Initiative . Un de nos
lecteurs commente le décret présidentiel relatif à la création de nouveaux gouvernorats,
notamment ceux de la ville du 6 Octobre et de Hélouan.
Multiplions nos atouts
6
Octobre, une des plus célèbres villes nouvelles, qui a vu le jour en 1979 selon
un décret présidentiel annoncé par l’ancien président Al-Sadate afin d’abriter
deux millions et demi de citoyens sur une surface de 408 km2, est devenue
aujourd’hui un gouvernorat à part entière qui renferme plusieurs régions. Je
crois que cette ville du nom de la victoire du 6 Octobre 1973 désire vraiment
être un gouvernorat, elle a réussi, grâce à l’accomplissement des
infrastructures, à absorber des milliers de citoyens résidents et des centaines
d’hommes d’affaires pour y investir. De grands projets privés ont été lancés
comme la Cité des médias et les universités privées comme celle du 6 Octobre et
d’Egypte pour la science et la technologie. L’axe du 26 Juillet est un autre
projet construit en faveur de ce nouveau gouvernorat, puisqu’il a pu le relier
au Caire. En ce qui concerne Hélouan, le deuxième nouveau gouvernorat, je crois
qu’il a besoin aussi d’avoir une administration spéciale et un gouvernorat qui
est chargé de tous ces problèmes, surtout qu’il renferme une grande région
industrielle entourée par d’autres régions habitées, ce qui cause un certain
nombre de problèmes, notamment environnementaux. Aussi, un des objectifs de
cette décision est le transfert de plusieurs ministères dans ces nouveaux
gouvernorats pour donner l’occasion au Caire de respirer et de réduire le flux
de la circulation. J’espère que la création d’une administration complète
présidée par un gouverneur pourra résoudre les différents problèmes et ne plus
donner l’occasion à plus d’actes de corruption. Cette décision pourra-t-elle
sauver Le Caire de l’étouffement ?
Amira Hassan,
Le Caire.
Dilemme
Je
suis en France en train de préparer une thèse de doctorat en Droit des
affaires, accentuée sur la propriété intellectuelle et le numérique. Dès que
j’ai débarqué dans le pays des lumières, je n’avais qu’un seul but : terminer
ma thèse le plus rapidement possible et rentrer en Egypte pour poursuivre ma
carrière académique.
Donc,
depuis trois ans et demi, j’ai consacré complètement ma vie en France à la
recherche et l’acquisition de connaissances. Je suivais mes cours à la fac avec
un grand enthousiasme, au point où je me retrouvais en train de faire plusieurs
formations en même temps : Master SC PO, un autre en droits de l’homme, et un
diplôme de droit comparé. J’ai terminé toutes ces formations avec un grand
succès (je me retrouve avec un bac+12), et en plus, j’ai réussi à publier
plusieurs recherches dans des revues juridiques reconnues (ex : Lamy,
Jurisclassuer). Actuellement, j’enseigne à la faculté et je continue de publier
mes articles. Un parcours qui peut paraître exemplaire pour tout étudiant
étranger. Je ne le crois pas.
Franchement,
plus je reste ici, plus je m’éloigne de l’Egypte. Je me demande comment je
pourrais réintégrer l’environnement du travail qui se trouve là-bas. Méfiance,
désordre, corruption, mépris de la liberté d’expression, manque de
planification, absence d’égalité des chances, absence d’esprit d’équipe,
répression policière, et surtout dégradation culturelle et intellectuelle
incontestable. Bref, je vois mal le retour au pays.
Mais,
lorsque je me dis que je reste, je commence à avoir honte de moi. Je me sens
toujours redevable vis-à-vis de mon pays, et surtout mon peuple. Ce pays, sans
doute pauvre, m’a permis de venir en France et de découvrir des valeurs que je
souhaite transmettre dès mon retour. Lorsque je vois les manifestations de la
faim en Egypte, je me dis que le montant de ma bourse pourrait nourrir quelques
familles et sauver les jeunes qui partent clandestinement à l’étranger en mettant
leur vie en danger. Qu’est-ce qui est préférable : envoyer des boursiers à
l’étranger ou sauver la vie d’une personne ? Toute la connaissance que j’ai
acquise changerait-elle la société égyptienne ? Que dois-je faire ? Rester en
France pour continuer une belle carrière au risque de ne pas faire mon devoir
vis-à-vis de mon peuple ? Ou rentrer combattre les clichés sociaux et
politiques ; une bataille perdue d’avance dans un pays où il n’y a pas de
changement depuis 30 ans, où la jeunesse est complètement marginalisée et les
réformes sont simplement une boule de neige ?
Dès
lors, je me pose ces questions, je déprime et désespère plus. Pour cette
raison, je pensais à écrire et partager mon expérience avec les lecteurs. Peut-être
quelqu’un est-il passé par cette phase et pourrait m’éclairer. Pour l’instant,
je retire la leçon : je suis la victime de ma propre réussite. Si je n’avais
pas réussi et intégré la société française, je ne me serais pas posé toutes ces
questions et je serais rentré tranquillement en Egypte.
Yassin El Shazly,
Doctorant à l’Université Jean Moulin
Lyon III, France
et maître assistant à l’Université de
Aïn-Chams, Le Caire, Egypte.
Pour une fin de crise
La
décision du président Moubarak de charger les forces armées et le ministère de
l’Intérieur de résoudre la crise du pain signifie que le président a annoncé
l’état d’urgence pour affronter cette crise qui s’aggrave d’une manière
incompréhensible.
En
fait, quand on compte les quantités de farine que l’Etat subventionne, on
trouve qu’elles sont suffisantes à la production de 210 millions de galettes
par jour à raison de 3 galettes pour chaque citoyen.
Mais
est-ce que la production de ces millions de galettes existe vraiment ? Certainement
pas, car le sac de farine qui se vend à 16 L.E. à la boulangerie se vend à 260
L.E. sur le marché international. En conséquence, il faudrait que le
propriétaire de la boulangerie soit un ange pour ne pas tomber dans la
tentation de vendre la moitié de ces quantités à 200 L.E. au moins dans les différentes pâtisseries.
Donc, l’intervention de l’Etat devrait sans doute garantir l’arrivée de la
farine à bon port.
Ensuite,
il reste le problème de l’arrivée de cette farine sous la forme de galettes au
prix de 5 piastres la pièce et sa distribution à des milliers de gens sans être
obligé de souffrir en faisant la queue devant les fours. Donc, on pourrait
résoudre ce problème par la création de kiosques ambulants, ou l’emballage du
pain dans des sacs et sa distribution par des jeunes. De cette façon, on
garantit la qualité du pain pendant sa distribution et, en même temps, on donne
une opportunité de travail à des milliers de jeunes dans tous les gouvernorats
d’Egypte. Le plus important, c’est l’arrivée du pain aux citoyens et la fin de
la mafia de tous genres.
Ossama Badawi,
Le Nouveau Caire.
Une libération à fêter comme il se doit
Le 25
avril est la date de la fête de la libération du Sinaï, occupé par Israël de
1967 à 1982. Le Sinaï est depuis le Traité de paix de 1979 divisé en deux
gouvernorats, celui du Nord qui renferme le nord et le centre du Sinaï, et
celui du Sud. En fait, cette partie de la terre égyptienne est très chère pour
la plupart des Egyptiens. Pour beaucoup de raisons politiques, religieuses et
touristiques, elle doit être l’objet de plus de considération de la part du
gouvernement, et son développement doit être une des priorités des projets
gouvernementaux. Ceci pour ne pas donner l’occasion à des extrémistes et des
destructeurs de résider dans cette région et la détruire et aussi pour ne pas
donner l’occasion à nos ennemis de penser une autre fois à violer cette terre. J’ai
appris que le gouvernement a mis en place un plan sur plus de 10 ans et qui
devrait être réalisé d’ici 2017 pour un coût de 21 milliards de L.E.
L’installation de l’infrastructure était la première préoccupation, afin
d’encourager le retour de ceux qui ont quitté le Sinaï et transformer ce
dernier en un gouvernorat attractif pour les habitants de la vallée du Nil. L’électricité
a été installée dans 96 % des régions du gouvernorat. Mais selon des
observateurs, ce bilan n’a pas réalisé ses objectifs initiaux. Il n’aurait pas
réussi à attirer autant d’habitants que le souhaitait le gouvernorat. On doit
donc changer de stratégie et lancer de nouveaux plans d’attraction pour pouvoir
développer le Sinaï et ne pas être une proie facile aux violateurs.
Hafez Wahdanne,
Le Caire.
Une décision irréfléchie
Je
suis outrée par cette décision du bâtonnier du Syndicat des acteurs. Cette
décision exige de tout acteur arabe de participer à un seul film par an. C’est
vrai qu’il faut « nettoyer » le cinéma égyptien, mais cette décision n’est pas
digne d’un professionnel.
L’intervention
du comédien Hicham Sélim à l’émission Al-Beit beitak concernant ce sujet m’a
profondément étonné. Il a dit : « On ne veut pas qu’un acteur arabe prenne la
place d’un acteur égyptien ».
Cela
me rappelle une intervention d’un extrémiste de la droite française lorsqu’il
dit : « Les immigrés prennent le travail des Français ».
Bref,
comme dit le proverbe français : « Il faut tourner la langue 7 fois dans la
bouche avant de parler ». Bon courage à tous et merci pour tout ce qu’offre
Al-Ahram Hebdo de place pour la libre expression.
Mona,