Aéronautique .
EgyptAir Maintenance & Engineering a accueilli la semaine
dernière, pour la deuxième fois, la plus grande conférence
africaine pour la maintenance des appareils aéronautiques,
MRO Afrique. Une exposition en marge a regroupé des
compagnies aériennes de plusieurs pays autour du monde.
Le ciel africain cherche la sûreté
La
sécurité de la navigation aérienne dans l’espace africain
est à nouveau au centre des débats. Améliorer la sûreté et
la maintenance de l’aviation civile sur le continent était
le thème de réflexion de la 17e édition de la conférence et
l’exposition annuelle de l’aviation africaine MRO Afrique (Airline
Maintenance, Repair and Overhaul), dont les travaux ont
démarré le 31 mars et ont duré jusqu’au 2 avril 2008, à
l’hôtel Marriott du Caire. C’est la deuxième fois dans trois
ans que cet événement aéronautique se tient en Egypte. En
fait, cette conférence et cette exposition ont eu lieu à
Johannesburg, en Afrique du Sud, l’année dernière. « L’Egypte
est un pays important dans la région avec en plus une
compagnie aérienne comme EgyptAir Maintenance & Engineering
qui a beaucoup de rayonnement dans la région et qui a une
grande capacité dans le domaine de la maintenance
aéronautique. Et puis c’est très facile d’arriver en Egypte
qui possède un grand nombre de lieux à visiter. C’est donc
un endroit idéal pour le business et c’est pourquoi on a
choisi l’Egypte pour tenir le 17e MRO Afrique », estime Dr
Elijah Chingosho, directeur de la technique et de la
formation de l’Association des compagnies aériennes
africaines (AFRAA).
MRO Afrique qui se tient chaque année dans un pays africain
est en fait un grand salon dédié à l’activité de la
maintenance aéronautique sur le continent africain et qui
traite des spécificités de ce marché. Celui-ci a été
organisé par African Aviation et Africa’s Aviation Industry
Journal, en coopération avec EgyptAir Maintenance &
Engineering et l’Association des compagnies aériennes
africaines (AFRAA). « MRO Afrique a réuni cette année plus
de 200 participants, représentant de compagnies de
maintenance aérienne, d’organisations internationales
d’aviation et autres opérateurs du secteur aéronautique de
différentes nationalités : outre les africaines, on peut
compter des compagnies européennes, arabes et asiatiques.
Les intervenants ont examiné plusieurs questions relatives
aux problèmes qu’affrontent les compagnies aériennes
africaines dans le domaine de la maintenance des avions et
de l’aménagement des moteurs. Elles se sont aussi rendu
compte de tout ce qui est nouveau en question de technologie
moderne dans ce domaine pour pouvoir rationaliser le coût de
l’aménagement des moteurs », annonce Abdel-Aziz Fadel,
président du conseil d’administration d’EgyptAir Maintenance
& Engineering.
Pas mal de thèmes ont été abordés sur la sûreté inscrite sur
l’ordre du jour de la 17e MRO Afrique, de plus d’un point de
vue maintenance. Critiquées pour leurs mauvaises
performances et la fréquence des accidents sur un nombre
connu de leurs lignes, les compagnies de sûreté et de
maintenance du transport aérien africain se sont réunies
cette année pour prendre des mesures fermes pour garantir la
sûreté du ciel africain et appuyer sur l’importance du
développement du secteur de la maintenance et de
l’engineering aéronautique. Certes, la « liste noire » des
92 compagnies aériennes interdites de vol dans le ciel
européen compte 83 qui sont essentiellement africaines,
jugées très dangereuses. « La safety ou la sûreté des vols
c’est une chose qui doit être améliorée en Afrique
définitivement, puisque les statistiques sont là pour
confirmer qu’il y a plusieurs problèmes en Afrique que
d’autres parties du monde. La safety est donc un thème
abordé chaque année dans la conférence de MRO Afrique. La
maintenance est un rôle évidemment important à jouer pour
améliorer la sécurité des vols. Ce n’est pas en fait le seul
élément, mais c’est un élément très important. Il y a
évidemment un tas d’autres paramètres, notamment dans les
opérations de vol : le fait de faire par exemple de
l’analyse de vol systématique est un facteur de safety
important », indique Alain Devienne, directeur général du
département du développement des projets-business d’ATS
International, Groupe Aeroconseil. « Le problème paraît
seulement dans les compagnies aériennes des pays où il y a
la guerre ou des conflits comme la République démocratique
du Congo. L’AFRAA a publié la liste de ces Etats et les a
interpellés pour apporter des mesures correctives. L’année
dernière confirme une réduction du nombre des accidents dans
le ciel africain. D’autres pays africains comme l’Egypte, le
Maroc, la Libye, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud et le Kenya,
témoignent en fait d’une sûreté de classe supérieure »,
souligne Elijah Chingosho.
Le rôle des compagnies aériennes africaines dans le domaine
du développement des systèmes de sécurité, des forums de la
bonne maintenance des aéroports du continent ainsi que des
critères de la qualité et de la sûreté des lignes aériennes
africaines, figure aussi parmi les sujets étudiés au cours
de la rencontre. Les débats ont également tourné autour de
différents axes qui interviennent toujours dans la sécurité
comme l’importance de la formation des employés et de la
réforme interne des compagnies africaines. « Je pense que le
principal facteur, c’est la formation de base et ensuite la
formation sur les procédures à mettre en place pour garantir
la navigabilité des avions. La formation personnelle mais
également la formation de la compagnie sur l’organisation de
mettre en place les procédures, de développer les
directions qualité qui ont un rôle absolument fondamental
dans la garantie de la sécurité des vols, puisque la qualité
est chargée de surveiller et de définir ce qu’il faut faire,
et de surveiller effectivement que les choses sont faites
telles qu’elles sont prévues devoir être faites », explique
Alain Devienne. Les intervenants se sont d’ailleurs penchés
sur les moyens susceptibles de permettre aux compagnies
aériennes africaines de faire face aux grands groupes dans
le domaine de l’industrie aéronautique.
A, entre autres, participé à MRO Afrique, Air France
industrie et KLM ingénierie et maintenance (AF Industries–KLM
E & M). « Nous sommes généralement sponsor et également
présent avec un speaker qui a illustré nos activités et a
fait un partage d’expérience. Nous sommes associés depuis de
longues années à cet événement qui est important pour nous
parce qu’il draine une grosse partie de compagnies de la
région Afrique, donc un public de grande qualité et beaucoup
de décideurs. C’est donc un endroit qui est excellent pour
développer les affaires dans la région », explique
Marie-Claire Nomivossoff, directrice de marketing chez AF
Industries–KLM E & M.
La branche Air Transport Services du Groupe Aeroconseil a
aussi exposé l’ensemble de ses services lors du MRO Afrique.
« Nous sommes simplement exposants depuis déjà six ans au
MRO Afrique. C’est notre deuxième participation en Egypte.
Aeroconseil est une société française basée à Toulouse et
qui propose aux compagnies aériennes des services dans le
domaine de l’engineering maintenance et l’engineering
opération vol. En ce qui concerne la maintenance, nous
aidons, entre autres, les compagnies aériennes à faire
l’acquisition des avions à seconde main et donc vérifier
toutes les conditions contractuelles techniques », indique
Alain Devienne. La 17e édition de MRO Afrique a aussi
regroupé d’autres grands noms dans le domaine de la
maintenance aéronautique, citons : Boeing, Lufthansa, Volvo
Aero, la compagnie chinoise Ameco Beijing, Delta TechOps,
etc.
Au terme de la conférence, les participants ont été invités
à la visite des locaux de la compagnie EgyptAir Maintenance
& Engineering. Ils se sont rendus au complexe des moteurs,
le hangar 8 000, les entrepôts et le complexe des éléments
mécaniques. Ils ont été accueillis ensuite par le
département de la formation de la compagnie holding EgyptAir.
Amira
Samir