Safari.
Plein d’aventures, ce genre de tourisme attire désormais une
grande clientèle de tous les âges et de toutes les
nationalités, notamment les Allemands et les Français.
Cette Egypte inconnue
«
Dépêchez-vous s’il vous plaît. C’est déjà 7h du matin. Nous
avons un long trajet à faire aujourd’hui », crie le guide
Tareq Rabie pour réunir les membres de son groupe
touristique composé de vingt personnes. Tout le monde se
précipite pour rassembler ses affaires et ses valises pour
les ranger dans les 4x4. « Nous allons aujourd’hui à la
galerie Al-Gara. Le parcours va prendre cinq heures au sein
du désert », affirment les touristes. Arrivés la veille,
vers minuit, à l’oasis Bahariya, soit à 400 km du Caire, les
touristes, malgré leur fatigue, se sont réveillés de bonne
heure afin de commencer leur itinéraire en plein désert,
puisque la première destination se trouve à 150 km loin de
ce point. Ce sont eux qui ont « commandé les sites préférés
à visiter à l’instar de la galerie Al-Gara, la vallée des
pastèques, le désert blanc et notamment la source naturelle
Al-Serw. Les points de départ et d’arrivée sont aussi
précisés par eux. Quant à nous, responsables de la campagne
touristique, nous leur fournissons les éléments nécessaires
pour cette excursion : véhicules, alimentation, eau potable
ainsi que les équipements du camping », indique Rabie.
Au
cours du trajet, la chaleur du soleil s’élève et augmente au
fur et à mesure. Le 4x4 traverse les plaines jaunes,
couvertes d’un ciel bleu, et brusquement le véhicule monte
de hautes montagnes rocheuses, dont la pente est très aiguë.
Deux passagers font des sursauts sur leurs chaises tandis
que les autres se sont heurtés au plafond du véhicule
roulant. « Mettez les ceintures de sécurité s’il vous plaît.
Le trajet comprend beaucoup de surprises du genre »,
conseille le chauffeur Tareq Ali, rigolant. Etant expert du
désert et surtout des parcours du rallye, Ali connaît par
cœur les dangers que renferme l’itinéraire désertique. Mais
il semble que ces procédures de sécurité sont insuffisantes.
Une heure après, les passagers du véhicule ont subi des
heurts plus durs. C’est parce qu’on passait par un terrain
rocheux couvert d’une fine couche de sable. « Y a-t-il des
blessures ? », demande le chauffeur à haute voix.
Heureusement, il n’y en a pas, mais les touristes, fatigués,
veulent se reposer un petit peu malgré la chaleur brûlante
du soleil sur leur tête.
Aventure et exploration
C’est une bonne occasion de contempler le paysage désertique
plein de dunes qui ont pris plusieurs formes, tantôt
cylindriques et tantôt pyramidales. De loin est remarquée
une chaîne de montagnes composées de roches volcaniques. Une
telle nature incite Christian, l’un des touristes, à prendre
des photos de souvenirs. « Notre pays est privé d’une telle
nature vierge et pure », commente-t-il. Par ailleurs, il
reste encore une quarantaine de kilomètres à rouler. Ça va
prendre du temps « et nous voulons terminer la visite de la
galerie Al-Gara et chercher un lieu adéquat pour le
campement avant le coucher du soleil. Regagnez vos places
s’il vous plaît », dit Tareq Rabie à ses clients.
Quatre-vingt-dix minutes plus tard, les véhicules
s’arrêtent, et tout le monde descend. A quelques mètres
apparaît une fosse noire dans le sol. Le guide, une torche
en main, fait quelques pas et y descend doucement et avec
précaution. En y entrant, les pieds s’enfoncent dans le
sable qui remplit les souliers, alourdissant en fait les
pas. La lueur émanant de la torche éclaire à peine une vaste
cavité ornée de colonnes en calcaire, sans oublier les
variantes formes inédites qui sont remarquées. Ici, on
aperçoit la tête d’une statue qui a pris une allure
pharaonique ressemblant au sphinx. Plus loin sont vues les
figurines de différentes créatures, à l’instar de l’éléphant
et le poisson, sans oublier la forme de la serviette pliée
que donne l’allure de l’une de ces roches. « Toutes ces
formations cristallisées, datées de l’âge miocène, soit 200
000 ans, résultent de l’érosion de la roche due aux
torrents, aux vents et aux modifications de température
entre le jour et la nuit », commente le géologue Ahmad
Salama, ayant participé aux explications dans la galerie.
Quelques minutes plus tard, Hans, chef du groupe allemand,
se met debout devant un coin de la galerie et crie : « Il y
avait ici des graffitis dont les traces existent encore.
Depuis deux ans, j’ai visité cette galerie dont les murs en
comprenaient plusieurs. Dommage, il n’en reste que très peu
», commente-t-il . A son tour, le guide se précipite pour
examiner ce coin. « Ces dessins primitifs distinguaient
cette galerie de ses homologues qui se trouvent en Espagne.
En effet, la perte de ces graffitis a privé cet emplacement
naturel de sa valeur historique », commente Rabie. Selon
lui, c’est l’un des rares endroits qui a une double valeur,
à la fois naturelle et culturelle. « Il faut préserver un
tel patrimoine de la moindre détérioration », reprend le
guide. Néanmoins, les autres membres de l’excursion qui
visitent la galerie Al-Gara pour la première fois étaient
éblouis de trouver un tel emplacement au sein du désert.
Vie primitive au XXIe siècle
Le
temps passe vite. Il faut s’installer auprès d’une ou deux
collines afin de dresser les tentes, prendre le repas et
dormir pour continuer le tour le lendemain. Un trajet de
trente minutes suffit. Les chauffeurs dressent d’épais
rideaux sur les côtés des véhicules afin d’éviter les afflux
d’air. Ensuite, ils couvrent le sol de tapis auprès des
véhicules, et brûlent du bois emmené avec eux. Quant aux
autres, guides et touristes, chacun d’eux, y compris les
femmes, s’est mis à dresser les tentes. Mais il faudra
attendre deux heures encore pour que le repas soit cuit sur
le feu du bivouac. C’est une période propice à saisir pour
que les touristes contemplent la lune au sein du ciel
entourée des étoiles avec leurs diverses formations. « Dans
le désert, le climat est frais pendant la nuit. Cette
atmosphère apaise l’âme des soucis de la vie moderne pleine
de technologie étouffante », reprend Christian, ayant vécu
pour la première fois une nuit en plein désert. Et d’ajouter
que c’est une atmosphère romantique et inspiratrice qui fait
détendre les nerfs, aidant en fait à un sommeil rêvant.
Mais, tout d’un coup, Christian s’est réveillé sur les
appels du chauffeur qui invitait le groupe au repas déjà
prêt. Tout le monde s’est mis autour de la table et ils
discutaient en mangeant. Ensuite, l’un des touristes se mit
à laver la vaisselle avec efficacité. Reste enfin les
boissons à servir avant de dormir.
Le lendemain, à 7h, le guide au milieu des tentes réveille
son groupe en tapant des mains. Pour sa part, Hans prépare
le petit déjeuner avec les chauffeurs et prend du thé avec
quelques sandwichs. « Je veux cuire un repas pour le
déjeuner », déclare Hans à Tareq Ali qui l’a remercié en lui
promettant de lui donner tous les éléments essentiels
lorsqu’on arrive à la source Al-Serw au Désert Blanc.
Terminé, tout le monde ramasse ses affaires et monte dans
les véhicules pour démarrer. Deux heures plus tard, les
chauffeurs s’arrêtent, suivant le guide, tout le monde
descend. « Nous sommes dans la vallée des pastèques qui
ressemble à la vallée des baleines. Ce sont en fait des
formations géologiques qui ont pris la forme de la pastèque
», explique Tareq Rabie à son groupe dont les membres
saisissent l’occasion pour s’y reposer et prendre quelques
photos-souvenirs. De retour, les véhicules poursuivent leur
itinéraire pour arriver au Désert Blanc. Deux heures plus
tard, apparaissent de loin les fameuses formations
géologiques distinctives de la réserve naturelle du Désert
Blanc. Sur le sommet d’une colline, les 4x4 s’arrêtent, les
touristes font des tours à pied et prennent des photos
panoramiques du paysage insolite. Maintenant, le soleil est
au sein du ciel, la température devient brûlante. Mais, afin
d’apaiser un tel sentiment de chaleur, il faut se diriger
tout de suite vers la source naturelle Al-Serw. Elle jaillit
en plein désert entourée de palmiers de tous les côtés. «
Al-Serw est l’une des trois importantes sources naturelles
que renferme la réserve », reprend Rabie. Mais hélas, les
roues de l’un des 4x4 sont enfoncées dans le sable fin. Là,
guides et touristes doivent coopérer pour dégager ce
véhicule si lourd. Un effort pénible qui a pris 30 minutes.
« Enfin, nous avons réussi », crie tout le monde avec joie
malgré la sueur qui couvre les visages déjà rougis par la
chaleur brûlante du soleil. Arrivés enfin à la source
Al-Serw, tout le monde se lave le visage, et ils boivent de
l’eau. Ils prennent aussi des boissons fraîches. Quant à
Hans, il a pris quelques légumes, du beurre et des
récipients pour faire un repas à l’allemande.
D’autre part, il paraît que la source Al-Serw est une
station primordiale pour les safaris. Ceci dit, le groupe
allemand a rencontré un autre français dont à la fois
l’itinéraire et l’expérience sont complètement différents.
Pourtant, Allemands et Français contemplent le désert
égyptien en se mettant d’accord que le tourisme de safari
les suscite à retourner en Egypte plusieurs fois.
D’ailleurs, ils ont reconnu une Egypte différente que la
traditionnelle.
Doaa
Elhami