L’Egypte au Salon du livre de
Londres
Mohamed Salmawy
Avec Jimmy Carter
Salama A. Salama
Le chômage vu par un homme
d’affaires
Morsi Attalla
L’absence du social chez les
Frères musulmans
Hossam Tammam
EDITO
Statu quo
Il
devrait y avoir encore au moins 100 000 soldats américains en Iraq à la fin de
l’année et si un président mène les Etats-Unis à la fin de la guerre, celui-ci
ne sera pas celui qui l’a déclarée, George W. Bush, mais celui ou celle qui lui
succédera.
C’est
la conclusion d’une semaine au cours de laquelle l’Iraq a repris dans
l’actualité américaine, après plus de cinq années de guerre, une grande part de
la place cédée récemment à la peur de la récession économique.
Les
décisions annoncées par M. Bush et les longues auditions des responsables
militaires et civils en Iraq qui ont servi de prélude n’ont surpris personne,
tant le président y avait préparé des Américains toujours majoritairement
opposés à la guerre. Elles ont donné lieu à la confrontation désormais
familière sur le sujet : cette guerre en vaut-elle la peine et quand
prendra-t-elle fin ? Cette question est l’une des grandes querelles de la
campagne présidentielle.
Mais
la décision de M. Bush de geler la réduction des effectifs après juillet et le
rapatriement de cinq brigades de combat signifie qu’il devrait rester environ
140 000 soldats en Iraq à l’automne, quelques mois avant qu’il ne quitte la
Maison Blanche. M. Bush n’a pas exclu qu’il reste 140 000 soldats en Iraq quand
il partira en janvier 2009. De son côté, le secrétaire à la Défense, Robert
Gates, a déclaré avoir abandonné l’espoir d’un passage du niveau des forces
américaines à 100 000 hommes à la fin de l’année. A la fin de l’an dernier, M.
Gates avait exprimé l’espoir que le niveau des troupes engagées en Iraq
continuera de baisser au cours de l’année 2008. S’il n’avait pas fait état de
chiffres précis, il avait convenu à l’époque qu’une baisse logique aboutirait à
maintenir sur le terrain une dizaine de brigades, soit environ 100 000 hommes,
d’ici la fin de l’année. Il y a actuellement environ 158 000 soldats américains
en Iraq.
Les 45
jours « d’évaluation » préconisés par le général Petraeus
mènent tout près de l’élection, et l’annonce de nouveaux retraits pourrait
servir le candidat républicain.
Mais
le général Petraeus s’est obstinément gardé de dire
quelles conditions permettraient davantage de retraits. D’innombrables
inconnues rendent les prédictions aléatoires : l’évolution de la violence, la
persistance de tribus sunnites dans le combat au côté des Américains,
l’attitude du chef radical chiite Moqtada Sadr, le déroulement d’élections provinciales en octobre,
mais aussi les pressions sur les effectifs de l’armée alors que M. Bush a
promis davantage de troupes en Afghanistan.