Al-Ahram Hebdo, Voyages | Une moisson d’or
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 Semaine du 23 au 29 avril 2008, numéro 711

 

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Egyptologie . A l’occasion de la célébration du cinquantenaire des fouilles tchèques en Egypte, une exposition a été inaugurée le 7 avril à la salle 44 du Musée égyptien pour un mois et demi.

Une moisson d’or

150 pièces de différentes dimensions et matières composent l’exposition intitulée « Découvrir l’Ancienne Egypte. 50 ans de collaboration archéologique égypto-tchèque ». Celle-ci, organisée par l’Institut tchèque d’égyptologie en coopération avec le Musée égyptien, se tient à l’occasion de la célébration du cinquantenaire des fouilles tchèques en Egypte. Toutes les pièces présentées proviennent du site d’Aboussir, région située dans les environs de Saqqara. Cela dit, les Tchèques opèrent dans différentes régions, comme celle d’Al-Heiz qui se trouve dans les environs de l’oasis Bahariya et dont les trésors remontent aux ères préhistorique et gréco-romaine. De plus, les Tchèques ont joué un rôle important dans les travaux de sauvetage des monuments de la Nubie antique qui avaient commencé dans les années 1950. A cet égard, « l’actuelle exposition qui se tient au Musée du Caire fait partie d’une série comprenant trois autres expositions ayant été organisées par les égyptologues tchèques dans différents endroits de l’Egypte », explique Hana Benesovska, organisatrice de l’exposition. Pour elle, chacune d’elles met en relief une région archéologique donnée avec ses caractéristiques historiques (voir encadré).

 

Raneferef, l’invité d’honneur

L’exposition du Musée du Caire représente les résultats des trois grandes missions, dirigées par Miroslav Verner, professeur d’égyptologie à la faculté des lettres de l’Université de Charles à Prague, et qui opèrent dans trois emplacements différents de divers styles et époques, mais faisant toutes parties de la région d’Aboussir : la première traite le complexe funéraire royal des Ve et VIe dynasties, la deuxième s’occupe des tombes des hauts fonctionnaires de la même période et la troisième traite des puits funéraires dont l’histoire remonte à la Basse-Epoque, soit les XXVe et XXVIe dynasties ainsi que la XXVIIe, celle des souverains perses. Mais apparemment, la Ve dynastie occupe la place la plus importante pour les Tchèques, puisque plus de la moitié des pièces exposées au Musée du Caire proviennent de cette époque. « Nous avons sélectionné les plus intéressantes et les plus belles trouvailles dérivées d’Aboussir », commente Benesovska.

Une statue en calcaire représentant le roi Râneferef, de la Ve dynastie, est le chef-d’œuvre de l’exposition. Trouvée en état de fragments, cette statue a été reconstituée par les restaurateurs tchèques, un travail qui reflète l’habileté des membres de la mission opérant sur le site. Une telle restauration a restitué la splendeur de la statue royale aux traits naturels et a mis en relief la finesse des sculpteurs de la Ve dynastie « qui ont transmis avec compétence leurs connaissances anatomiques malgré la fragilité de la matière de sculpture », reprend l’organisatrice. Toutes ces caractéristiques distinguent cette statue des trois autres qui représentent le même roi au sein de l’exposition.

La salle 44 au rez-de-chaussée du musée égyptien renferme aussi 9 statues en bois, figurant des captifs dont les traits varient entre asiatiques, libyens et nubiens. Ces statues représentent les prisonniers à genoux et les mains attachées aux côtés. « Elles faisaient partie du mobilier royal, symbolisant la lutte du roi contre le mal et le démon », explique Benesovska. D’ailleurs, elles reflètent encore la domination du souverain égyptien sur les peuples des pays voisins.

Renaissance d’une vie antique

Il y a également des papyrus qui retracent l’organisation administrative et économique des travaux du complexe funéraire de cette période. Ceux-ci montrent les différentes offrandes. Selon le professeur Jaromir Krejci, membre de la mission, ces archives semblent être les plus anciens documents administratifs rédigés sur papyrus découverts jusqu’à présent. A cette époque reculée, « tous les documents étaient plutôt gravés sur pierre, d’où vient l’originalité de ces archives exposées », reprend-t-il.

Autres pièces inédites que renferme l’exposition tchèque : « Une plaque sur laquelle sont représentés des flacons renfermant les sept huiles sacrées  protectrices des défunts dans l’au-delà », explique le professeur. Faites en albâtre, elles proviennent de la tombe d’Ini, fils du vizir Kar qui a été nommé juge au cours de la VIe dynastie. De ces flacons émanaient des odeurs qui apaisaient les divinités dévoreuses dans l’au-delà. Ceci dit, lorsqu’elles se rendaient compte que le défunt était coupable, elles dévoraient son cœur avant d’écouter sa défense. Quant à la Basse-Epoque, elle est représentée à l’exposition par les statuettes d’ouchebti en faïence bleue. Elles étaient découvertes dans le puits funéraire intact du prêtre Iufaa .

Doaa Elhami

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Plus que cinquantenaire

Les missions archéologiques tchèques ont commencé leurs travaux pendant les années 1950 du XXe siècle. A cette époque, le département de l’égyptologie a été fondé par Frantisek Lexa au sein de la faculté des lettres de l’Université de Charles à Prague. Plus tard, celui-ci a fondé l’Institut tchèque d’égyptologie dont le bureau du Caire fut installé par ses successeurs Jaroslv Cemy et Zbynek Zaba. Ainsi, l’Institut tchèque d’égyptologie a pu participé officiellement à la campagne du sauvetage des monuments de la Nubie dirigée par l’Unesco à l’époque. Celui-ci a mené avec compétence les études géologiques, archéologiques, anthropologiques et ethnologiques de la Nubie. Le gouvernement égyptien a beaucoup apprécié cette documentation scientifique détaillée. Ensuite, l’Institut tchèque a orienté ses missions archéologiques vers la région d’Aboussir, dans les environs de Saqqara. Plus tard, les Tchèques ont étendu leurs activités pour couvrir encore le village d’Al-Heiz qui se situe au nord de l’oasis de Bahariya. Cet emplacement comprend des monuments des périodes préhistorique et gréco-romaine.

En effet, l’Institut tchèque d’égyptologie a préféré de célébrer ses cinquante ans de collaboration avec l’Egypte en organisant des expositions à plusieurs reprises dans différents endroits. Chacune de ces expositions aborde un thème principal à travers lequel sont expliquées les activités tchèques. Ainsi a été organisée la première exposition au Musée de la Nubie, traitant en fait les travaux documentaires des égyptologues tchèques, lors de la campagne de Nubie. « C’est logique d’installer une telle exposition sur le lieu du chantier », commente Hana Benesovska, organisatrice de l’exposition. La deuxième présentation met en relief les travaux de fouilles, de restaurations et de préservation d’Aboussir. Cette exposition occupe actuellement la salle 44 au rez-de-chaussée du Musée égyptien, puisque c’est le plus proche musée du site concerné. Quant à la troisième, celle-ci se tiendra plutôt au Musée de l’oasis de Bahariya, la région qui renferme les sites archéologiques traités par les missions tchèques .

D. E.

 

 

 




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