Exposition .
Pour fêter ses 70 ans, Adli
Rizqallah a choisi de
sélectionner des aquarelles, réalisées entre 1987 et
2007.Elles portent la marque de ses origines et de ses
profondes pensées.
Le concentré Rizqallah
Des
aquarelles douces et agitées à la fois, aux couleurs calmes
et relaxantes : beige, bleu ciel, jaune, ou plus criardes :
rouge et orange. Allures de femmes ou d’hommes, chevaux,
palmiers, maisons typiques de la
Haute-Egypte, restent ses motifs de prédilection. Car
pour célébrer son soixante dixième anniversaire, il était
tout à fait normal pour l’artiste, entouré de sa femme et de
ses amis, de rappeler ses origines
saïdi (de la Haute-Egypte),
dont il est constamment fier. Ses aquarelles portent
toujours les traces de son enfance rêveuse passée dans sa
ville natale du sud, Assiout. D’ailleurs, l’exposition
s’intitule « Saïdiyat ». Ses
aquarelles conviviales transmettent un langage silencieux,
des émotions variées et une certaine énergie discrète.
« Mes œuvres sont comme des êtres vivants. Quand je m’en
approche, j’éprouve des sentiments divers, exactement comme
lorsque je suis en face d’hommes aux tempéraments différents
», lance Rizqallah dont les
aquarelles calmes, fines, chaleureuses ou enragées vous
emportent dans son propre univers. Elles peuplent un monde
d’imagination et de sentiments. « Je sens l’amour, la paix
et même la rage quand je contemple ses peintures exposées »,
dit Fadia
Rizq, propriétaire de la galerie et amie proche de
l’artiste. En fait, c’est l’amour, la vie qui constituent le
sujet principal de ses aquarelles. Cela se ressent. « Je
crois en la vie dans la douceur. Cette dernière peut devenir
une grande force, c’est la force tranquille des femmes, à
titre d’exemple », ajoute Rizqallah.
C’est que le féminin est non seulement, selon lui, plus
puissant que le masculin, mais se caractérise aussi par
cette abondance d’émotions et cette capacité inépuisable de
donner. Cette singularité du style
Rizqallah a fait par exemple que l’infirmière
américaine Barbara Koch tombe amoureuse de ses œuvres.
Aujourd’hui, elle est la représentante
internationale des aquarelles de
Rizqallah et une de ses meilleures amies. « J’ai
toujours apprécié la beauté et la grâce des tableaux de
Adli. J’en suis toujours
fascinée car à chaque fois que je regarde ses peintures de
différents angles je découvre une nouvelle couleur et un
nouveau langage », explique-t-elle. Un nouveau langage aussi
bien qu’une créativité qui ne cessent d’impressionner. « Le
jeu des couleurs représente un côté essentiel dans ses
aquarelles ». La plupart de celles-ci sont archivées sur un
site Internet, un projet qui a commencé en janvier
2008 .
Shérine
Mounib