Al-Ahram Hebdo, Voyages | Cette Egypte inconnue
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 2 au 8 avril 2008, numéro 708

 

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Voyages

Safari. Plein d’aventures, ce genre de tourisme attire désormais une grande clientèle de tous les âges et de toutes les nationalités, notamment les Allemands et les Français. 

Cette Egypte inconnue 

« Dépêchez-vous s’il vous plaît. C’est déjà 7h du matin. Nous avons un long trajet à faire aujourd’hui », crie le guide Tareq Rabie pour réunir les membres de son groupe touristique composé de vingt personnes. Tout le monde se précipite pour rassembler ses affaires et ses valises pour les ranger dans les 4x4. « Nous allons aujourd’hui à la galerie Al-Gara. Le parcours va prendre cinq heures au sein du désert », affirment les touristes. Arrivés la veille, vers minuit, à l’oasis Bahariya, soit à 400 km du Caire, les touristes, malgré leur fatigue, se sont réveillés de bonne heure afin de commencer leur itinéraire en plein désert, puisque la première destination se trouve à 150 km loin de ce point. Ce sont eux qui ont « commandé les sites préférés à visiter à l’instar de la galerie Al-Gara, la vallée des pastèques, le désert blanc et notamment la source naturelle Al-Serw. Les points de départ et d’arrivée sont aussi précisés par eux. Quant à nous, responsables de la campagne touristique, nous leur fournissons les éléments nécessaires pour cette excursion : véhicules, alimentation, eau potable ainsi que les équipements du camping », indique Rabie.

Au cours du trajet, la chaleur du soleil s’élève et augmente au fur et à mesure. Le 4x4 traverse les plaines jaunes, couvertes d’un ciel bleu, et brusquement le véhicule monte de hautes montagnes rocheuses, dont la pente est très aiguë. Deux passagers font des sursauts sur leurs chaises tandis que les autres se sont heurtés au plafond du véhicule roulant. « Mettez les ceintures de sécurité s’il vous plaît. Le trajet comprend beaucoup de surprises du genre », conseille le chauffeur Tareq Ali, rigolant. Etant expert du désert et surtout des parcours du rallye, Ali connaît par cœur les dangers que renferme l’itinéraire désertique. Mais il semble que ces procédures de sécurité sont insuffisantes. Une heure après, les passagers du véhicule ont subi des heurts plus durs. C’est parce qu’on passait par un terrain rocheux couvert d’une fine couche de sable. « Y a-t-il des blessures ? », demande le chauffeur à haute voix. Heureusement, il n’y en a pas, mais les touristes, fatigués, veulent se reposer un petit peu malgré la chaleur brûlante du soleil sur leur tête.

 

Aventure et exploration

C’est une bonne occasion de contempler le paysage désertique plein de dunes qui ont pris plusieurs formes, tantôt cylindriques et tantôt pyramidales. De loin est remarquée une chaîne de montagnes composées de roches volcaniques. Une telle nature incite Christian, l’un des touristes, à prendre des photos de souvenirs. « Notre pays est privé d’une telle nature vierge et pure », commente-t-il. Par ailleurs, il reste encore une quarantaine de kilomètres à rouler. Ça va prendre du temps « et nous voulons terminer la visite de la galerie Al-Gara et chercher un lieu adéquat pour le campement avant le coucher du soleil. Regagnez vos places s’il vous plaît », dit Tareq Rabie à ses clients. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, les véhicules s’arrêtent, et tout le monde descend. A quelques mètres apparaît une fosse noire dans le sol. Le guide, une torche en main, fait quelques pas et y descend doucement et avec précaution. En y entrant, les pieds s’enfoncent dans le sable qui remplit les souliers, alourdissant en fait les pas. La lueur émanant de la torche éclaire à peine une vaste cavité ornée de colonnes en calcaire, sans oublier les variantes formes inédites qui sont remarquées. Ici, on aperçoit la tête d’une statue qui a pris une allure pharaonique ressemblant au sphinx. Plus loin sont vues les figurines de différentes créatures, à l’instar de l’éléphant et le poisson, sans oublier la forme de la serviette pliée que donne l’allure de l’une de ces roches. « Toutes ces formations cristallisées, datées de l’âge miocène, soit 200 000 ans, résultent de l’érosion de la roche due aux torrents, aux vents et aux modifications de température entre le jour et la nuit », commente le géologue Ahmad Salama, ayant participé aux explications dans la galerie. Quelques minutes plus tard, Hans, chef du groupe allemand, se met debout devant un coin de la galerie et crie : « Il y avait ici des graffitis dont les traces existent encore. Depuis deux ans, j’ai visité cette galerie dont les murs en comprenaient plusieurs. Dommage, il n’en reste que très peu », commente-t-il . A son tour, le guide se précipite pour examiner ce coin. « Ces dessins primitifs distinguaient cette galerie de ses homologues qui se trouvent en Espagne. En effet, la perte de ces graffitis a privé cet emplacement naturel de sa valeur historique », commente Rabie. Selon lui, c’est l’un des rares endroits qui a une double valeur, à la fois naturelle et culturelle. « Il faut préserver un tel patrimoine de la moindre détérioration », reprend le guide. Néanmoins, les autres membres de l’excursion qui visitent la galerie Al-Gara pour la première fois étaient éblouis de trouver un tel emplacement au sein du désert.

 

Vie primitive au XXIe siècle

Le temps passe vite. Il faut s’installer auprès d’une ou deux collines afin de dresser les tentes, prendre le repas et dormir pour continuer le tour le lendemain. Un trajet de trente minutes suffit. Les chauffeurs dressent d’épais rideaux sur les côtés des véhicules afin d’éviter les afflux d’air. Ensuite, ils couvrent le sol de tapis auprès des véhicules, et brûlent du bois emmené avec eux. Quant aux autres, guides et touristes, chacun d’eux, y compris les femmes, s’est mis à dresser les tentes. Mais il faudra attendre deux heures encore pour que le repas soit cuit sur le feu du bivouac. C’est une période propice à saisir pour que les touristes contemplent la lune au sein du ciel entourée des étoiles avec leurs diverses formations. « Dans le désert, le climat est frais pendant la nuit. Cette atmosphère apaise l’âme des soucis de la vie moderne pleine de technologie étouffante », reprend Christian, ayant vécu pour la première fois une nuit en plein désert. Et d’ajouter que c’est une atmosphère romantique et inspiratrice qui fait détendre les nerfs, aidant en fait à un sommeil rêvant. Mais, tout d’un coup, Christian s’est réveillé sur les appels du chauffeur qui invitait le groupe au repas déjà prêt. Tout le monde s’est mis autour de la table et ils discutaient en mangeant. Ensuite, l’un des touristes se mit à laver la vaisselle avec efficacité. Reste enfin les boissons à servir avant de dormir.

Le lendemain, à 7h, le guide au milieu des tentes réveille son groupe en tapant des mains. Pour sa part, Hans prépare le petit déjeuner avec les chauffeurs et prend du thé avec quelques sandwichs. « Je veux cuire un repas pour le déjeuner », déclare Hans à Tareq Ali qui l’a remercié en lui promettant de lui donner tous les éléments essentiels lorsqu’on arrive à la source Al-Serw au Désert Blanc. Terminé, tout le monde ramasse ses affaires et monte dans les véhicules pour démarrer. Deux heures plus tard, les chauffeurs s’arrêtent, suivant le guide, tout le monde descend. « Nous sommes dans la vallée des pastèques qui ressemble à la vallée des baleines. Ce sont en fait des formations géologiques qui ont pris la forme de la pastèque », explique Tareq Rabie à son groupe dont les membres saisissent l’occasion pour s’y reposer et prendre quelques photos-souvenirs. De retour, les véhicules poursuivent leur itinéraire pour arriver au Désert Blanc. Deux heures plus tard, apparaissent de loin les fameuses formations géologiques distinctives de la réserve naturelle du Désert Blanc. Sur le sommet d’une colline, les 4x4 s’arrêtent, les touristes font des tours à pied et prennent des photos panoramiques du paysage insolite. Maintenant, le soleil est au sein du ciel, la température devient brûlante. Mais, afin d’apaiser un tel sentiment de chaleur, il faut se diriger tout de suite vers la source naturelle Al-Serw. Elle jaillit en plein désert entourée de palmiers de tous les côtés. « Al-Serw est l’une des trois importantes sources naturelles que renferme la réserve », reprend Rabie. Mais hélas, les roues de l’un des 4x4 sont enfoncées dans le sable fin. Là, guides et touristes doivent coopérer pour dégager ce véhicule si lourd. Un effort pénible qui a pris 30 minutes. « Enfin, nous avons réussi », crie tout le monde avec joie malgré la sueur qui couvre les visages déjà rougis par la chaleur brûlante du soleil. Arrivés enfin à la source Al-Serw, tout le monde se lave le visage, et ils boivent de l’eau. Ils prennent aussi des boissons fraîches. Quant à Hans, il a pris quelques légumes, du beurre et des récipients pour faire un repas à l’allemande.

D’autre part, il paraît que la source Al-Serw est une station primordiale pour les safaris. Ceci dit, le groupe allemand a rencontré un autre français dont à la fois l’itinéraire et l’expérience sont complètement différents. Pourtant, Allemands et Français contemplent le désert égyptien en se mettant d’accord que le tourisme de safari les suscite à retourner en Egypte plusieurs fois. D’ailleurs, ils ont reconnu une Egypte différente que la traditionnelle.

Doaa Elhami

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