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 Semaine du 23 au 29 avril 2008, numéro 711

 

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Sports

Squash. L’Egyptien Mohamad Al-Chorbagui, 17 ans, crée la surprise en atteignant les quarts de finale de l’Open d’Hurghada. 

Chorbagui, un invité de marque 

« Contrôle le jeu, Mohamad ! … Courage Chorbagui ! … ». Le public égyptien était là pour soutenir Mohamad Al-Chorbagui, aucun doute, bien que l’Open d’Hurghada ait été son premier grand événement en Egypte. 84e au classement PSA (Association des joueurs professionnels de squash), Chorbagui a pu concourir dans cette édition de l’Open d’Hurghada grâce à une invitation.

Le parcours de Chorbagui lors de cette édition pleine de surprises ne fut pourtant pas aisé.

Lors de son premier match du premier tour, il s’est opposé au Malaysien Ong Beng Hee, actuel n°12 mondial et l’un des joueurs expérimentés en circuit professionnel. « Lors de notre dernier set, décisif, je me suis dit que je ne devais prendre aucun risque. En même temps, Hee a perdu sa concentration et j’ai pu profiter de ces quelques minutes pour remporter le match », note Chorbagui qui a remporté cette rencontre sur le score de 3 sets à 2, se qualifiant ainsi pour les quarts de finale, qui l’ont opposé à son compatriote et actuel n°1 mondial et champion du monde en titre Amr Chabana.

Une consécration pour Chorbagui, qui non seulement était heureux d’avoir atteint ce niveau de la compétition, mais qui aussi allait enfin pouvoir rencontrer Chabana. « Son jeu m’a beaucoup impressionné. C’est un joueur très puissant. Durant la rencontre, je devais bien jouer et beaucoup me concentrer pour pouvoir le battre », souligne Amr Chabana, qui l’a battu sur le score de 3 à 1. Personne n’imaginait que ce jeune joueur âgé seulement de 17 ans pouvait voler un set à l’expérimenté Chabana. « Si vous suivez les scores des sets, vous allez voir comment j’ai été tout prêt de Chabana : 11/5-14/12-6/11-12/10. Mais je ne possède pas encore son expérience dans les moments décisifs des matchs », note Chorbagui, qui jouait avec un grand courage et l’ambition de remporter le match.

Chorbagui a fait ses études dans une école en Angleterre, pays berceau du squash. Ce qui lui a donné l’opportunité de s’entraîner et de faire partie du puissant championnat anglais. « Mon entraîneur anglais, Jonah Barrington, suit le style européen qui dépend d’une forte condition physique, mais en même temps, il aime le jeu égyptien qui dépend des techniques de jeu. C’est pourquoi j’arrive à avoir un niveau équivalent dans ces deux compartiments. Ce qui représente un avantage pour moi en comparaison avec beaucoup d’autres joueurs », renchérit Chorbagui connu pour ses mouvements parfaits en plein court ainsi que sa grande taille de 185 cm qui lui permet de contrôler le jeu.

S’il n’a pu battre le n°1 mondial lors de cet Open d’Hurghada, le tournoi lui permettra en tout cas d’améliorer sensiblement son classement actuel de 84e mondial, puisqu’il devrait gagner près de 20 places. « Je suis très occupé par mes études, sinon j’aurais participé à deux tournois importants : Cheikhat Al-Saad à Koweït et le British Open, qui pourraient m’introduire dans le top 50 », note Chorbagui qui se contente pour l’instant de se préparer à un nouveau titre en Championnat du monde juniors qui aura lieu au mois de juillet prochain. « J’ai remporté le British Open des moins de 17 ans et le British Open des moins de 19 ans aussi. Champion du monde semble être pour moi un titre très prestigieux ... Je vais faire de mon mieux pour le remporter mais aussi je veux être le n°1 égyptien en compétition par équipes, j’espère réaliser un grand exploit », conclut Chorbagui, un des fruits de la promotion du squash égyptien qui garantira sans doute à l’Egypte un futur en circuit de squash .

Chourouq Chimy

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Andrew Shelley, directeur exécutif de la WISPA (Association internationale des joueuses professionnelles de squash), analyse l’évolution du squash en Egypte, et la promotion du squash féminin dans le monde entier. 

« Nous voulons montrer au monde que nous grandissons » 

Al-Ahram Hebdo : L’Open d’Hurghada en est à sa 11e édition, quel bilan peut-on faire de cet événement égyptien ?

Andrew Shelley : Avant tout, il faut admettre que ce tournoi présente une grande qualité de squash. Cet événement a évolué à différents aspects. Premièrement, ce tournoi a fait ses débuts comme les finales du Grand Prix féminin, ce qui limitait le nombre de participants aux 8 premières joueuses du monde. Maintenant, il est ouvert à beaucoup de joueuses avec des tours qualificatifs et une carte d’invitation. C’est à mon avis une vraie compétition de squash, même si elle a baissé de catégorie vu son total de prix. Après 11 ans, l’Open d’Hurghada a réalisé une grande promotion pour le squash, c’est un tournoi important inscrit dans notre dossier pour promouvoir l’adhésion du squash comme sport olympique. De plus, cette année, il a réintégré la compétition masculine, ce qui en fait un tournoi de poids.

— D’aucuns disent que l’Open d’Hurghada n’est qu’un tournoi local qui fait la promotion des joueurs égyptiens ...

— Je ne suis pas d’accord avec ces propos, car il existe beaucoup de joueurs étrangers qui font partie de la compétition. Mais même si c’était le cas, je ne vois pas où est le problème. En fait, l’Egypte est devenue un exemple à suivre. D’autres pays arabes et des 4 coins du monde l’imitent. Maintenant, des tournois féminins s’organisent à Bahreïn et au Koweït, qui visent à promouvoir ce sport. Le squash n’est plus cantonné à l’Angleterre, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le squash, c’est aussi l’Egypte, la Malaisie, le Mexique, l’Italie et d’autres pays.

Dernièrement, j’ai installé des courts en plexiglas pour des tournois de squash au Viêt-nam, par exemple, car ils possèdent un ou deux joueurs de talent et ils veulent les soutenir. C’est une vraie promotion du squash. Ici à Hurghada, c’est magnifique de voir les touristes du monde entier passer sur l’artère principale et jeter un coup d’œil sur les courts, c’est une grande promotion pour ce sport. Cela, sans compter le rôle que joue ce tournoi pour les joueurs égyptiens. Avant l’Open d’Hurghada, il n’y avait aucune joueuse égyptienne dans le top 20, et même en dehors du top 20, à part Salma Chabana. Maintenant, il y a 2 joueuses en top 20 : Omniya Abdel-Qawi, n°9 mondial, et Inji Khairallah, n°16 mondial. Cela sans compter des joueuses très talentueuses comme Ranim Al-Weleili, n°24 mondial, et d’autres. Je suis sûr que dans 5 ans, l’Egypte en circuit féminin évoluera encore et encore comme c’est le cas actuellement en circuit masculin.

— Vous avez parlé des Jeux olympiques, le squash possède-t-il actuellement plus de chance de devenir un sport olympique ?

— A mon avis, le squash a une grande chance actuellement. L’année prochaine, les responsables de ce dossier se réuniront au Danemark pour discuter de cette affaire. Ils ont déjà annulé les compétitions de base-ball et de softball.

Donc, oui, on a des chances. A ce moment-là, le sort du squash changera et celui de l’Egypte bien sûr avec ses joueurs qui pourront sans mal collecter des médailles. Nous voulons montrer au monde que nous grandissons .

Propos recueillis par Ch. Ch.

 




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