Al-Ahram Hebdo, Voyages | Le ciel africain cherche la sûreté
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 23 au 29 avril 2008, numéro 711

 

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Aéronautique . EgyptAir Maintenance & Engineering a accueilli la semaine dernière, pour la deuxième fois, la plus grande conférence africaine pour la maintenance des appareils aéronautiques, MRO Afrique. Une exposition en marge a regroupé des compagnies aériennes de plusieurs pays autour du monde.

Le ciel africain cherche la sûreté

La sécurité de la navigation aérienne dans l’espace africain est à nouveau au centre des débats. Améliorer la sûreté et la maintenance de l’aviation civile sur le continent était le thème de réflexion de la 17e édition de la conférence et l’exposition annuelle de l’aviation africaine MRO Afrique (Airline Maintenance, Repair and Overhaul), dont les travaux ont démarré le 31 mars et ont duré jusqu’au 2 avril 2008, à l’hôtel Marriott du Caire. C’est la deuxième fois dans trois ans que cet événement aéronautique se tient en Egypte. En fait, cette conférence et cette exposition ont eu lieu à Johannesburg, en Afrique du Sud, l’année dernière. « L’Egypte est un pays important dans la région avec en plus une compagnie aérienne comme EgyptAir Maintenance & Engineering qui a beaucoup de rayonnement dans la région et qui a une grande capacité dans le domaine de la maintenance aéronautique. Et puis c’est très facile d’arriver en Egypte qui possède un grand nombre de lieux à visiter. C’est donc un endroit idéal pour le business et c’est pourquoi on a choisi l’Egypte pour tenir le 17e MRO Afrique », estime Dr Elijah Chingosho, directeur de la technique et de la formation de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).

MRO Afrique qui se tient chaque année dans un pays africain est en fait un grand salon dédié à l’activité de la maintenance aéronautique sur le continent africain et qui traite des spécificités de ce marché. Celui-ci a été organisé par African Aviation et Africa’s Aviation Industry Journal, en coopération avec EgyptAir Maintenance & Engineering et l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA). « MRO Afrique a réuni cette année plus de 200 participants, représentant de compagnies de maintenance aérienne, d’organisations internationales d’aviation et autres opérateurs du secteur aéronautique de différentes nationalités : outre les africaines, on peut compter des compagnies européennes, arabes et asiatiques. Les intervenants ont examiné plusieurs questions relatives aux problèmes qu’affrontent les compagnies aériennes africaines dans le domaine de la maintenance des avions et de l’aménagement des moteurs. Elles se sont aussi rendu compte de tout ce qui est nouveau en question de technologie moderne dans ce domaine pour pouvoir rationaliser le coût de l’aménagement des moteurs », annonce Abdel-Aziz Fadel, président du conseil d’administration d’EgyptAir Maintenance & Engineering.

Pas mal de thèmes ont été abordés sur la sûreté inscrite sur l’ordre du jour de la 17e MRO Afrique, de plus d’un point de vue maintenance. Critiquées pour leurs mauvaises performances et la fréquence des accidents sur un nombre connu de leurs lignes, les compagnies de sûreté et de maintenance du transport aérien africain se sont réunies cette année pour prendre des mesures fermes pour garantir la sûreté du ciel africain et appuyer sur l’importance du développement du secteur de la maintenance et de l’engineering aéronautique. Certes, la « liste noire » des 92 compagnies aériennes interdites de vol dans le ciel européen compte 83 qui sont essentiellement africaines, jugées très dangereuses. « La safety ou la sûreté des vols c’est une chose qui doit être améliorée en Afrique définitivement, puisque les statistiques sont là pour confirmer qu’il y a plusieurs problèmes en Afrique que d’autres parties du monde. La safety est donc un thème abordé chaque année dans la conférence de MRO Afrique. La maintenance est un rôle évidemment important à jouer pour améliorer la sécurité des vols. Ce n’est pas en fait le seul élément, mais c’est un élément très important. Il y a évidemment un tas d’autres paramètres, notamment dans les opérations de vol : le fait de faire par exemple de l’analyse de vol systématique est un facteur de safety important », indique Alain Devienne, directeur général du département du développement des projets-business d’ATS International, Groupe Aeroconseil. « Le problème paraît seulement dans les compagnies aériennes des pays où il y a la guerre ou des conflits comme la République démocratique du Congo. L’AFRAA a publié la liste de ces Etats et les a interpellés pour apporter des mesures correctives. L’année dernière confirme une réduction du nombre des accidents dans le ciel africain. D’autres pays africains comme l’Egypte, le Maroc, la Libye, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud et le Kenya, témoignent en fait d’une sûreté de classe supérieure », souligne Elijah Chingosho.

Le rôle des compagnies aériennes africaines dans le domaine du développement des systèmes de sécurité, des forums de la bonne maintenance des aéroports du continent ainsi que des critères de la qualité et de la sûreté des lignes aériennes africaines, figure aussi parmi les sujets étudiés au cours de la rencontre. Les débats ont également tourné autour de différents axes qui interviennent toujours dans la sécurité comme l’importance de la formation des employés et de la réforme interne des compagnies africaines. « Je pense que le principal facteur, c’est la formation de base et ensuite la formation sur les procédures à mettre en place pour garantir la navigabilité des avions. La formation personnelle mais également la formation de la compagnie sur l’organisation de mettre en place les procédures,  de développer les directions qualité qui ont un rôle absolument fondamental dans la garantie de la sécurité des vols, puisque la qualité est chargée de surveiller et de définir ce qu’il faut faire, et de surveiller effectivement que les choses sont faites telles qu’elles sont prévues devoir être faites », explique Alain Devienne. Les intervenants se sont d’ailleurs penchés sur les moyens susceptibles de permettre aux compagnies aériennes africaines de faire face aux grands groupes dans le domaine de l’industrie aéronautique.

A, entre autres, participé à MRO Afrique, Air France industrie et KLM ingénierie et maintenance (AF Industries–KLM E & M). « Nous sommes généralement sponsor et également présent avec un speaker qui a illustré nos activités et a fait un partage d’expérience. Nous sommes associés depuis de longues années à cet événement qui est important pour nous parce qu’il draine une grosse partie de compagnies de la région Afrique, donc un public de grande qualité et beaucoup de décideurs. C’est donc un endroit qui est excellent pour développer les affaires dans la région », explique Marie-Claire Nomivossoff, directrice de marketing chez AF Industries–KLM E & M.

La branche Air Transport Services du Groupe Aeroconseil a aussi exposé l’ensemble de ses services lors du MRO Afrique. « Nous sommes simplement exposants depuis déjà six ans au MRO Afrique. C’est notre deuxième participation en Egypte. Aeroconseil est une société française basée à Toulouse et qui propose aux compagnies aériennes des services dans le domaine de l’engineering maintenance et l’engineering opération vol. En ce qui concerne la maintenance, nous aidons, entre autres, les compagnies aériennes à faire l’acquisition des avions à seconde main et donc vérifier toutes les conditions contractuelles techniques », indique Alain Devienne. La 17e édition de MRO Afrique a aussi regroupé d’autres grands noms dans le domaine de la maintenance aéronautique, citons : Boeing, Lufthansa, Volvo Aero, la compagnie chinoise Ameco Beijing, Delta TechOps, etc.

Au terme de la conférence, les participants ont été invités à la visite des locaux de la compagnie EgyptAir Maintenance & Engineering. Ils se sont rendus au complexe des moteurs, le hangar 8 000, les entrepôts et le complexe des éléments mécaniques. Ils ont été accueillis ensuite par le département de la formation de la compagnie holding EgyptAir.

Amira Samir

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EgyptAir à la quête de nouveaux clients

Rolls-Royce a conclu des engagements de gestion avec EgyptAir à retombées industrielles et régionales.

 

La compagnie holding EgyptAir a signé l’MAU du renouvellement d’un contrat de gestion avec le motoriste britannique Rolls-Royce. Le premier contrat a été signé en 2003 et devrait prendre fin au terme de l’année 2008 en cours, ce qui a nécessité son renouvellement pour cinq autres années. « Ce contrat porte notamment sur une gestion commune du complexe des moteurs de la compagnie EgyptAir Maintenance & Engineering. Selon ce contrat, EgyptAir se chargera de la gestion administrative et Rolls-Royce de la gestion technique pour pouvoir continuer le transfert de la technologie », explique Abdel-Aziz Fadel, président du conseil administratif d’EgyptAir Maintenance & Engineering qui a témoigné les années dernières d’un développement énorme et d’un essor touché, ce qui lui a permis de gagner une confiance au niveau de la région arabe et africaine.

En fait, Rolls-Royce est un chef de file mondial dans le domaine des moteurs pour l’aérospatiale civile et de défense. Le motoriste britannique a été retenu par EgyptAir pour la fourniture et la maintenance de moteurs Trent 700 destinés à l’équipement de 8 Airbus A330 dont la livraison est prévue en 2011. « Les moteurs sont le trésor de la compagnie de maintenance. Cependant, la maintenance des moteurs est coûteuse et leurs composants sont très chers, parce qu’ils sont très sophistiqués et les gens qui y travaillent doivent être très bien formés. La maintenance d’un petit moteur coûte environ 2 millions de dollars américains, tandis que celle d’un moteur gigantesque peut atteindre 7 ou 8 millions de dollars », indique Atef Abdel-Hamid, président du conseil administratif d’EgyptAir.

Une réception cinq étoiles a été organisée à cet égard dans les locaux EgyptAir Maintenance & Engineering pour célébrer la signature. Des représentants de la compagnie Lufthansa Technik étaient aussi présents dans cette réception. « On a invité des gens de Lufthansa Technik qui suit Lufthansa Group, pour les convaincre de s’adhérer à notre contrat avec Rolls-Royce. Lufthansa Technik a évidemment beaucoup de clients européens et peut nous aider dans le marketing de nos travaux en Europe », souligne l’ingénieur Atef Abdel-Hamid .


A.   S.

 




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