Ils ont dit
« Il ne faut pas oublier que, pour nourrir leur population,
les Etats dépendent de la liberté du commerce. Or, nous
voyons déjà des actions prises au niveau national — comme
celle de limiter des exportations de produits alimentaires
en référence à une récente décision de l’Egypte qui a fait
monter les cours du riz — avoir des effets dévastateurs au
niveau mondial ... Les prix du riz sur le marché mondial ont
augmenté de plus de 50 % depuis le début de l’année et les
prix de la plupart des autres denrées alimentaires sont en
nette hausse ».
Dominique Strauss-Kahn,
le
directeur général du FMI.
« L’Egypte, en particulier, avait témoigné, ces derniers
mois, d’une vague intense de hausse de prix, qui s’est
concentrée, en principe, sur les denrées alimentaires dont
les prix se sont envolés, en moyenne, de plus de 50 %. Quant
aux prix du fer, du ciment, des engrais, et de l’immobilier,
en plus de ses loyers, ils ont subi une augmentation d’un
pourcentage qui dépasse les 100 % de leur valeur il y a un
an plus tôt. Cette cherté de vie a frappé le plus les
pauvres et ceux à revenu presque constant, comme les
ouvriers, les employés et les retraités, puisque les
rentrées de ces derniers ne bougent souvent qu’après le
mouvement des prix et à un niveau beaucoup plus inférieur
qu’à la hausse. Une situation qui va élargir le fossé entre
les classes et approfondir l’angoisse sociale, avec toutes
les tensions et les explosions qui en résulteront ».
Ahmad Al-Naggar,
expert
économique au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques
(CEPS)
d’Al-Ahram.
« La flambée des prix alimentaires qui a donné lieu à des
émeutes de la faim constitue un
véritable drame humain. Le prix mondial du blé a
presque triplé en trois ans, doublé en un an, celui du riz a
pu augmenter de plus de 50 % depuis janvier. Le coût d’un
repas a été surenchéri de 40 % en un an dans les pays
pauvres. Là où l’alimentation représente jusqu’à 75 % du
budget d’un ménage, ces hausses de prix s’avèrent
catastrophiques. Elles pourraient refaire passer des
millions de gens sous le seuil de pauvreté et effacer des
années d’efforts de développement ».
Emmanuel Martin,
docteur-chercheur
en économie,
éditorialiste
pour www.unmondelibre.org
« Je suis vraiment étonné. Comment jusqu’à aujourd’hui on
n’arrive pas à faire pousser du blé à Tochka ? Qui peut
s’imaginer qu’avec ces quantités énormes d’eau disponible,
nous avons 200 000 feddans délaissés à Tochka, dont 100 000
appartiennent à un émir arabe et les 100 000 autres
appartiennent à une compagnie gouvernementale qui n’a pas
les moyens de les cultiver ? ».
Diaa Al-Quoussi,
conseiller
du ministère des Ressources
hydrauliques
et de l’Irrigation.