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Planification Urbaine .
Deux nouveaux gouvernorats ont été créés par décret
présidentiel à la périphérie de la capitale (Hélouan et 6
Octobre). Objectif annoncé : réduire la pression sur le
Grand-Caire et encourager l’investissement. Mais la décision
soulève des critiques.
Nouvelle carte administrative
pour l’Egypte
L’Egypte compte désormais 28 gouvernorats, soit deux de
plus. Les élèves de géographie devront désormais en
connaître les contours. Il s’agit des gouvernorats de
Hélouan et du 6 Octobre créés le 17 avril par décret
présidentiel et situés à la périphérie du Caire. « La
création de ces deux gouvernorats répond aux critères de
développement et reflète la volonté du gouvernement
d’améliorer la qualité des services », a annoncé le ministre
de l’Habitat, Ahmad Al-Maghrabi. Le gouvernorat du 6 Octobre
s’étendra des limites d’Imbaba, d’Oussim et de la ville de
Sadate au nord jusqu’aux limites du gouvernorat de Ménoufiya
au sud (voir sous-encadré). La région de Wahat Al-Bahariya
et la localité de Ayatte (qui dépendaient du gouvernorat de
Guiza) y ont été rattachées. Le gouvernorat sera délimité à
l’est par le gouvernorat de Guiza et à l’ouest par le
gouvernorat de Matrouh. Quant au gouvernorat de Hélouan, il
s’étendra du sud du Caire pour aller en direction de l’est.
Il englobera, outre le quartier de Hélouan, la ville de
Chourouq, de Badr et du 15 Mai ainsi que le Nouveau Caire où
sont situées les cités de Réhab et de Madinati ainsi que les
localités d’Atfih et de Saff.
Enfin, le gouvernorat du Caire a été réparti en trois
sous-régions administratives.
Cette nouvelle répartition administrative survient deux
semaines après les élections municipales du 8 avril au cours
desquelles le gouvernement avait annoncé des mesures pour
décentraliser l’administration. « Cette nouvelle répartition
va permettre de réduire la pression terrible qui pèse sur
les gouvernorats du Caire et de Guiza », affirme un
responsable au ministère de l’Habitat et des nouvelles
agglomérations. Et d’ajouter : « Le Caire et Guiza
affrontent depuis le début des années 1980 d’énormes
problèmes. Il y a dans ces deux gouvernorats une centaine de
zones sauvages résultant de l’exode rural et de l’affluence
des habitants de la Haute-Egypte qui fuient la pauvreté et
le chômage. En réduisant la superficie du Caire et de Guiza,
on va permettre à ces deux gouvernorats de se concentrer sur
les problèmes chroniques comme les zones sauvages et les
problèmes de transport », ajoute le responsable expliquant
que les deux gouvernorats ont connu une extension au cours
des précédentes années, ce qui rendait de plus en plus
compliquée leur gestion. Le Caire et Guiza abritent
aujourd’hui 17 millions d’habitants, soit le quart de la
population égyptienne.
L’idée de modifier la carte administrative du Caire et de
Guiza n’est pas nouvelle. Elle avait été déjà proposée par
l’ancien gouverneur du Caire, Abdel-Réhim Chéhata, en 1997
pour en faciliter la gestion. Mais si certains voient dans
cette nouvelle carte administrative un aspect positif,
d’autres, au contraire, pensent qu’elle ne sert que
l’intérêt des hommes d’affaires. « Théoriquement,
transformer Hélouan en gouvernorat est une bonne décision.
Cette région souffre de la médiocrité des services, du
manque d’infrastructure et d’un taux élevé de pollution à
cause des usines de ciment, sans compter 18 zones à
urbanisme sauvage. Les moyens financiers ne suffisaient pas
pour régler ces problèmes. Aujourd’hui, Hélouan va avoir un
budget indépendant et un exécutif. Nous craignons cependant
que tout le budget ne soit orienté vers les nouvelles cités
huppées qui ont été rattachées à ce gouvernorat comme le
Nouveau Caire et Chourouq », lance Moustapha Bakri, député
de la région de Hélouan. Ce qui conforte cette idée, c’est
que les deux nouveaux gouvernorats ont englobé les zones
huppées à l’est et à l’ouest de la capitale en plus de la
grande zone industrielle du 6 Octobre gérée par les hommes
d’affaires. « La création de ces deux gouvernorats répond
parfaitement aux attentes de ces hommes d’affaires et il
n’est pas exclu qu’une grande partie du budget soit orientée
vers les infrastructures dans ces nouvelles cités. Si le
gouvernement avait voulu réellement améliorer les services
comme il le prétend, pourquoi alors il n’a pas fait de
Choubra Al-Kheima qui compte trois millions de citoyens et
qui souffrent de nombreux problèmes un gouvernorat ? »,
interroge le député indépendant Gamal Zahrane.
Mais ce n’est pas tout. Certains voient dans cette nouvelle
carte administrative un aspect sécuritaire. En effet, la
création d’un gouvernorat à Hélouan permettrait de raffermir
la sécurité dans cette zone où se trouvent les usines de
ciment, alors que l’Egypte est confrontée à une vague de
protestations ouvrières.
La création des deux nouveaux gouvernorats va provoquer,
selon certains, une panique administrative. C’est l’avis de
Maher Al-Derbi, président de la commission des municipalités
à l’Assemblée du peuple. « Cette décision implique un
financement supplémentaire par l’Etat alors qu’on parle d’un
déficit budgétaire important », affirme Al-Derbi. Il
critique l’attitude du gouvernement qui est revenu sur sa
décision de rattacher les localités d’Atfih, Saff et Ayatte
au gouvernorat du Fayoum et la région de Wahat Al-Bahariya
au gouvernorat de Minya. Finalement, le gouvernement a
décidé un jour après le décret présidentiel de rattacher
Atfih et Saff au gouvernorat de Hélouan et Ayatte et Wahat
Al-Bahariya au gouvernorat du 6 Octobre après que des
manifestations eurent eu lieu dans ces régions. En effet,
les citoyens de Bahariya avaient organisé des manifestations
pour protester contre leur rattachement à Minya située à une
distance de 200 km plus loin alors qu’il n’y a aucune route
asphaltée qui lie les deux régions. La seule route pavée
mène au gouvernorat du 6 Octobre. Et la même chose s’est
produite à Ayatte, Atfih et à Saff qui ne voulaient pas être
rattachées au gouvernorat du Fayoum. « Il est clair que
cette décision n’a pas été suffisamment étudiée », conclut
Maher Bayoumi, président de la commission de l’habitat au
parti du Rassemblement .
Héba
Nasreddine
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Les nouvelles divisions administratives
Le gouvernorat du Caire
Il s’étend au nord jusqu’aux régions de Sallam, de Marg, de
Matariya, du Sahel et de Zawya Al-Hamra et au sud jusqu’aux
limites de Madinet Nasr, d’Héliopolis et de Khalifa. A
l’est, il s’étend jusqu’aux limites des régions de Madinet
Nasr et de Nozha.
A l’ouest, il est délimité par le Nil de la région de Sahel
au nord, jusqu’au Vieux-Caire, au sud.
Le gouvernorat de Guiza
Ses limites nord s’étendent jusqu’aux régions de Warraq et
de Mounira Al-Gharbiya. Au Sud, il s’étend jusqu’à Omraniya,
Talébiya, Haram et Hadayeq Al-Ahram.
A l’Est, il est délimité par le Nil de la région d’Imbaba,
au nord, jusqu’au sud du quartier de Guiza. A l’ouest, il
s’étend jusqu’aux régions de Mounira Al-Gharbiya, de Boulaq
Al-Dakrour et de Rémaya.
Le gouvernorat de Hélouan
Au nord, il est délimité par les gouvernorats de Charqiya,
de Qalioubiya et du Caire. Au sud, il s’étend jusqu’à la
région de Tebbine. A l’est, il est délimité par le
gouvernorat de Suez et à l’ouest par le Nil de Bassatine au
nord jusqu’à Tebbine, au sud. Les nouvelles villes du 15
Mai, de Chourouq, Badr et du Nouveau Caire en font partie.
Le gouvernorat du 6 Octobre
Il est délimité au nord par les localités d’Oussim, d’Imbaba
et de la ville de Sadate, et au sud par la ville du 6
Octobre, jusqu’aux limites du gouvernorat du Fayoum.
A l’est, il est délimité par le gouvernorat de Guiza et
s’étend au nord jusqu’à Hawamdiya et au sud jusqu’à
Badrachine.
A l’ouest, il est délimité par les gouvernorats de Béheira
et de Matrouh.
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