Crise Alimentaire Mondiale.
Le gouvernement égyptien s’est trouvé obligé d’augmenter le
nombre de bénéficiaires des cartes d’approvisionnement à la
suite de la hausse des prix des denrées alimentaires.
Parer au pire
15
millions de personnes, c’est le nombre additionnel de
citoyens qui profiteront des subventions accordées aux
denrées alimentaires, selon les récentes déclarations de Ali
Al-Mosselhi, ministre de la
Solidarité sociale. Mesure qui élèvera le nombre total de
bénéficiaires des cartes d’approvisionnement à 55 millions
et qui augmentera les sommes allouées à ces subventions de
1,7 milliard de L.E. pour atteindre 6,8 milliards de L.E.
Ces 15 millions de personnes sont les nouveaux-nés depuis
1988, l’année où le gouvernement a arrêté d’enregistrer de
nouveaux citoyens sur les cartes d’approvisionnement,
jusqu’à 2005, année du dernier recensement. Le gouvernement
avait pris la décision d’ouvrir la porte en avril dernier.
Depuis le 1er juillet, ils pourront profiter de l’huile,
sucre, riz et thé subventionnés.
Une mesure qui vient, en fait, à l’encontre de la tendance
du gouvernement pour diminuer les subventions. Cela fait
quelques années qu’il fait état d’une révision des listes.
Une proposition de supprimer complètement les subventions
alimentaires et d’accorder, en revanche, une assistance en
espèces aux plus démunis a été également discutée.
L’argument du gouvernement, mettre fin au marché noir et
garantir que la subvention profite uniquement à ceux qui en
ont besoin. Une idée réfutée par l’opposition et les
économistes de gauche qui l’ont considérée comme une astuce
pour diminuer les subventions avec le temps.
Le gouvernement n’avait, en tout cas, pas d’autre choix. La
hausse démesurée des prix des matières alimentaires suite à
l’augmentation des prix internationaux et la grogne sociale
l’ont obligé. Le prix d’un litre d’huile sur le marché local
a dépassé les 11 L.E. alors qu’il était de 7 L.E. il y a
quelques mois, alors que celui du riz a grimpé de 2,5 L.E. à
5 L.E. et ainsi de suite. Au moment où l’huile subventionnée
est vendue à 1.50 piastres le litre et le riz à 100
piastres. La hausse des prix internationaux a également
obligé le gouvernement d’augmenter les subventions allouées
au pain. Celles-ci étaient prévues être de 7,2 milliards de
L.E. en 2007/2008 mais vont en réalité dépasser les 11
milliards et sont prévues atteindre les 16 milliards en
2008/2009.
Le
poids de la
crise
Mais avec les émeutes de la faim, des économistes qui
plaidaient pour la baisse ou en termes moins radicaux pour
la rationalisation des subventions se sont prononcés pour
leur hausse, au moins pour le moment.
Hani Qadri, conseiller du
ministère des Finances, est de cet avis. « C’était urgent.
Il y a des gens qui ont été sérieusement touchés par la
hausse des prix. Il fallait les sauver. Une révision des
listes afin de préciser qui a vraiment besoin de ces
subventions et qui ne les mérite pas pourra avoir lieu plus
tard », explique-t-il. D’ajouter que la hausse des
subventions est l’équivalent de 1 % du PIB (Produit
Intérieur Brut). « C’est un coût modeste à payer pour
assurer une satisfaction et une stabilité sociales », estime
Hani Qadri. En fait, bien que les subventions, y compris les
subventions à l’énergie, aient excédé les sommes prévues
pour l’exercice 2007/2008, le déficit budgétaire ne devrait
pas augmenter à cause de la hausse des revenus, surtout les
impôts. « Il fallait en tout cas que les plus démunis
bénéficient de la croissance économique qui a eu lieu »,
renchérit Hani Qadri.
Mais cette hausse des subventions n’est pas suffisante pour
contourner le problème vu la détérioration des salaires. Un
kilo de riz et un kilo d’huile par personne ne suffiront pas
pour faire survivre les foyers égyptiens. Les gens seront
obligés d’acheter au marché des quantités supplémentaires
sans compter les autres produits. « C’est un pas qui peut
servir sur le court terme mais il faut une nouvelle
politique pour les salaires sur le long terme », estime
Samir Radwane. Le Conseil supérieur des salaires devra
proposer un salaire minimum vers la fin du mois. Or, les
chiffres proposés sont médiocres. « 300 ou 400 L.E. par mois
ne suffiront pas pour faire survivre une famille de 4
personnes. Le seuil de pauvreté est fixé à 155 L.E. par mois
par personne. Il faut que le salaire minium soit au moins de
600 L.E. », argumente Radwane.
Marwa
Hussein