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Administration Locale.
Le président Moubarak a procédé jeudi à un remaniement parmi
les gouverneurs qui s’expliquerait notamment par des
impératifs sécuritaires.
La sécurité avant tout
Un remaniement impromptu des gouverneurs est intervenu par
décret présidentiel jeudi quelques jours seulement après une
série de grèves et de manifestations en guise de
protestations contre la hausse des prix des denrées
alimentaires. Il fait suite aux événements des 6 et 7 avril
à Mahalla où un adolescent a trouvé la mort et plusieurs
dizaines de citoyens ont été blessés dans des heurts entre
manifestants et forces de l’ordre. Première caractéristique
de ce remaniement : La majeure partie des nouveaux venus
sont des militaires et des policiers.
Huit nouveaux généraux de l’armée et de la police ont fait
leur entrée dans cette nouvelle formation des gouverneurs
tandis que 6 l’ont quittée. De manière globale, sur les 28
gouverneurs en place, 16 sont issus de l’armée et de la
police. Pour la plupart des observateurs, cette présence
accrue des militaires vise à renforcer la sécurité dans
certaines régions qui ont connu des troubles comme dans les
gouvernorats de Gharbiya (où ont eu lieu les événements de
Mahalla) et à Daqahliya (où des manifestations ont eu lieu à
plusieurs reprises à cause du manque d’eau). « Nous
remarquons immédiatement que des militaires ont été nommés
gouverneurs dans des régions qui ont des frontières
importantes avec d’autres pays comme au Nord-Sinaï où la
tension sévit à la frontière avec la bande de Gaza et où le
risque d’une nouvelle ruée de Palestiniens vers le Sinaï
reste vif. C’est un général de l’armée de terre, Mohamad
Abdel-Fadil qui fut nommé dans cette région », analyse Ammar
Hassan, chercheur au Centre des Etudes Politiques et
Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.
Il fournit d’autres exemples comme à Gharbiya où un général
de police, Abdel-Hamid Ali Hassan Al-Chennawi, un ancien
directeur de la sécurité, a été nommé. « Ce remaniement
traduit la volonté du gouvernement de renforcer la sécurité
dans les régions sensibles ou celles qui ont connu des
protestations ouvrières », ajoute Hassan Ammar. Il explique
que le fait de choisir des généraux de l’armée et de la
police est habituel dans chaque remaniement pour différentes
raisons. La nouvelle formation des gouverneurs traduit les
craintes de l’Etat de voir s’amplifier le mouvement de
grogne sociale au cours des prochaines années et reflète sa
volonté de garder les régions sensibles sous contrôle. « Le
contexte actuel avec la hausse démesurée des prix des
denrées alimentaires, la pénurie de pain et la hausse des
prix des matériaux de construction. Toutes ces choses ont
incité le gouvernement à être sur ses gardes », analyse
Ammar Hassan.
Outre ces considérations, le remaniement vise à résorber le
mécontentement populaire face à la détérioration des
conditions économiques en donnant l’impression qu’il y a du
changement, sans compter que le régime s’apprête à opérer
des changements au sommet de l’Etat au cours des prochaines
années. L’Egypte a connu au cours des derniers mois un
mouvement de protestation sociale à grande échelle.
Sabah
Sabet
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A travers les régions
Douze nouveaux gouverneurs ont été nommés dans le cadre de
ce remaniement, 3 gouverneurs ont été transférés vers de
nouvelles régions et 13 ont été maintenus à leurs postes.
Telles sont les caractéristiques de ce remaniement. Pas de
changement dans les gouvernorats majeurs comme Le Caire,
Alexandrie et Qalioubiya. Seul le gouvernorat de Guiza fait
exception à la règle et dont le gouverneur Fathi Saad
devient celui du 6 Octobre (nouvellement créé). Il est
remplacé par l’ingénieur Sayed Abdel-Aziz. Pas de changement
non plus du côté de Suez, Charqiya, Damiette, Béheira et
Assiout. En revanche, les gouverneurs du Fayoum, Béni-Souef,
Minya, Assouan, Port-Saïd, Matrouh, Daqahliya, Gharbiya,
Ménoufiya et du Nord-Sinaï ont changé. Enfin, outre celui de
Guiza, deux autres gouverneurs changent de régions. Il
s’agit d’Ahmad Zaki Abdine à Béni-Souef qui devient le
nouveau gouverneur de Kafr Al-Cheikh et le général Magdi
Al-Qobeissi au Fayoum qui a pris ses fonctions dans le
gouvernorat de la mer Rouge.
S. S.
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