Le chômage vu par un homme d’affaires
Morsi Attalla
Il
incombe aux hommes d’affaires égyptiens de jouer un rôle
important dans le développement de la société en lançant
plus de projets pour élargir les offres d’emploi.
J’aimerais présenter l’opinion d’un homme d’affaires
espérant que sa lettre constituera le début d’un dialogue
social civilisé et transparent. Et ce, loin des clivages
entre la minorité aisée et la majorité qui a le droit
d’aspirer à une vie décente où sont garantis ses besoins
élémentaires les plus simples.
J’aimerais tout d’abord confirmer que j’ai reçu cette lettre
de l’homme d’affaires Mohamad Chafiq Gabr il y a plus de
deux mois, exactement le 17 février dernier. C’est-à-dire
qu’elle n’est pas une réaction aux événements des dernières
semaines.
Il écrit dans sa lettre : « Si vous demandez à quiconque
dans la rue les raisons de la dépression des jeunes et
surtout des diplômés universitaires dont le nombre s’élève à
près d’un million par an, il vous répondra que c’est le
chômage et le manque d’offres d’emploi. Par contre, si vous
demandez à n’importe quel responsable des ressources
humaines dans n’importe quelle compagnie égyptienne, il vous
répondra que c’est le manque de cadres qualifiés dans les
diverses spécialisations et notamment celles impliquant la
créativité.
C’est une équation compliquée. Nous avons d’un côté des
chômeurs et des diplômés par milliers et de l’autre côté une
crise de formation car l’enseignement de ces jeunes ne
correspond pas aux besoins du marché de travail. Les jeunes
ne trouvent pas de travail et ne savent que faire, alors que
les propriétaires des compagnies sont assis dans leurs
bureaux et leurs usines cherchant en vain un ouvrier
compétent ou un employé capable de créativité.
Je ne serais pas tout à fait honnête si je disais que le
gouvernement n’accomplit pas son rôle. Cependant, les
conjonctures régionales et internationales ont beaucoup
changé. Le gouvernement ne peut pas être responsable, comme
dans le passé, de tout dans le pays sans la participation du
citoyen. Chaque citoyen doit déployer un plus grand effort
pour réaliser de meilleurs résultats. Il est temps que le
gouvernement laisse le citoyen se développer à sa manière et
compter sur lui-même, sur sa pensée et sur ses capacités
pour s’auto-développer.
Des statistiques officielles de l’Organisme central de la
mobilisation et des statistiques et du ministère de la
Main-d’œuvre ont dévoilé qu’il y avait plus de 30 000 offres
d’emploi par an dans les secteurs de la production en Egypte
et qu’il n’y avait personne pour les occuper. Non à cause du
manque des diplômés universitaires, mais à cause du manque
de compétences et du recul du niveau de formation. Les
compétences des diplômés universitaires ne s’accordent
nullement aux demandes du marché de travail, aux équipements
sophistiqués et aux nouvelles technologies employées dans la
production locale.
Nous avons grand besoin de résoudre cette crise qui a
découlé des larges mutations locales et internationales. Il
est indispensable de dépasser cette étape transitoire pour
passer d’une économie refermée dépendante de l’Etat à une
économie ouverte flexible et compétitive. Ceci ne peut se
réaliser qu’à travers l’activation du rôle du secteur privé
et la coopération de la société civile. C’est alors
seulement que le citoyen pourra participer, se développer et
réfléchir sans compter sur son père spirituel, le
gouvernement ».