Patrimoine.
En s’installant dans l’enceinte de la Citadelle, l’Union des
écrivains égyptiens donne un exemple réussi d’une
réutilisation des bâtiments historiques.
Les écrivains dans un écrin historique
Des
boiseries, des vitraux, des arcs, des portes incrustées, et
à l’arrière-plan, un panorama magnifique où se dressent les
minarets du Caire islamique et les quatre dômes de la
Citadelle. L’Union des écrivains égyptiens, en décidant de
s’installer dans un nouveau siège, a surtout vu beau. Etre
au cœur d’un espace historique, qui est celui de la
Citadelle de Saladin, c’est plus qu’un décor, c’est une
source d’inspiration.
L’idée a surgi quand Mohamed Salmawy, président de l’Union
des écrivains, a eu l’idée de chercher de nouveaux locaux,
ceux de Zamalek, actuel siège de cette Union, étant devenus
trop exigus par rapport au nombre des écrivains et des
activités qui s’y tiennent régulièrement. Discutant de la
question avec le ministre de la Culture, Farouk Hosni, ce
dernier a proposé d’exploiter un ancien bâtiment qui existe
dans l’enceinte de la Citadelle, à proximité du côté nord du
mur de cette forteresse impressionnante qui fut le haut lieu
de défense de la ville depuis Saladin (mort en 1173). De
plus, ce bâtiment est bien entouré. Il est juste à côté de
la Tour d’Al-Ramleh et celle d’Al-Haddad et fait face à la
tour de l’Imam. « J’ai beaucoup apprécié l’idée surtout que
Saladin a uni tous les Arabes et l’Union des écrivains fait
la même chose avec les écrivains », souligne Salmawy. «
Après que le ministre de la Culture Farouk Hosni s’est mis
d’accord avec le président de l’Union des écrivains à
utiliser ce bâtiment comme nouveau siège pour l’Union, on a
pu pendant 18 mois le restaurer, le rénover et ajouter des
touches artistiques. Ces travaux ont nécessité un budget de
deux millions et demi de L.E. utilisant les techniques les
plus sophistiquées. Même les alentours du bâtiment ont été
aménagés pour accueillir les différentes festivités
culturelles », explique Moustapha Hassan, directeur de la
région archéologique de la citadelle. Le
mécénat,
chose importante dans le domaine de la culture, a été
apporté par l’homme d’affaires Naguib Sawirès « qui n’a pas
hésité un moment à financer la plus grande part du projet de
développement » souligne Salmawy. Ce bâtiment est resté
longtemps négligé. Historiquement, il est connu pour avoir
servi depuis l’époque de Mohamad Ali jusqu’à la période de
l’occupation britannique en tant que caserne. Après la
Révolution de 1952, ce bâtiment comme bien d’autres fut
utilisé comme dépôt pour les armes ou silos à grains. Ce
n’est qu’en 1983 que les responsables se sont rendus compte
de l’importance de ces édifices et ont pensé à les
réutiliser. Ils prévoyaient en même temps que la vocation de
ces bâtiments réponde à des activités qui ne nuisent pas à
l’aspect historique de l’endroit et qui aillent de pair avec
la nature du monument lui-même. C’est ce qui a eu lieu sur
le plan réel surtout après une recommandation de l’Unesco de
préserver de tels édifices.
C’est ce qui fait que le nouveau siège de l’Union est venu
s’ajouter à d’autres locaux de caractère culturel et
patrimonial comme l’Organisme de coordination urbaine et
celui du Caire fatimide.
Le
nouveau siège de l’Union des écrivains s’étend sur 1 460 m2
et compte deux étages. Il comprend deux bibliothèques, trois
salles de réunions, une grande salle pour les colloques et
une dernière salle consacrée aux fonctionnaires. Le
président de l’Union n’a pas manqué d’adhérer une
installation typique de la bohème littéraire : un café situé
à l’extérieur qui nous fait rappeler ceux célébrés par
Naguib Mahfouz, ce prix Nobel de littérature.
D’ailleurs, Mahfouz, Youssef Idris, Youssef Al-Sébaï, Tewfiq
Al-Hakim, Taha Hussein ne sont pas seulement les noms des
plus importants écrivains égyptiens contemporains, mais
aussi les enseignes des différentes salles du nouveau siège.
Tout respire l’harmonie donc.
Dalia
Farouk