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 Semaine du 2 au 8 avril 2008, numéro 708

 

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Opinion
 

Quand sauverons-nous Le Caire ?

Morsi Attalla

La circulation est devenue un véritable calvaire pour le citoyen égyptien et surtout dans la capitale. Tout est permis aujourd’hui dans la rue égyptienne, se garer en stationnement interdit ou circuler en sens interdit. Par conséquent, tout discours sur le code de la route, sur la fluidité de la circulation, sur l’importance des trottoirs ou sur la propreté de la capitale est devenu chose inutile.

Ce phénomène continuera à s’aggraver si nous ne cessons pas de répéter les prétextes sur le manque de parcs de stationnement à même d’abriter le nombre croissant de véhicules immatriculés chaque année. Le langage des prétextes ne résoudra pas le problème. Il est indispensable d’appliquer la loi qui oblige la construction de garages sous les immeubles. Il est indispensable aussi de confirmer la souveraineté de la loi pour obliger tous les citoyens sans exception à respecter les panneaux d’interdiction de stationner et de sens unique.

Les articles de presse, les colloques et les séminaires ne peuvent pas à eux seuls sensibiliser les citoyens sur l’importance du respect du code de la route. Seuls la force de la loi et le prestige du pouvoir peuvent imposer le respect du code de la route.

Nous devons arrêter de prétendre qu’il est impossible d’annuler les autorisations des occupations illégales des trottoirs et des passages piétons entre les immeubles. Il est indispensable d’éliminer ces occupations illégales et de construire par conséquent de nouveaux marchés pour accueillir les marchands ambulants et les marchands sur les trottoirs.

Il est insensé que des dizaines de rues du centre-ville de la capitale soient occupées par les ateliers de réparation et de maintien des voitures. Ceci représente une transgression flagrante de la loi, une violation des plus simples conditions écologiques ainsi qu’une atteinte au droit des habitants de vivre dans le calme loin du bruit et de la pollution.

Si nous continuons à fermer les yeux sur cette situation, il deviendra un jour impossible de secourir à temps un malade ou d’éteindre un incendie. Bien plus, marcher à pieds deviendra un rêve impossible.

Bref, la situation dans le Grand Caire est devenue inadmissible. Il est devenu indispensable de prendre une décision courageuse pour interdire toute nouvelle construction et transformer tout terrain vague en jardin public ou en parc de stationnement.

Pour résoudre les problèmes du Caire, il convient en premier lieu de le transformer en ville fermée afin qu’il soit possible de le replannifier. En effet, il est indispensable de remédier aux déformations qu’il a connues pendant les 50 dernières années et qui l’ont transformé d’un site touristique en un ensemble de zones sauvages.

Avant qu’on ne prétende que cette initiative est anticonstitutionnelle, nous répondrons que cette idée de fermeture de la capitale ne porte pas sur les individus, mais sur la construction.

Aucun pays du monde ne permet à ses citoyens de construire des immeubles là où ils le veulent au nom de la liberté individuelle et de son droit constitutionnel. La différence est énorme entre la liberté et le chaos. De nombreux pays nous ont précédés et ont adopté des lois régissant la construction et organisant la circulation sans pour autant enfreindre leur Constitution car ils ont adopté des décisions organisatrices qui visent l’intérêt public.

Pourvu que la dernière réunion ministérielle présidée par le président Moubarak pour étudier la planification générale du Caire et de Guiza porte ses fruits !

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