Quand sauverons-nous Le Caire ?
Morsi Attalla
La
circulation est devenue un véritable calvaire pour le
citoyen égyptien et surtout dans la capitale. Tout est
permis aujourd’hui dans la rue égyptienne, se garer en
stationnement interdit ou circuler en sens interdit. Par
conséquent, tout discours sur le code de la route, sur la
fluidité de la circulation, sur l’importance des trottoirs
ou sur la propreté de la capitale est devenu chose inutile.
Ce phénomène continuera à s’aggraver si nous ne cessons pas
de répéter les prétextes sur le manque de parcs de
stationnement à même d’abriter le nombre croissant de
véhicules immatriculés chaque année. Le langage des
prétextes ne résoudra pas le problème. Il est indispensable
d’appliquer la loi qui oblige la construction de garages
sous les immeubles. Il est indispensable aussi de confirmer
la souveraineté de la loi pour obliger tous les citoyens
sans exception à respecter les panneaux d’interdiction de
stationner et de sens unique.
Les articles de presse, les colloques et les séminaires ne
peuvent pas à eux seuls sensibiliser les citoyens sur
l’importance du respect du code de la route. Seuls la force
de la loi et le prestige du pouvoir peuvent imposer le
respect du code de la route.
Nous devons arrêter de prétendre qu’il est impossible
d’annuler les autorisations des occupations illégales des
trottoirs et des passages piétons entre les immeubles. Il
est indispensable d’éliminer ces occupations illégales et de
construire par conséquent de nouveaux marchés pour
accueillir les marchands ambulants et les marchands sur les
trottoirs.
Il est insensé que des dizaines de rues du centre-ville de
la capitale soient occupées par les ateliers de réparation
et de maintien des voitures. Ceci représente une
transgression flagrante de la loi, une violation des plus
simples conditions écologiques ainsi qu’une atteinte au
droit des habitants de vivre dans le calme loin du bruit et
de la pollution.
Si nous continuons à fermer les yeux sur cette situation, il
deviendra un jour impossible de secourir à temps un malade
ou d’éteindre un incendie. Bien plus, marcher à pieds
deviendra un rêve impossible.
Bref, la situation dans le Grand Caire est devenue
inadmissible. Il est devenu indispensable de prendre une
décision courageuse pour interdire toute nouvelle
construction et transformer tout terrain vague en jardin
public ou en parc de stationnement.
Pour résoudre les problèmes du Caire, il convient en premier
lieu de le transformer en ville fermée afin qu’il soit
possible de le replannifier. En effet, il est indispensable
de remédier aux déformations qu’il a connues pendant les 50
dernières années et qui l’ont transformé d’un site
touristique en un ensemble de zones sauvages.
Avant qu’on ne prétende que cette initiative est
anticonstitutionnelle, nous répondrons que cette idée de
fermeture de la capitale ne porte pas sur les individus,
mais sur la construction.
Aucun pays du monde ne permet à ses citoyens de construire
des immeubles là où ils le veulent au nom de la liberté
individuelle et de son droit constitutionnel. La différence
est énorme entre la liberté et le chaos. De nombreux pays
nous ont précédés et ont adopté des lois régissant la
construction et organisant la circulation sans pour autant
enfreindre leur Constitution car ils ont adopté des
décisions organisatrices qui visent l’intérêt public.
Pourvu que la dernière réunion ministérielle présidée par le
président Moubarak pour étudier la planification générale du
Caire et de Guiza porte ses fruits !