenus des appels ne représentent que le tiers seulement », explique Mohamad Hamdi.

 

TE prend les devants

Pour attirer le maximum d’abonnés avant l’arrivée du second opérateur, TE a lancé l’année dernière une large campagne de réduction des frais de mise en fonctionnement du téléphone fixe de plus de 75 %. « En 3 mois seulement, TE a réussi à attirer 200 000 abonnés, soit la moitié du chiffre réalisé en une année », souligne Mohamad Hamdi, un analyste de télécoms auprès de la société de courtage CI Capital, qui écarte toute idée de concurrence entre TE et le nouvel opérateur à court terme. « La nouvelle société ne pourra posséder que 3 % du marché du téléphone fixe jusqu’en 2011, soit deux ans après son fonctionnement, car le nouvel opérateur sera obligé d’offrir des prix compétitifs par rapport à TE qui offre déjà des tarifs très réduits. Par exemple, la première minute d’un téléphone fixe à un autre fixe ne coûte que 6 piastres », commente-t-il, en ajoutant que la nouvelle société devrait viser les régions isolées et lointaines non couvertes par Telecom Egypt en créant des réseaux sans fil. « Malheureusement, ces zones se caractérisent par des niveaux de revenus très bas non encourageants », souligne-t-il. Opinion partagée par Amr Al-Alfi, directeur du département de recherches au sein de la société CI Capital qui explique que « l’introduction de la nouvelle société dans le domaine des appels internationaux n’aura aucun effet sur TE. D’après la licence, la nouvelle société va obtenir un portail pour les appels internationaux qui ne servira que ses propres clients. Ce qui pourra menacer TE, c’est la victoire de l’émiratie Etisalat sur la licence. Car à ce moment-là, elle aura l’avantage de présenter les deux services, portable et fixe », avertit-il.

Le cahier des charges de la deuxième licence de téléphone fixe comprend l’introduction de nouvelles technologies telles que les services « Triple Play » permettant l’accès à Internet, la TV et les communications à travers le téléphone fixe. « Par l’introduction de ces services, les institutions, les hôpitaux et les grandes sociétés seront les clients de la nouvelle société dans la première phase de fonctionnement et ensuite les particuliers qui seront capables de payer les tarifs de ces services. Car le client pourra télécharger les films à travers un appareil lié au téléphone fixe au lieu de s’abonner aux chaînes satellites qui coûtent cher », explique Al-Gabali, en ajoutant que ce domaine représente notamment un champ de concurrence entre TE, la nouvelle société et les chaînes satellites. Opinion partagée par Nagui Anis, membre de la Chambre des télécommunications auprès de l’Union égyptienne des industries qui ajoute : « avec l’arrivée d’un nouvel opérateur qui n’aura d’autre objectif que la hausse de ses profits, la concurrence va engendrer une sorte de libéralisation des tarifs de la souscription et des appels locaux. Par exemple, la ligne coûte 1 500 L.E., alors qu’elle se vend au client à 280 L.E. seulement. Donc, la hausse des prix entraînera la hausse des revenus de la société ».

Le 19 juin est la date fixée pour présenter les offres techniques et financières des candidats. En attendant l’arrivée du deuxième opérateur qui changera la face de la téléphonie fixe dans le pays.

Gilane Magdi

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