Al-Ahram Hebdo, Evénement | Parer au pire
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 Semaine du 23 au 29 avril 2008, numéro 711

 

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Crise Alimentaire Mondiale. Le gouvernement égyptien s’est trouvé obligé d’augmenter le nombre de bénéficiaires des cartes d’approvisionnement à la suite de la hausse des prix des denrées alimentaires.

Parer au pire

15 millions de personnes, c’est le nombre additionnel de citoyens qui profiteront des subventions accordées aux denrées alimentaires, selon les récentes déclarations de Ali Al-Mosselhi, ministre de la Solidarité sociale. Mesure qui élèvera le nombre total de bénéficiaires des cartes d’approvisionnement à 55 millions et qui augmentera les sommes allouées à ces subventions de 1,7 milliard de L.E. pour atteindre 6,8 milliards de L.E. Ces 15 millions de personnes sont les nouveaux-nés depuis 1988, l’année où le gouvernement a arrêté d’enregistrer de nouveaux citoyens sur les cartes d’approvisionnement, jusqu’à 2005, année du dernier recensement. Le gouvernement avait pris la décision d’ouvrir la porte en avril dernier. Depuis le 1er juillet, ils pourront profiter de l’huile, sucre, riz et thé subventionnés.

Une mesure qui vient, en fait, à l’encontre de la tendance du gouvernement pour diminuer les subventions. Cela fait quelques années qu’il fait état d’une révision des listes. Une proposition de supprimer complètement les subventions alimentaires et d’accorder, en revanche, une assistance en espèces aux plus démunis a été également discutée. L’argument du gouvernement, mettre fin au marché noir et garantir que la subvention profite uniquement à ceux qui en ont besoin. Une idée réfutée par l’opposition et les économistes de gauche qui l’ont considérée comme une astuce pour diminuer les subventions avec le temps.

Le gouvernement n’avait, en tout cas, pas d’autre choix. La hausse démesurée des prix des matières alimentaires suite à l’augmentation des prix internationaux et la grogne sociale l’ont obligé. Le prix d’un litre d’huile sur le marché local a dépassé les 11 L.E. alors qu’il était de 7 L.E. il y a quelques mois, alors que celui du riz a grimpé de 2,5 L.E. à 5 L.E. et ainsi de suite. Au moment où l’huile subventionnée est vendue à 1.50 piastres le litre et le riz à 100 piastres. La hausse des prix internationaux a également obligé le gouvernement d’augmenter les subventions allouées au pain. Celles-ci étaient prévues être de 7,2 milliards de L.E. en 2007/2008 mais vont en réalité dépasser les 11 milliards et sont prévues atteindre les 16 milliards en 2008/2009.

 

Le poids de la crise

Mais avec les émeutes de la faim, des économistes qui plaidaient pour la baisse ou en termes moins radicaux pour la rationalisation des subventions se sont prononcés pour leur hausse, au moins pour le moment. Hani Qadri, conseiller du ministère des Finances, est de cet avis. « C’était urgent. Il y a des gens qui ont été sérieusement touchés par la hausse des prix. Il fallait les sauver. Une révision des listes afin de préciser qui a vraiment besoin de ces subventions et qui ne les mérite pas pourra avoir lieu plus tard », explique-t-il. D’ajouter que la hausse des subventions est l’équivalent de 1 % du PIB (Produit Intérieur Brut). « C’est un coût modeste à payer pour assurer une satisfaction et une stabilité sociales », estime Hani Qadri. En fait, bien que les subventions, y compris les subventions à l’énergie, aient excédé les sommes prévues pour l’exercice 2007/2008, le déficit budgétaire ne devrait pas augmenter à cause de la hausse des revenus, surtout les impôts. « Il fallait en tout cas que les plus démunis bénéficient de la croissance économique qui a eu lieu », renchérit Hani Qadri.

Mais cette hausse des subventions n’est pas suffisante pour contourner le problème vu la détérioration des salaires. Un kilo de riz et un kilo d’huile par personne ne suffiront pas pour faire survivre les foyers égyptiens. Les gens seront obligés d’acheter au marché des quantités supplémentaires sans compter les autres produits. « C’est un pas qui peut servir sur le court terme mais il faut une nouvelle politique pour les salaires sur le long terme », estime Samir Radwane. Le Conseil supérieur des salaires devra proposer un salaire minimum vers la fin du mois. Or, les chiffres proposés sont médiocres. « 300 ou 400 L.E. par mois ne suffiront pas pour faire survivre une famille de 4 personnes. Le seuil de pauvreté est fixé à 155 L.E. par mois par personne. Il faut que le salaire minium soit au moins de 600 L.E. », argumente Radwane.

Marwa Hussein

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