L’illusion de résoudre les problèmes du trafic
Salama A. Salama
La
nouvelle déclenchée par le gouvernement et certains médias à
la suite de l’accident de la route atroce qui a causé la
mort de plusieurs jeunes policiers anti-émeutes, fait preuve
de grande naïveté. Il est, semble-t-il question, selon les
informations, de créer un nouveau code de la route de
manière à renforcer les sanctions contre les automobilistes.
Le gouvernement et les médias s’imaginent que c’est la
manière adéquate de remédier à la situation de la
circulation en Egypte et de changer le comportement des
automobilistes. Ce ne sont certainement pas des lois
réformées et renforcées qui empêcheront les accidents de la
route qui font chaque année en Egypte 73 000 victimes, selon
un responsable à l’Assemblée du peuple !
L’actuel code de la route est suffisant pour mettre un terme
à ce chaos qui sévit dans toutes les rues de la capitale et
sur les autoroutes. L’entrave essentielle est, à mon avis,
l’absence d’un appareil moderne et sophistiqué assurant une
présence continuelle sur les différents axes routiers et un
mouvement rapide en cas d’urgence. Son personnel doit
détenir toutes les prérogatives nécessaires et doit avoir le
prestige qui lui vaudra le respect de tous, des piétons aux
chauffeurs et des personnes conduisant des Mercedes aux
chauffeurs de camions, voitures de police, de l’armée et
même des membres de l’Assemblée du peuple et des juges qui
s’avèrent être les plus privilégiés.
L’état de la circulation ne s’améliorera jamais sur les
autoroutes si nous n’arrivons pas à contrôler l’anarchie
dans les rues du Caire et des grandes villes. Cela nécessite
de désengorger les rues qui se sont transformées en aire de
stationnement empêchant la circulation. Il nous incombe,
pour sortir de cette impasse, d’adopter et d’appliquer des
mesures appliquées dans le monde
entier et consistant à créer des garages, des lieux de
stationnement qui décongestionneraient les rues du
Centre-Ville. Il faut absolument réévaluer le système des
moyens de transport publics depuis les autobus jusqu’aux
métros de manière à permettre aux personnes de se passer des
voitures privées. Il est indispensable dans ce même contexte
de supprimer les microbus du Caire et de cantonner leur mise
en circulation aux autres gouvernorats du pays. Il ne faut
pas omettre également la nécessité d’équiper les rues de
caméras de surveillance de la circulation. La mesure la plus
importante est surtout d’assurer à la police tous les moyens
nécessaires pour appliquer les lois à tous sans exception
aucune.
En ce qui concerne la circulation sur les autoroutes, il est
vital de replannifier les entrées et les sorties des villes,
avec en premier lieu Le Caire, et de soumettre les routes
aux critères internationaux de qualité, tout en déterminant
les vitesses maximum et les surveiller avec fermeté avec des
radars modernes. Une dernière mesure à prendre est celle de
détecter toute prise de drogues et d’alcool chez les
conducteurs.
Cette liste de conditions et de réformes doit être appliquée
en tout premier lieu. Ensuite, vous aurez la liberté
d’appliquer les sanctions rigoureuses qui vous plaisent. A
mon avis, ces objectifs ne peuvent pas se réaliser du jour
au lendemain et nécessitent un plan quinquennal et un budget
pour les exécuter sur plusieurs étapes. Faute de quoi, les
discours sur la réforme de la circulation resteront de pures
et simples illusions.